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8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 07:00

Anthony-Burgess-Orange-Mecanique.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

Anthony BURGESS
L'Orange mécanique, 1962
Titre original
A Clockwork Orange
Traduction
Georges Belmont
et Hortense Chabrier
Robert Laffont Pocket, 1972
Robert Laffont Classiques Pavillons, 1984
Livre de Poche, 1992
Robert Laffont, 1992
Robert Laffont Pavillon Poche, 2010


 

 

 

 

 

Anthony_Burgess.jpgBiographie

Anthony Burgess est un écrivain et linguistique britannique né en 1917 à Manchester. Il a étudié la linguistique et la littérature, et a été compositeur, ne se tournant que plus tard vers l'écriture.

Il est surtout connu pour son chef-d'œuvre L'Orange mécanique, où on peut retrouver son goût pour la musique classique avec Alex, le personnage principal, grand fan de Mozart et Bach.



Anthony-Burgess-A-clockwork-orange.jpgL'Orange mécanique

Le livre a été publié pour la première fois en 1962 en Angleterre, et dix ans plus tard en France chez Robert Laffont Pocket. Il s'agit d'une fiction, d'un roman d'anticipation d'un peu plus de 200 pages, divisé en trois parties de sept chapitres chacune et doté d'un glossaire à la fin.

L'édition de 1972 possède une courverture tie-in, c'est-à-dire que l'image de couverture est l'affiche du film avec un extrait du texte en dessous. Cette édition est sortie un an après le film de Stanley Kubrick, ce qui explique le tie-in. On peut supposer que la traduction française a été faite suite au succès du film en France.
stanley-kubrick-clockwork-orange.jpg


Thèmes

Les principaux thèmes de ce livre sont la violence, la banlieue, la prison et, finalement, la société critiquée notamment à travers le traitement que subit Alex pour « guérir » de sa violence.

La violence est abordée sous tous ses angles. On assiste à des passages à tabac, à des meurtres, des viols, des tortures, d'abord perpétrés par Alex et sa bande, puis subis par Alex lors de son retour de prison.

« Momo a poussé un " Aaaaaaaarh " genre gros animal bolchoï et bézoumni en faisant serpenter la chaîne d'autour de sa taille, vraiment zoum tsarrible, chapeau pour lui. Ce qui a fait que le bon style pour moi c'était de me tasser comme pour danser la grenouillette afin de me protéger le litso et les glazes ; ce que j'ai fait, mes frères, si bien que ce pauvre vieux Momo a été un malenky peu étonné, vu qu'il avait l'habitude d'y aller vlan vlan vlan franco dans la gueule. N'empêche, je dois dire qu'il m'a swouishé raide dans le dos, tellement atroce que ça brûlait à en devenir bézoumni, sauf que la douleur m'a soviété de bourrer zoum une fois pour toutes pour en finir avec ce vieux Momo. Alors j'ai swouishé du britva, visant la noga gauche dans le gras du collant collant et j'ai enlevé cinq bons centimètres d'étoffe en tirant une malenky goutte de krovvi, de quoi rendre Momo raide bézoumni lui aussi. »

On peut observer dans cet extrait un ton plutôt neutre malgré la violence des faits évoqués. Le narrateur semble assez impassible ; ni énervé ni réjoui par les événements.

Les autres thèmes constituent le contexte dans lequel Alex évolue : un monde en quelque sorte post-apocalyptique, une société dans un futur proche où la violence s'est propagée, certainement causée par un mal-être général, particulièrement celui des jeunes (Alex et ses drougs ayant 14 ans). On trouve l'univers de la prison surpeuplée, raison pour laquelle un médecin tente de trouver une solution, un traitement de la violence comme maladie curable. C'est ainsi qu'Alex accepte de faire partie des tests de ce traitement, à la seule fin de pouvoir sortir de prison. On peut alors voir que la violence est également très présente dans ces expériences avec des appareils qui forcent les yeux à rester ouverts, des vidéos choc... et le fait qu'Alex ne soit plus traité comme un humain mais plutôt comme un cobaye.



Particularités

La particularité principale de L'Orange Mécanique est son style d'écriture, le langage utilisé par le narrateur, appelé le nadsat et créé par l'auteur lui-même. Il s'agit d'un mélange d'argot et de mots tirés du russe, ponctué d'expressions familières comme « des familles » ou « comme qui dirait ». On peut l'observer dans l'extrait cité un peu plus haut.

À cause de ce langage quelque peu étrange, la lecture paraît difficile au premier abord, mais on s'apercevra au fil des pages que l'on ne prête même plus attention à ce vocabulaire particulier et qu'on le comprend intuitivement en s'aidant du contexte, des transparences de mots ou des réutilisations. De plus, on trouve un glossaire à la fin du livre qui donne une traduction des mots tirés du russe et peut aider à la compréhension – mais personnellement, je ne m'en suis presque pas servie.

Une autre particularité de ce livre est la présence d'un anti-héros. Alex est un personnage rempli de violence, d'égocentrisme et de mépris des autres ; il ne devrait donc nous inspirer aucune affection, ne susciter aucune identification. Ce n'est d'ailleurs apparemment pas le but de l'auteur, puisqu'il a écrit ce livre en s'inspirant de sa propre histoire, quand sa femme s'est fait agresser. On ne peut donc pas imaginer qu'Anthony Burgess voulait qu'on aime son personnage ni qu'on s'identifie à lui – sauf en considérant le dernier chapitre du livre, qui a d'ailleurs été censuré aux Etats-Unis, ce qui explique qu'il n'apparaisse pas dans l'adaptation cinématographique.

Pourtant, on s'attache inévitablement à Alex, comme à tout personnage principal, et on se surprend à être de son côté (« le Mal ») et pas de celui de ses victimes (« le Bien »). Par ailleurs, quand Alex devient une victime, ce sont ses opposants que l'on considère comme « le Mal » (les médecins, les policiers, l'écrivain qui veut se venger...).


Marine D., 1ère année éd.-lib.

 

 


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Published by Marine - dans dystopies
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