Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 07:00

barbara-constantine-et-puis-Paulette.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Barbara CONSTANTINE         
Et puis, Paulette…
Calmann-Lévy, 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’auteur, Barbara Constantine
 
Biographie

http://www.de-plume-en-plume.fr/membre/963

 
Bibliographie

  • Allumer le chat , Points, 2007
  • À Mélie, sans mélo, Calmann-Lévy, 2008
  • Tom, Petit Tom, Tout Petit Homme, Tom, Calmann-Lévy, 2010 (prix Charles Exbrayat en 2010)
  • Voisins, Voisines et Jules le chat, Rageot, 2010 (jeunesse)
  • Et puis, Paulette…, Calmann-Lévy, 2012


 

L’histoire

Et puis, Paulette… c’est l’histoire, en premier lieu d’un vieil homme, Ferdinand, qui, après la mort de sa femme et le départ de son fils, sa belle-fille et ses deux petits-enfants, vit seul dans sa ferme. Un vieil homme au caractère bien trempé, un peu bougon mais attendri par ses petits-enfants, les « Lulus » (Ludo et Lucien) qu’il ne voit plus si souvent à cause de sa belle-fille. C’est grâce à eux que la vie de Ferdinand va changer. En rentrant chez lui, il aperçoit la chienne de sa voisine, Marceline, et la lui ramène. Il découvre avec stupeur que Marceline semble sans vie, étendue sur son lit ; elle s’est évanouie à cause d’une fuite de gaz. Après l’avoir sauvée, Ferdinand remarque que le toit de Marceline est sur le point de s’effondrer et décide de l’aider. Un week-end où les Lulus sont chez Ferdinand, une tempête s’abat sur le village et menace la maison et la vie de Marceline. Ce sont les Lulus qui demandent à leur grand-père pourquoi il n’inviterait pas Marceline chez lui. Pour Ferdinand cela ne semble pas si simple d’inviter une femme qu’on connaît à peine à vivre chez soi. Il le fera tout de même.

 Peu après l’emménagement de Marceline, sa chienne et son âne, le meilleur ami de Ferdinand, Guy leur apprend que Gaby, sa femme, son amour depuis toujours, est mourante. Lorsqu’elle décède, Guy se laisse mourir petit à petit. Mireille, belle-fille de Ferdinand et fille adoptive de Guy, ne supporte pas de voir son père ainsi. Elle ravale son mépris pour Ferdinand et le supplie de convaincre Guy d’emménager avec les deux nouveaux colocataires.

La vie à trois semble bien fonctionner et les trois personnes âgées se créent de nouvelles habitudes. Seulement, un matin, Marceline ne se lève pas ; elle est grippée. Guy créé l’organivioc, un tableau concernant l’organisation des soins qu’il faut donner à Marceline. Elle finit par guérir.

Les trois viocs ne parlent pas énormément du passé. Ils l’aiment, sont nostalgiques mais n’y pensent pas forcément ou ne veulent pas en parler. Comme Marceline, qui a vécu un drame familial. Elle se confiera tout de même de plus en plus à Ferdinand. Ils ne parlent pas tant du passé mais, aiment à revivre, ressentir des choses d’un temps révolu. Comme lorsqu’ils prennent le vieux tracteur de Ferdinand qui brinquebale et les remue pendant leurs déménagements/emménagements.

En effet, les déménagements ne s’arrêtent pas là. Au centre du village se trouve la maison des sœurs Lumière, Simone et Hortense, qui sont menacées d’être expulsées par leur neveu. C’est Ferdinand, en leur rendant visite, qui découvre l’affaire car il est accueilli chez les deux femmes par un fusil pointé sur lui. Il les invite à vivre à la ferme et elles acceptent avec joie. Elles demandent à avoir plusieurs pièces pour elles deux. Pour avoir leur intimité et pour que Simone puisse s’occuper plus facilement d’Hortense qui est beaucoup plus âgée que les autres habitants. Hortense finit par avoir besoin de beaucoup plus de soins. Marceline, Guy et Ferdinand ont alors l’idée d’embaucher une infirmière à plein temps, mais cela coûte cher. Muriel, une jeune femme en école d’infirmière accepte leur offre. La jeune femme sera alors nourrie et logée à la ferme ; une nouvelle âme, plus jeune aide à faire vivre la « communauté ».

