Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 07:00

Antonio-Munoz-Molina-Fenetres-de-Manhattan.gif


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Antonio MUÑOZ MOLINA
Fenêtres de Manhattan
traduit par Philippe Bataillon
Seuil, 2005
Points, 2008


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Antonio Muñoz Molina est un écrivain et journaliste espagnol, né en 1956 à Úbeda, Jaén, Andalousie. Auteur  de romans, et d’un recueil nouveau, il est membre de la Real Academia Española et directeur de l’Institut Cervantes de New York. Il vit actuellement entre Madrid et New York.

 

Antonio Muñoz Molina est ici écrivain et personnage des rues de Manhattan. Il déambule dans les musées, s’installe dans les cafés va de marchés en théâtres, de quartiers en galeries d’art et en librairies. Cet auteur est convaincu que le monde est suffisamment riche, et en particulier le monde urbain, pour qu'il suffise à fournir la matière de toute une œuvre. Au cours de ses déambulations américaines, dans une ambiance de réflexion et de tranquillité qui le place dans une sorte d'extase ou de contemplation, il raconte, les cinq sens et l'âme en éveil, tout ce qu'il voit, sent, pressent ou ressent, entend et comprend.

Le récit du séjour de l’auteur débute avec le traumatisme des New-Yorkais lors de l’effondrement des tours jumelles. C’est Antonio Muñoz Molina qui nous relate le quotidien bouillonnant de la Grosse Pomme. Le récit se déroule sur un peu plus d’une année et débute le 11 septembre dans un climat de deuil et de destruction.

Par la suite, il raconte et décrit les lieux et ceux qu’il y rencontre, des anonymes et des professionnels qu’il côtoie à l’institut Cervantès où il enseigne la littérature.

 

Ce que l'Espagnol Antonio Muñoz Molina aime, à New York, ce sont d'abord les fenêtres. Du sommet des gratte-ciel de Midtown aux maisons basses mangées par les glycines du Village, quatre-vingt-sept chapitres, quatre-vingt-sept fenêtres ouvertes sur Manhattan. Les fenêtres sont le point de repère auquel il accroche son  imagination lorsque le prend le vertige, ce mal caravctéristique de New York où chaque centimètre carré semble voué au culte de la rapidité et où la verticalité des monuments vous donne le tournis.

Les « fenêtres de Manhattan », ce n'est pas seulement cette inflation des surfaces vitrées dans l'architecture contemporaine qu’on trouve à New-York grâce au développement des buildings. Elles offrent cette troublante originalité : elles ne possèdent ni volets ni rideaux. Parfois rectangles vides, elles dévoilent les vies intérieures en même temps qu'elles admettent le monde extérieur. Intérieur/extérieur, de ce côté et de l'autre, l'intime et le public, la richesse et la pauvreté, ces espaces antagonistes que la surface transparente de la fenêtre découpe sont cette ville pleine de contradictions où les destins individuels se croisent, ville considérable où chaque sentiment, chaque attitude, chaque jugement fournit la matière de croquis ingénieux. Elles reflètent tous les mondes possibles, tous les passés et tous les présents, toute la densité et diversité humaine de cette ville unique.

Antonio Muñoz Molina  regarde par la fenêtre et voit d’autres fenêtres, des tours de vitres qui séparent des êtres les uns des autres mais qui en même temps aspirent à être percées, regardées, comme dans les fameux tableaux de Hopper qui donnaient sur des scènes nettement découpées et voilées de mystère, complètes mais inaccessibles. L’art est intimement présent dans cette œuvre à travers les concerts de jazz ou la peinture d’Edward Hopper ; Molina décrit extrêmement bien avec ses mots la tristesse et la solitude des hommes cachés derrière ces fenêtres et ces vitrines.

 

Les déambulations ou promenades de l’auteur peuvent servir de guide touristique à l’instar d’un grand classique du genre Promenades dans Rome de Stendhal.

 
Constance, 1ère année Bibliothèques

 

 

Partager cet article

commentaires

Recherche

Archives