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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 07:00

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Aravind ADIGA
Le Tigre blanc
The White Tiger
traduit de l’anglais
par Annick Le Goyat
Buchet/Chastel, 2008
10/18,2010

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Biobibliographie

Aravind-Adiga.jpgAravind Adiga est né en 1974 en Inde à Madras. Migrant en Australie, il décide d’étudier la littérature anglaise. Avant de devenir romancier, il a débuté en tant que journaliste pour plusieurs journaux tels que le New Yorker, le Financial Times.

Il a obtenu le Man Booker Price en 2008 pour son premier roman, The White Tiger, prix littéraire créé en 1968 récompensant les romans écrits en langue anglaise par un citoyen du Commonwealth.

À l’occasion de la sortie du livre, les éditions Buchet Castel ont proposé un film d’animation d’une poignée de secondes (http://www.youtube.com/watch?v=iv0dIrxwwwo)



Ses œuvres

 

Le Tigre blanc, (The White Tiger), publié en 2008 aux Editions Buchet Chastel et traduit par Annick Le Goyat.


Last Man Tower, publié par Knopf, éditeur anglais, en 2011.


Les Ombres de Kittur (Between the Assassinations), publié aux éditions Buchet-Chastel en 2011 et traduit par Annick Le Goyat.

 

 

 

Le résumé, le contexte

Ce roman se déroule en Inde, d’abord à proximité des rives noirâtres du Gange, puis à New Delhi.

À l’occasion de la visite du Premier Ministre chinois en Inde, Balram Halwai, personnage principal du roman, décide de lui envoyer sept lettres dans lesquelles il raconte son élévation hors norme du statut de serviteur à celui d’entrepreneur.

Le tigre blanc, c’est Balram Halwai  à travers lequel on découvre les conditions de vie misérables des habitants de Laxmangarh (ville d’Inde), qui vivent sans eau potable ni électricité. Les maladies dues à la malnutrition, aux eaux boueuses et non traitées sévissent. Les enfants sont décrits comme «  trop maigres et trop petits pour leur âge, avec une tête surdimensionnée ». De plus, « un égout luisant » sépare la ville en deux.

Dans les « Ténèbres », surnom donné par Balram pour évoquer l’insalubrité des lieux, chacun sait que l’ascension sociale est impossible. Les rapports entre humains y sont largement régis par la hiérarchie des castes, au nombre de cinq, appelées aussi varnas.

On trouve en premier lieu la caste des brahmanes, qui regroupe les professeurs et les prêtres. Puis les kshatriya avec le roi, les princes, les soldats et les administrateurs. Suivent les vaishya, hommes d’affaires, artisans, commerçants. La caste des sudra, à la quatrième place, est celle des serviteurs. Enfin, celle des « Intouchables » vient en dernier, composée des personnes n’ayant aucune position. L’auteur dresse un tableau acerbe, incisif et mordant de la société indienne, où Balram Halwai, fils de conducteur de rickshaw, est destiné par sa caste d’intouchable à rester « inférieur », et à abandonner l’école pour travailler.



Le titre


Pourquoi le Tigre Blanc ? En référence à la rareté de cet animal, espèce peu répandue caractérisée par son intelligence. L’instituteur ébloui par l’intellect inaccoutumé du jeune garçon, décide de le surnommer ainsi : « Toi, petit, au milieu de cette bande d’abrutis, tu es un garçon intelligent, honnête et vif ». Ainsi, de fil en aiguille, il réussit à être employé dans une famille riche à New Delhi où il devient chauffeur et observe d’une part les habitudes de ses employeurs et d’autre part, la perversion de la société indienne, ses inégalités et sa corruption. Pour finir il endossera le statut d’entrepreneur, chose impensable et rare dans une telle société. Mais à quel prix ?



L’écriture

Aravind Adiga nous offre un voyage au cœur d’une Inde multiple, d’une culture complètement opposée à la nôtre, de mœurs différentes, un voyage au cœur de la corruption, de l’avilissement d’un système économique et politique. Il nous l’offre à travers une plume percutante, vive, mordante, des descriptions sans réserves, sans égards, sans mesure et un ton sans concession.

L’auteur n’hésite pas à dénoncer la société dans laquelle il a vécu plusieurs années, caractérisée par l’immobilité sociale, le mépris des plus forts, la manipulation présente dans les hautes sphères, les élections truquées, la pauvreté, les classes sociales qui se frôlent sans jamais se toucher, l’écart hallucinant et vertigineux entre les nantis qui vivent dans l’opulence, le luxe, la « Lumière » et les plus pauvres qui se perdent dans les « Ténèbres ».

 

« Les réverbères pâlots éclairaient les trottoirs ; dans leur faible lumière orangée, je distinguais des multitudes de petites silhouettes maigres et crasseuses accroupies […] qui s’apprêtaient à dérouler un matelas pour dormir là. Ces pauvres bougres étaient venus des Ténèbres à Delhi pour trouver un peu de lumière, mais ils restaient confinés dans l’obscurité ».

 

 L’auteur joue continuellement à travers son récit sur le contraste obscurité-lumière.




Mon avis

Un récit poignant, saisissant, sans détours, intéressant tant sur le point de l’écriture que sur celui de la connaissance dont nous fait part l’auteur sur l’Inde et son fonctionnement.

L'évolution du personnage principal est intéressante à suivre. En effet ses limites sont continuellement repoussées tout au long du récit, nous faisant ainsi découvrir à la toute fin un personnage différent en tout point à celui du départ, son intégrité et son honnêteté s'étant désagrégées.


Manon Borderie, 1ère année édition librairie

 

 


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