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16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 07:00

Andres Neuman Le Bonheur ou pas

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Andrés NEUMAN
Le bonheur, ou pas
 Cataplum, 2010

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'auteur en quelques mots

Andrés Neuman est né en 1977 à Buenos Aires, en Argentine. Diplômé en littérature espagnole à l'université de Grenade, en Espagne, il y enseigna par la suite. Il collabore aujourd'hui au supplément culturel ABCD las artes y las letras du quotidien espagnol ABC, à la Revista Ñ du quotidien argentin Clarín et à El País. Considéré comme un des auteurs les plus importants de ces dernières années grâce à la diversité de son œuvre, il publie à l'âge de vingt-deux ans son premier roman, Bariloche (Anagrama, 2009) qui connut un franc succès et grâce auquel il fut finaliste du « Premio Herralde ». Ce n'est que le début d'une longue suite de romans et de multiples récompenses. En tant que poète, il publia notamment Simulacros (Cuadernos del Vigía, 1998) et La canción del antílope (Pre-Textos, 2003). Il maîtrise aussi le conte avec El que éspera (Anagrama, 2000), El último minuto (Espasa, 2001) et Alumbramiento (Páginas de Espuma, 2006). Également connu pour ses microfictions, telles que Le bonheur, ou pas (Cataplum, 2010), ouvrage que nous allons découvrir ici, Andrés Neuman est définitivement un écrivain de renommée internationale.


Pour en savoir plus sur sa biographie, sa bibliographie détaillée, critiques, entretiens et bien d'autres choses encore, suivez ce lien.



Le bonheur, ou pas ?

Les personnages issus de ce recueil composé de vingt-quatre nouvelles et deux « dodécalogues » vont-ils réussir à trouver le bonheur, ou pas ? Un titre intrigant, mais pas moins que les histoires contées à l'intérieur, toutes extraites de trois de ses contes : El que éspera (Anagrama, 2000), El último minuto (Espasa, 2001) et Alumbramiento (Páginas de Espuma, 2006). Andrés Neuman et sa traductrice ont réuni les microfictions que chacun préférait, et après avoir mélangé le tout, c'est un recueil plein d'humour et de subtilité à savourer en une bouchée ! Et quel régal ! Une phrase pour les petits appétits, ou quelques pages pour les gros gourmands, chacun y trouvera son compte.

L'auteur hispano-argentin développe des thèmes de la vie quotidienne tels que la jalousie, la paternité, l'adultère, la sexualité, le handicap, la solidarité ou encore la rupture amoureuse. Ce sont des situations dans lesquelles le lecteur peut facilement se reconnaître, établissant ainsi une certaine proximité avec l'écrivain. Il revisite également des mythes tels que Narcisse ou Sisyphe. Dans cette série de microfictions où frisson, rire et émotion sont au rendez-vous, il rend aussi hommage à quelques-uns de ses auteurs de prédilection tels que Jorge Luis Borges et Raymond Queneau. Il explore également divers aspects du monde littéraire comme l'édition, la traduction et les relations lecteur-auteur.


Décopuvrant d'abord une situation des plus banales, le lecteur va être surpris, en l'espace de quelques phrases seulement, par la suite de l'histoire, courte mais intense. Selon Andrés Neuman, qui maîtrise parfaitement le récit court, « humour et rigueur ne sont pas indissociables ». Il joue intelligemment avec une théorie littéraire différente, non pas celle de la lecture mais celle de l'écriture. Ainsi, quoique cela puisse sembler insolite, il est presque naturel de trouver à la suite de ces nouvelles deux « dodécalogues d'un nouvelliste ». L'auteur établit donc 24 conseils (12x2) sur les règles pour devenir un bon nouvelliste. Grâce à quelques mots percutants, il dévoile toutes ses cartes, le jardin secret de bon nombre d'écrivains, interdit d'accès aux lecteurs. Généreux, il met sa technique à notre disposition, ce qui rend cet ouvrage unique. Il conseille par exemple ceci : « La voix du narrateur a tant d'importance qu'il n'est pas opportun de l'entendre » ; « Raconter, c'est séduire : ne satisfais jamais totalement la curiosité du lecteur » ; « Raconter une histoire, c'est savoir garder un secret ». Cela est cohérent avec ses écrits puisqu'il y a bel et bien une part de mystère dans chaque nouvelle. Ces dodécalogues montrent que la maturité et la précision technique de l'auteur ne sont pas le fruit du hasard, mais le résultat d'une profonde réflexion sur son travail.

Du fait d’une ambiguïté volontaire ou non de la part d'Andrés Neuman, et d’une fantaisie confirmée, c'est au lecteur de se faire sa propre opinion, et de juger si le protagoniste de ces miniatures a trouvé le bonheur, ou pas.



Pourquoi ?

Andrés Neuman aime adopter un nouveau style d'écriture à chaque début de livre, et ce quelle que soit la forme littéraire que celui-ci va prendre. Écrire un poème, une nouvelle, un roman, un conte représente un défi pour lui. Il ne croit pas en l'expérience acquise grâce à l'écriture de précédents ouvrages pour un auteur, ou se refuse à y croire, car il souhaite retrouver la sensation de l'inconnu, de la non-connaissance, et de l'incertitude lorsque vient le moment de laisser parler sa plume. Il est toujours en quête d'un nouvel apprentissage. En changeant aussi facilement de genre littéraire, il ne se lasse jamais et écrire lui procure toujours le même plaisir. Selon lui, il y a deux éléments indispensables pour un écrivain : la maîtrise du style (il faut la perdre et ne jamais la gagner) et le style propre (il faut le chercher mais jamais le trouver).

Pour que le bonheur n'ait plus de secret pour vous : Andrés Neuman, ou pas ?


Clémence Mirat, 2e année Bib.-Méd.

 

Lien :

 

Rencontre avec Andrés Neuman dans le cadre de Lettres du monde.

 

 

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Published by Clémence - dans Nouvelle
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