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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 07:00

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Amadou HAMPÂTÉ BÂ

Il n’y a pas de petite querelle
Stock, 1999

Pocket, 2007

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Présentation de l’auteur

Amadou Hampâté Bâ est né en 1900 au Mali et mort en 1991 en Côte d’Ivoire. Enfant, il a bénéficié d’une éducation religieuse traditionnelle et stricte. Cet auteur est un grand défenseur de la tradition orale de sa culture et l’exprime particulièrement dans l’œuvre que nous allons étudier. Il se déclare disciple de Tierno Bokar, un guide spirituel qui avait fondé sa propre école coranique et promulguait l’amour et la paix. Amadou Hampâté Bâ était chercheur à l’institut français d’Afrique noire et il siégeait aussi à l’UNESCO. Il est l’auteur de la phrase célèbre et représentative de son combat pour la tradition orale : « En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle ». Il a écrit des contes comme Petit Bodiel et autres contes de la savane  mais aussi des essais religieux et ses mémoires, Oui mon commandant.


Il n’y a pas de petite querelle

Cet ouvrage est un recueil qui réunit treize contes peuls. Ces contes sont, initialement, des récits destinés à être racontés à voix haute par un conteur. Hampâté Bâ les a réunis pour conserver ces histoires traditionnelles, il a rencontré des conteurs et a retranscrit les contes le plus fidèlement possible, même si certains hangent un peu selon qui les a racontés.
 
Ces récits peuvent faire penser à des fables, par leurs constructions et aussi par la moralité qu’ils véhiculent tous à la fin du récit. Ils mettent en scène très souvent des animaux typiques de l’Afrique (crocodiles, guenons, lézards, etc.) et des humains. Ceux-ci se retrouvent souvent en concurrence. A la fin du récit, l’un  des personnages doit tirer une leçon de ce qu’il a vécu, comme une morale. C’est ce principe qui rapproche les contes peuls de la fable. On peut aussi supposer que les animaux représentent quelqu’un en particulier comme dans les fables de La Fontaine. Ces contes bien que moralistes par certains aspects, n’en sont pas moins drôles. Nous le voyons particulièrement dans le conte « L’homme et le crocodile », où un homme, après avoir sauvé un crocodile d’une mort certaine, est remercié d’une manière peu commune : « avant que l’homme ait eu le temps de regagner le rivage, dans une détente foudroyante il se retourne et lui happe le pied dans ses mâchoires redoutables ». Le crocodile justifie ce geste par le simple fait qu’il n’avait pas mangé depuis des jours et avait faim ; si l’homme voulait lui sauver la vie jusqu’au bout, il devait sacrifier son pied. L’homme n’étant évidemment pas d’accord, le crocodile propose d’interroger tous ceux qui passent pour leur demander leurs avis. Nous voyons dans ce début de conte que le comique de la situation se situe dans la non-évocation d’une quelconque douleur ressentie par l’homme. La seule chose qui paraît le gêner n’est pas son pied manquant, mais l’injustice dont le crocodile a fait preuve à son égard. C’est dans ce type de situation que nous voyons l’humour d’Amadou Hampâté Bâ transparaître. Il traite avec légèreté les histoires récitées dans ses contes, mais arrive aussi à y inclure une morale à prendre en compte. Ces aspects-là sont typiques de ces contes peuls, cela permet qu’ils plaisent aussi bien aux enfants, qu’aux parents ainsi qu’aux vieillards. Chacun peut ainsi trouver ce qu’il y cherche et avoir son propre ressenti lors de la présentation du conte : une histoire merveilleuse, un récit d’aventure plein d’humour ou un parcours initiatique dans les dédales de sa propre conscience.

Voyons maintenant en quoi la retranscription écrite des contes par Amadou Hampâté Bâ conserve l’oralité traditionnelle de sa culture. Prenons comme exemple le conte « L’origine de la chauve-souris ». Hampâté Bâ n’entame pas le récit du conte tout de suite ; il commence par nous présenter la personne par qui il l’a entendu conter et pose en quelques mots le décor. Il inscrit alors une impression d’oralité dans la phrase rapportée de ce griot : « Ô Maison mère, Ô enfants de cette maison ! ». Ensuite, nous remarquons que le récit est composé en phrases courtes ou en phrases coupées par des virgules. Nous pouvons supposer que cette composition marque les temps de respiration effectués par le griot. Nous remarquons que si nous lisons ce conte à voix haute, les pauses entre les phrases d’accordent parfaitement avec notre respiration.

En conclusion, nous pouvons dire que ce recueil, Il n’y a pas de petites querelles, correspond bien à ce qu’Amadou Hampâté Bâ voulait conserver, c’est-à-dire la tradition orale des contes. Chaque conte nous emmène au coin du feu et nous ne sommes plus en train de lire un livre, mais nous écoutons un griot.


Steffi Soumagnas, L.P. Bibliothèque



Amadou Hampâté Bâ sur LITTEXPRESS

Amadou Hampate Ba Petit Bodiel



Article de Marina sur Petit Bodiel.

 

 

 

 

 

 

 

Hampaté Ba L etrange destin de wangrin

 

 

 

Article de Nathalie sur L'Etrange Destin de Wangrin

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