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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 07:00

Benoit-Severac-Silence.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Benoît SÉVERAC
Silence
 Syros
Rat noir, 2011




 

 

 

 

 

 

 

 

 

Benoit-Severac.JPGBiographie

Benoît Séverac est un auteur toulousain, professeur d'anglais à l'école vétérinaire de Toulouse. Lauréat du concours de nouvelles de l'association  Le Lecteur du val qui l'a fait connaître en 2002, il écrit des romans noirs. Son premier, Les Chevelues, est traduit en anglais, aux États-Unis, et Silence est son troisième ouvrage, le premier destiné à la jeunesse. En 2010, il est passé de l'autre côté du voile pour devenir président du jury du concours qui l'a fait connaître.

Davantage d'informations sur son blog :  http://benoit.severac.over-blog.com/


 

Silence

 

L’histoire commence avec Jules, ado de quinze ans, qui se réveille à l’hôpital après quelques jours de coma. Le silence autour de lui, il ne le comprend pas tout de suite mais le subit : Jules est devenu sourd, définitivement. Les infirmiers ont beau chercher à lui montrer que tout n’est pas noir, sa vie va se transformer, aussi bien pour ses loisirs que dans ses relations avec ses parents et ses amis.

Car Jules n’a pas perdu l’audition de façon naturelle. Alors qu’il faisait le mur, il a fait ce que tout jeune aurait fait à sa place : il a cherché à impressionner sa copine. Mais l’ecstasy qu’il a prise l’a emmené aux portes de la mort, et l’a laissé dans le coma.

Qui lui a vendu l’ecstasy ? Pourquoi en a-t-il avalé deux cachets coup sur coup ? Et depuis quand en prend-il ? Avec qui était-il ? Ce sont les questions auxquelles il va désormais devoir répondre. Car ses parents ne sont pas les seuls concernés par les réponses qu’il peut donner : la police le suit, et fera tout pour savoir ce qui s’est passé. Jules n’est pas le seul à avoir eu des ennuis avec le vendeur et certains s’en sont moins « bien » sortis que lui. Dès lors, que doit faire Jules, soutenir le frère d’un ami, ou sauver la vie d’inconnus ?

« – Tu as voulu impressionner une fille ?

(Jules fait oui de la tête sans cesser de pleurer.)

– Tu n'es pas le premier. C'est typiquement masculin.

– Typiquement con.

– L'homme reste un animal, même évolué. Tu as agi comme un animal.

– Comme un con. »

Ce roman met en scène un adolescent comme les autres, qui a commis une bêtise, une fois, et qui n’aurait jamais pu se douter des conséquences. Les relations avec les parents sont ici décrites de façon impeccable, si bien que l’on croirait entendre ses propres géniteurs durant l’adolescence. C’est vrai, comment croire un enfant s’il dit que c’est la première fois ? Pourquoi l’aurait-il fait maintenant et pas avant ? Les parents se retrouvent ici face à une situation qui les dépasse, et avec laquelle ils vont devoir apprendre à vivre.

Mais, si leur réaction était attendue, l’auteur ne cherche pas à culpabiliser Jules – à qui le lecteur s’identifie très facilement –, mais plutôt à montrer qu’il se sent assez mal dans sa peau pour ne pas avoir besoin que quelqu’un vienne en rajouter.


 
Benoît Séverac a réussi à mêler une intrigue policière réussie et les thèmes délicats de la drogue et du handicap.  La touche de maître est principalement d’y être parvenu sans écrire un discours moralisateur ou culpabilisateur mais au contraire en présentant au lecteur le monde tel qu’il est réellement, avec tous ses défauts en pleine lumière.

Au beau milieu de ces sujets si sensibles intervient une enquête fort délicate, où Jules fait à la fois office de victime, de témoin, de suspect, et d’indic. Les rapports entre policiers et témoins sont bien mis en valeur, et la pression permanente que subissent les forces de l’ordre se ressent à travers les dialogues et les entrevues.

Ce texte présente une histoire bien ficelée, particulièrement poignante. Le lecteur adolescent s’identifie avec facilité à Jules, le personnage principal, et les lecteurs plus âgés analysent avec nostalgie des moments qu’ils ont pu vivre dans leur enfance. Si le style d’écriture est plus familier que soutenu, cela permet une meilleure compréhension du texte et donc une identification plus efficace.

C’est un livre que j’ai trouvé vraiment très intéressant, pour ses thématiques et sa façon de les aborder, pour le style d’écriture, mais aussi pour l’intrigue dont je ne suis pas parvenue à trouver la solution seule. À lire dès 14 ans, par adultes et adolescents, car tous seront touchés par Jules et sa prise de conscience.


Laure Salesse, AS Bib.-Méd.

 

 

 

 

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  Compte-rendu du même auteur sur la conférence « Qu'est-ce qu'écrire du polar pour la jeunesse ? ».

 

 

 

 

 

 

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Published by Laure - dans jeunesse
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