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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 07:00

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Audur Ava Audur Ava ÓLAFSDÓTTIR
Rosa Candida
traduit de l'islandais
par Catherine Eyjólfsson
Points, 2012
Zulma, 2010


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rosa Candida, publié par les éditions Zulma en 2010, est le premier livre de l’Islandaise Audur Ava Ólafsdóttir. Paru en livre de poche chez Points en 2012, ce livre, consacré par la critique, a reçu de nombreuses distinctions comme le prix Page des libraires…



Il met en scène un jeune homme du nom d’Arnljótur qui décide de quitter le cocon familial et de se rendre à l’étranger, dans un monastère, pour réaliser son rêve, restaurer la plus belle roseraie du monde. Il souhaite également, en réalisant cette tâche, retrouver une certaine paix intérieure, réfléchir plus largement à ce qu’est devenue sa vie au cours des dernières années ainsi que répondre aux questions qui le taraudent.

« De quoi avez-vous envie ? demande-t-elle. C’est la pire question qu’on puisse me poser car elle touche au tréfonds de mon être ; je ne sais pas encore ce que je veux, il me reste tant de choses à expérimenter et à comprendre. »

Il quitte alors son père très protecteur pour qui il demeurera toujours « son petit Lobbi », son frère jumeau et autiste Josef mais aussi sa petite fille qu’il a conçue au cours d’une unique nuit avec Anna, une jeune femme avec laquelle il n’a plus de contact depuis. Le récit commence donc bien sûr par un voyage du héros, plutôt initiatique, car il aura à surmonter le vol en avion, l’appendicite ou encore la rencontre avec la mort qui a fauché un couple sur le bord de la route avant d’arriver à destination : un endroit dont on ne connaît pas énormément de détails.

Au fil des 76 courts chapitres de ce livre et de ses 330 pages, on rencontre donc un personnage assez simple, naturel, aux réactions parfois surprenantes et désarmantes, parfois amusantes. Très spontané, il nous étonne souvent lorsqu’il pleure ou encore se déshabille aux moments les plus inattendus. Et dans cette œuvre, il nous fait part de ses angoisses, de ses questionnements, de ses doutes et de ses obsessions. Et c’est autour de ces dernières qu’est centré le récit.

Premièrement, c’est la mort qui est très importante dans le livre car elle est omniprésente dans la vie du héros. En effet, c’est l’une de ses préoccupations car il y songe de « sept à onze fois par jour ». De plus,elle a emporté sa mère, dont il était très proche puisqu’ils partageaient la même passion pour les fleurs et la même façon de penser. L’autre idée fixe du protagoniste, c’est le corps d’où cette étonnante manie qu’il a de considérer une personne par l’étude de celui-ci. Enfin, il s’intéresse également à la végétation et « pense autant aux plantes qu’au sexe et à la mort ». Les fleurs vont l’accompagner tout au long du roman et en particulier deux boutures de roses, des roses à huit pétales appelées Rosa Candida.

À toutes ses interrogations, c’est aux côtés de frère Thomas et grâce à ses films en toutes langues, ses passages de la Bible et ses liqueurs variées qu’il réussit à trouver des réponses.

L’écriture, limpide et fluide, l’emploi de phrases assez simples et l’humour permettent d’aborder des thèmes comme la mort, la sexualité mais aussi la complexité des rapports humains et des sentiments, le hasard, l’amitié et l’amour…

Ce livre sans prétention traite de la perte d’un être aimé sans développer le côté pathétique, sans appuyer sur la douleur extrême qu’elle provoque. Il montre, tout en douceur, comment les personnages font face à cette épreuve et donc le personnage de la mère est ici puissant. Il est lié à un univers quelque peu magique car elle semble dotée de qualités extraordinaires : « Et à la fin tout se mit à pousser dans le jardin de maman, tout croissait entre ses mains » et parvient à dompter un univers hostile fait de « lave noire », « d’herbe sèche »… Qui plus est, cette figure maternelle  reste au centre de la vie familiale et semble influencer les choix de ses membres par exemple lorsque ceux-ci cherchent à tester une nouvelle recette de cuisine. Elle est le lien qui permet au père et au fils de communiquer plus aisément.

Malgré la mort, persiste une note d’espoir avec la vie et notamment la naissance de l’enfant du héros : Flora Sol. La paternité est  par conséquent un des thèmes phares de cet ouvrage et on perçoit toute sa complexité. Arnljótur voit son rôle de père évoluer au fur à mesure. L’existence de sa fille qui est d’abord pour lui causée par une « conception intempestive », « un accident », change lorsqu’il la rencontre et qu’Anna lui demande de la garder pendant la fin de ses études. Ce petit être, souvent illuminé et rayonnant est une figure centrale car il guérit les maux de son père et lui fait découvrir une autre facette de sa personnalité, réunit ses parents pour une courte période, s’attire l’affection des religieux en quelques secondes et soigne même les maladies du voisinage.

Finalement, Rosa Candida est un livre qui traite de manière assez poétique des sujets divers,qui reflète les obstacles qu’il nous est possible de rencontrer dans notre existence. C’est un miroir de notre société qui nous plonge dans les réflexions d’un jeune homme à qui il reste tant de choses à vivre.
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Jugement personnel

J’ai trouvé qu’il était facile et agréable de se plonger dans ce texte car il est en quelque sorte réaliste et qu’il n’est pas difficile de s’identifier au héros. C’est un ouvrage nous tient aussi en intérêt jusqu’au bout car ce n’est qu’à la fin que nous capprenons la réussite ou l’échec de la vie sentimentale du personnage. Je vous le conseille vivement !


Marie D., première année édition-librairie 2011-2012.

 

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