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18 juillet 2010 7 18 /07 /juillet /2010 07:00

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Alice FERNEY
Grâce et dénuement

J’ai lu
, 2002


 

 

 

 

 

 

 

 

En bordure d’une ville de province, des gitans ont trouvé refuge dans un potager. Ils vivent dans le plus sombre dénuement, sans eau courante ni électricité, mais reçoivent régulièrement la visite d’une femme, Esther Duvaux. Celle-ci s’est tout d’abord immiscée auprès d’Angelina, la matriarche qui règne sur ses cinq fils et leurs familles. Après un an de rendez-vous hebdomadaires, Esther décide de faire la lecture aux enfants que la société rejette.


Alice Ferney nous conte cette expérience, illustrant la dichotomie introduite par le titre. Dans un monde de dénuement et de verre cassé, avec pour toile de fond une odeur d’égouts et une poubelle débordante, Esther lit,
« comme si cela pouvait, tout changer », sur un sol pelé, jonché de fondrières et de morceaux de ferraille. En tant que bibliothécaire, elle se sent investie de cette mission : « les livres sont nécessaires comme le gîte et le couvert ». Les enfants sont bercés, même s’ils ne comprennent pas les mots, ils en redemandent, car ces lectures leur apportent du rêve, un peu de grâce dans le monde très dur dans lequel ils vivent. Devenue bientôt « un plaisir de leur vie », Esther gagne la confiance de tous. Angélina se confie à elle, ses belles-filles lui racontent leurs problèmes et même les hommes s’intéressent à cette « gadjé » qui fascine leurs enfants.


Ce roman courageux permet au lecteur d’entrer dans le monde gitan d’une manière forte et émotionnelle, en montrant la pauvreté, le dénuement des familles et ses conséquence pour les enfants mais aussi l’espoir et la grâce qui bourgeonnent en dessous, et l’importante de l’école et de la lecture pour entrer dans une société qui les rejette. Chaque détail a son importance, et peut faire basculer le récit.


L’écriture au style direct permet à tous les personnages de s’exprimer en même temps, de traduire leurs pensées tout en décrivant leur vie. Sans jamais tomber dans un portrait larmoyant ou glauque d’une situation pourtant bien difficile, Alice Ferney parvient à montrer toute la force qui se dégage de la misère, mais aussi le courage et le combat d’Esther, notamment pour qu’une des enfants soit scolarisée. Tout en mettant l’accent sur ses actions, elle montre que pour tous, enfants comme adultes, la vie continue, même au milieu des rats.


Chloé Verdon, 1ère année Éd.-Lib.

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