Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 19:00
Anne-Wiazemsky-Mon-enfant-de-Berlin.gif








Anne WIAZEMSKY
Mon enfant de Berlin
Gallimard, août 2009















L’auteur

Née à Berlin le 14 mai 1947
Petite fille de François Mauriac.
Fille de Claire Mauriac et du Prince Yvan Wiazemsky, conte Levachov.
Sœur de Pierre Wiazemsky, dit Wiaz, dessinateur humoristique.
Elle a été la femme de Jean-Luc Godard de 1967 à 1979.
Elle a d’abord été comédienne (dans des films de Bresson, Godard, Pasolini …) puis écrivain et réalisatrice de documentaires ( comme Mag Bodard, un destin).
Elle a signé une dizaine de romans dont Canines  récompensé par le prix Goncourt des lycéens en 1993 et Une poignée de gens qui a eu le Grand prix du roman de l’Académie française en 1998.

En 2007, Anne Wiazemsky signe un premier roman autobiographique Jeune fille dans lequel elle raconte le rapport de force qui l'opposa elle, la jeune fille de 17 ans, au vieux et célèbre cinéaste Robert Bresson, au cours du tournage de Au hasard Balthazar.

Mon enfant de Berlin, son dernier roman, revient sur un épisode de l’histoire familiale, qui retrace les 3 ans de  la vie de Claire Mauriac précédant la naissance d’Anne Wiazemsky.



L’histoire


En 1943, Claire Mauriac a enfin réussi l’examen pour travailler comme ambulancière dans la Croix-Rouge française. Au début du livre, à la fin de la guerre, on la rencontre à Béziers où elle sillonne le maquis avec beaucoup d’énergie et de courage pour récupérer les blessés. Cette vie active et anonyme lui plaît. Elle craint de rentrer à Paris, retrouver sa vie bourgeoise et son fiancé… C’est pourquoi, la guerre terminée, elle rompt ses fiançailles et part, toujours avec la Croix-Rouge française, pour Berlin où elle chargée d’aider au rapatriement des prisonniers français en Allemagne. Avec son groupe, elle est logée au 96 Kurfürstendamm qui héberge aussi la Division Aux personnes déplacées avec qui elle travaille. C’est là qu'elle rencontre Yvan Wiazemsky, fils de Russes blanc émigrés à Paris. Tout les oppose et les attire l’un vers l’autre. Ils vont finir pas se marier à Paris avec le consentement des Mauriac ; Anne Wiazemsky naîtra 9 mois plus tard à Berlin.


La forme

Le livre est une alternance d’extraits authentiques du journal et de courrierss de Claire Mauriac et de textes écrits par Anne Wiazemsky. Lors de son intervention chez Mollat le 7 Octobre 20091, Anne Wiazemsky a raconté qu’elle a dû réécrire tout son texte pour qu’il ait le même style que celui du journal de sa mère. Ainsi on ne sent pas du tout les deux voix. C’est une qualité pour la facilité de lecture mais aussi un défaut car on perd en qualité littéraire.

Mon avis

Ce qui est très intéressant dans ce livre :

– la vision féminine de la guerre et de l’après-guerre, toute en détails et sentiments,
– la description subtile de la famille bourgeoise catholique engagée de François Mauriac,
– les problèmes des femmes de bonne famille, de leur manque de liberté : Claire est la fille de François Mauriac, elle voulait exister autrement que comme fille de ou femme de, mais à part dans la période décrite dans Mon enfant de Berlin  elle n’a jamais pu travailler ( cf Anne Wiazemsky, 10 Octobre 2009, Mollat2 ),
– la description de l’ambiance du 96 Kurfurstemdam : vie amicale et fêtarde des jeunes gens engagés et dévoués à une cause assez difficile.

Ce qui est décevant dans ce livre :


– Anne Wiazemsky n’approfondit pas le côté historique. On s’attendrait à ce qu’elle nous donne plus d’indications sur qui sont ces personnes déplacées que la Division aux Personnes Déplacées va récupérer. La description du Berlin de l’après-guerre reste très superficielle. Anne Wiazemsky n’est pas une historienne et peut-être aussi que la nécessité de coller au style de sa mère l’a empêchée de sortir du type de descriptions assez simples que faisait sa mère dans son journal.

– J’ai l’impression qu’Anne Wiazemsky s’est un peu bridée dans la description des sentiments amoureux de ses parents ; soit toujours pour la même raison qu’elle a dû rester collée au style de sa mère, soit parce que s’agissant de ses parents, elle est restée très pudique. Dans son précédent roman, Jeune Fille, qui la concernait personnellement, Anne Wiazemsky montrait plus de passion.


Agnès, A.S. Ed.-Lib.

1. Que l’on peut écouter à l’adresse suivante : http://www.mollat.com/rendez-vous/anne_wiazemsky-17591.html

 2. Ibid.


Partager cet article

Repost 0

commentaires

Recherche

Archives