Guy, toujours friand des tableaux, créé Solidarvioc qui répertorie les retraites de chacun, les gains (vente des maisons, vente de légumes aux marché…) et les dépenses de la maison.

Pour aider Marceline à s’occuper du jardin et de la vente au marché, les viocs se rendent à l’école d’agriculture, pour demander si un étudiant n’aurait pas besoin d’un logement… Ils rencontrent alors Kim, qui s’installe dans la même partie de la ferme que Muriel. Plus de jeunes à la ferme, signifie besoin d’internet. Lorsque l’ordinateur arrive, tout le monde est en ébullition et l’apprentissage de cette machine compliquée ne leur fait pas peur, surtout pas à Guy qui aime surfer sur le oueb et veut se créer un profil fesse bouc. Ils vont même jusqu’à créer un site solidarvioc.com, pas très joli, pas très poétique, mais ça voulait bien dire ce que ça voulait dire. Où ils mettraient les tableaux, leur façon de fonctionner et de vivre pour, pourquoi pas, donner l’envie à d’autres de vivre à plusieurs (le site solidarvioc.com a réellement été créé à la fin de l’écriture du roman de Barbara Constantine).
 
Les jours passent et la communauté vit, les lulus sont souvent à la ferme, le chat était en fait une chatte, l’âne piétine le potager, une histoire d’amour se dessine entre deux « colocataires », puis arrive… Paulette.

 

La forme

L’écriture de ce roman est très orale ; on ne trouve presque que du discours indirect libre tout au long du récit :

 

« Mais ce qu’elle aimait par-dessus tout, c’était parler du passé. De sa jeunesse. De comment c’était mieux avant. Combien c’était plus beau. Surtout avant qu’ils se connaissent ! Elle finissait toujours par énumérer rageusement tout ce qu’elle aurait pu vivre, ailleurs, en Amérique, en Australie, ou au Canada peut-être. Ben oui, pourquoi pas, ça aurait pu ! » (page 19),

« Elle préfère de l’eau, à cause des médicaments. Boit un trait. Ça va mieux. » (page 112).

 

Le discours indirect libre rend vraiment le roman vivant, donne l’impression qu’on nous raconte une histoire, des anecdotes.

 Ce qui est très oralisé également, ce sont les paroles rapportées qui sont écrites telles que les personnages les disent et les imaginent, les comprennent : page 165, lorsque les sœurs Lumière déménagent, Hortense se met à chanter un grand classique : « Aïm ségué aine ze rêne, aïm ségué aine ze rêne, ouate e biou tifoul fi lène, aïm rapi e gaine… ». Il en est de même lorsqu’ils branchent l’ordinateur, ils sont pressés de « surfer sur le oueb et de se mettre de profil sur fesse bouc ».  On retrouve le même procédé concernant les enfants.
 
 

Les thèmes abordés

Et puis, Paulette… de Barbara Constantine est un roman léger et drôle tout en traitant de faits actuels, de problèmes concernant les personnes âgées ; la solitude, l’abus de faiblesse, l’escroquerie, la vieillesse, la sénilité, la mort... Ces faits sont graves mais traités avec légèreté et surtout, sans tabous. On y trouve alors une nouvelle vision de la vieillesse ; au lieu d’être pris en charge et d’attendre la mort dans une maison de retraite, on voit là une sorte de seconde vie : la colocation entre viocs.

Il y a forcément une part de nostalgie, d’amour pour une époque révolue dans le roman. Cependant, ces viocs vivent au présent et se tournent facilement vers l’avenir, notamment par un grand bouleversement à la fin du roman mais, également par la création improvisée de cette communauté et du rapport entre les jeunes et les vieux, où chacun apprend des choses à l’autre.


Clémence, AS édition-librairie

 

 

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Recherche

Archives