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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 07:00
Nair-Le-chat-karmique.gif









Anita NAIR
La chat karmique
traduit de l'anglais
par Marielle Morin
Philippe Picquier, 2005
Picquier poche, 2008
















Biographie d’Anita Nair

Originaire du Kerala (province de l’Inde du sud), Anita Nair a passé son enfance à Madras avant de voyager à travers l’Angleterre et les Etats-Unis pour finalement s’installer à Bangalore. En 1997, elle signe son premier roman Satyr of the subway and eleven other stories, qui deviendra Le Chat karmique en 2005. L’auteur entamera une carrière internationale marquée par la publication de Compartiment pour dames (2002), Un homme meilleur (2003) et Les neuf visages du cœur (2006) aux éditions Philippe Picquier. Son dernier roman, paru aux éditions indiennes Harper Collins en 2010, s’intitule Lessons in forgetting.


Le Chat karmique, traduit de l’anglais (Inde) par Marielle Morin, est un recueil de 13 courtes nouvelles imprégnées de croyance où la magie l’emporte sur la raison. Ces histoires n’ont a priori aucun lien si ce n’est le fil invisible du destin. Car l’écriture d’Anita Nair est une véritable ode à la magie.


Réalisme magique

Le réalisme magique est apparu dans un contexte de colonialisme ou d’oppression politique et se réfère beaucoup à la culture populaire.
C'est un genre artistique difficile à définir. Ce sont des éléments perçus comme « magiques », « irrationnels » dans un environnement réaliste reconnaissable. Pour certains, ces éléments font partie intégrante d’une culture populaire en opposition au rationalisme occidental. Pour d’autres, le mystique n’est qu’un aspect esthétique de l’écriture.
 Voici une définition de Kasack Hermann (écrivain allemand) :
C’est « la vérité psychique qui va au-delà du visible, de l’audible et du tangible et que seul l’écrivain parvient à rendre perceptible aux sens »

Le surnaturel, chez Anita Nair, a une vocation mystérieuse mais aussi esthétique.



L’écriture d’Anita Nair


Les mots sont considérés comme magiques et les réalistes magiques cherchent une liberté d’expression, difficile à obtenir sous les régimes de censure.

Bien qu’elle considère la liberté d’expression comme importante, l’Inde est une société conservatrice qui défend les croyances religieuses de chacun.
 
Anita Nair utilise tous les registres, du familier au soutenu et n’hésite pas à aborder des thèmes complexes tels que la mort, la sexualité ou plus généralement la détresse  quelle que soit sa forme.

Chaque nouvelle parle de misère humaine comme la pauvreté (« L’hippopothomme »), le viol (« Le satyre du métro »), la folie et l’abandon (« Le cœur d’une relative »), la solitude (« Le conte de la sorcière », « un conte de Thanksgiving »), le deuil (« Une prière pour Sax ») et l’amour à sens unique (« Mitologie », « le chat karmique »).

Mais tous ces personnages ont l’envie et le besoin d’y remédier, de changer de situation et arrivent indéniablement à l’acceptation de leurs destins. Par son écriture, l’auteur invite le lecteur à se plonger dans les méandres de la vie et à en voir toute la magie, même si le bonheur n’est pas toujours à portée de main.


La religion

L’hindouisme est une religion polythéiste qui croit en une ou plusieurs vies après la mort. A sa mort, chaque homme subit une dissolution : le corps retourne à la terre, le sang à l’eau, le souffle au vent, la vue au soleil et l’intellect à la lune.

La notion de « karma » est apparue environ au 7e siècle avant notre ère et elle signifie « récompenses et punitions résultant des actions humaines » Cette action  entraîne le mérite (« punya ») et le blâme (« papa »). La réincarnation (ou transmigration des âmes) est le changement post-mortem d’enveloppe corporel ; elle dépend de la proportion du punya et du papa. Si le karma est trop négatif, l’âme se réincarnera en une forme humaine ou animale et subira le poids de ses mauvaises actions. Il faut savoir que la vie humaine, pour les hindous, a des aspects répugnants. Ils sont sans cesse à la recherche de la sagesse suprême qui est l’immortalité. Pour y accéder, il faut glorifier les divinités en pratiquant des pèlerinages, des chants de louanges, etc. mais c’est un long apprentissage. La réincarnation, contrairement aux idées reçues, est vécue comme une souffrance bien que l’on n'ait aucun souvenir de ses vies passées ou alors quelques bribes de mémoire.

L’auteur parsème son récit de références religieuses telles que des chants, des proverbes, des citations de livres sacrés hindous. Elle explique que « la mythologie indienne continue à avoir une forte présence en Inde. Si, dans le contexte urbain, elle a simplement la valeur d’une histoire qu’on raconte, dans le scénario rural elle s’élève au rang de parabole sur la façon dont il faut vivre sa vie »

La magie n’a rien de mystique pour elle, au contraire elle est rationnelle et applicable.

Dans plusieurs nouvelles figure une âme réincarnée. Cela peut-être un chat, doté d’une conscience, un arbre qui prodigue des conseils ou alors un papillon séduisant une femme.

Ces éléments magiques ne surprennent pas le lecteur et apportent une sorte de douceur à la dureté de l’histoire, mieux une échappatoire. L’auteur nous explique, à travers son imaginaire, qu’il est tout simplement impossible de se substituer à son destin qui est le jeu de forces supérieures …


Bibliographie

Narayanan, Vasudha. Houdebine, Jean-Louis. Hindouisme : origines, croyances, rituels, textes sacrés, lieux sacrés.  Paris : Gründ, 2004

Héloïse, 2e année Bib.-Méd.



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Published by Héloïse - dans Réalisme magique
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