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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 07:07

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Aurélia AURITA
Fraise et Chocolat
Les Impressions Nouvelles, 2006




 

 

 

 

 

 

 

Quelques mots sur l’auteur

Aurélia Aurita, de son vrai nom Hakchenda Khun, souvent raccourci en Chenda, est née en 1980 en région parisienne. Son pseudonyme désigne le nom latin d’une espèce de méduse, la méduse commune, ou méduse bleue. Parallèlement à des études de pharmacie, elle a publié ses premières histoires courtes dans Fluide Glacial. Puis en 2001 elle publie Angora, livre sensuel et troublant, qui est immédiatement remarqué par la critique. Invitée à participer à l’ouvrage collectif  Japon, paru fin 2005 simultanément en français, en japonais et en cinq autres langues, elle se rend une première fois dans l’Archipel. C’est le coup de foudre. C’est à Tokyo qu’elle réalise les pages de Fraise et Chocolat. Paru en français en mars 2006 puis en quatre autres langues, l’ouvrage reçoit un accueil chaleureux de la critique et du public. En 2007 paraît Fraise et Chocolat 2, suivi de Je ne verrai pas Okinawa en 2008, qui raconte les déboires de l'auteure avec les services d'immigration japonais. Tenue d'écourter son séjour, la jeune dessinatrice rentre définitivement en France début 2008, et s'installe discrètement dans les Vosges aux côtés de son compagnon Frédéric Boilet. Aurélia Aurita publie par la suite en 2009 Buzz-moi, qui retrace de manière vive et drôle comment elle vécut ce tourbillon suscité par le succès de ses albums.



Le livre

Fraise et Chocolat s’inscrit à mi-chemin entre le journal intime, le carnet de croquis, la bande dessinée et le manga. On y découvre Chenda, une jeune dessinatrice de 25 ans qui se rend au Japon et y rencontre Frédéric Boilet, de 20 ans son aîné, lui aussi auteur de BD (L’Épinard de Yukiko). Il s’agit donc d’un récit hautement autobiographique. Ce qu’on découvre dans Fraise et Chocolat, c’est l’histoire d’amour qui a lieu entre Chanda et Frédéric, le tout agrémenté de nombreuses scènes érotiques, où le sexe est abordé de manière fraîche et décomplexée.

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Le style

Le dessin, très simple, est esquissé à traits rapides ce qui évoque un carnet de voyage, comme si la narratrice avait croqué des scènes pour elle-même (cela n’a rien d’étonnant puisqu’elle s’est inspirée de ses carnets de croquis comme matière première du livre). Cette simplicité suffit pourtant à évoquer les sensations éprouvées et à créer une véritable ambiance. Elle s’exprime sur ce style : « j’accorde plus d’importance à l’expressivité d’un dessin qu’à son esthétique. Je souhaite avant tout que le lecteur comprenne l’histoire, plutôt qu’il ne s’attarde sur une illustration. »



L’écriture de soi ?

Il est intéressant de noter que malgré l’évidence autobiographique, l’auteur se distingue de son personnage. Dans un entretien accordé au site actuabd, elle déclare :

« En tant que travail basé sur la vie réelle, l’autobiographie nécessite une grande vigilance et une responsabilité envers les gens dont on parle. Il faut parfois faire des aménagements pour préserver son entourage. Mais avec de la complicité et du dialogue, tout devient beaucoup plus simple. »

Plus loin, elle ajoute que l’autobiographie est une forme de fiction puisque :

« Dès l’instant où je mets les personnages en scène, cela devient une fiction. En 192 pages d’un livre, je sélectionne, transforme, réécris et fais des ellipses. Au final, le livre ne raconte qu'une toute petite partie de ma vie... »

Il est vrai qu’au final le lecteur a tendance à plus s’identifier aux personnages et à leurs situations qu’à avoir le sentiment d’être en position de voyeur.

Quant au titre, il fait allusion à deux anecdotes assez cocasses qui, si elles peuvent choquer de prime abord, sont abordée avec tant de drôlerie qu’elles perdent vite leur caractère dramatique. Je laisse aux curieux le plaisir de découvrir par eux-mêmes ce dont il s’agit...



L’accueil de la critique

La critique a salué la démarche d’Aurélia Aurita qui est parvenue à présenter le sexe sans réserve et sans une once de pornographie. On peut lire par exemple que « la BD est sans doute mieux adaptée à la pornographie que les styles plus « photographiques ». En l’allégeant, en la caricaturant forcément, le dessin la rend plus abordable, plus accessible, plus globale et donc moins gênante.

Les raisons de ce succès sont multiples : l’ouvrage est écrit et dessiné par une femme, il change de la vision habituelle qu’on peut avoir de la représentation du sexe en bande dessinée, et à plus forte raison dans le manga. « Pour la première fois dans l’histoire de la bande dessinée européenne, une femme raconte sa sexualité, sans fard. Si cette lectrice d’Anaïs Nin soulève les draps d’un geste large, dévoilant sans pudeur le spectacle de ses expériences les plus intimes, elle fait ainsi la preuve que le sexe peut être graphique sans être porno. » À nous Paris, juillet 2006.



Ce que j’en pense

À travers une histoire personnelle, l’auteur présente en réalité l’histoire de chacun. Sans jamais sombrer dans la vulgarité, elle aborde de façon tendre certains tabous de la vie sexuelle et du couple, avec humour et légèreté. Ce n’est pas sans rappeler Clumsy, de Jeffrey Brown (Ego comme x) qui raconte son histoire d’amour avec pudeur et justesse.

Un deuxième tome est paru récemment. Il est plus concentré sur la relation elle-même, et les doutes qui l’accompagnent, après les premiers émois, l’excitation de la découverte de l’autre. Ludique, joyeux, Fraise et Chocolat est selon moi une véritable bouffée d’air frais dans la représentation de l’amour et des relations, non seulement dans le choix graphique extrêmement dépouillé mais dans la démarche même.


Laura, A.S. Éd.-Lib.



Revue de presse

http://www.aurita.net/fr/aurita-presse.htm
(Entretien du 16 mai 2006 pour le site actuabd.com, en intégralité ici : http://www.actuabd.com/Aurelia-Aurita-Les-recits-autobiographiques-sont-des-fictions-comme-les-autres)

 

 

 


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Published by Laura - dans bande dessinée
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