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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 19:00
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Bill BRYSON
American rigolos – Chroniques d’un grand pays

Titre original : Notes from a big country
Traduit de l’américain
par Christiane et David Ellis
Éditions Payot & Rivages, 2003
















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L’auteur

Bill Bryson est né en 1951 à Des Moines, Iowa, aux États-Unis. Dans les années 1970, il effectue son premier voyage en Europe sac au dos avec un ami. Il rencontre ensuite sa future femme en travaillant dans un hôpital psychiatrique anglais. Le couple s’installe en Angleterre où Bill est longtemps journaliste économique pour The Times et The Independent, avant de se consacrer essentiellement à l’écriture à partir de 1987. En 1995, les Bryson et leurs quatre enfants émigrent à Hanover, New Hampshire, États-Unis. C’est à cette occasion que Bill rédige des chroniques pour un hebdomadaire britannique : il y raconte ses difficultés de réadaptation dans un pays qu’il a quitté jeune homme. Toute la famille est finalement repartie en Angleterre en 2003.

Bibliographie

Bill Bryson a principalement écrit des récits de voyage, dont certains ont été traduits en français comme Motelbill-bryson-2.gif Blues (Payot, 2003) ou Nos voisins du dessous – Chroniques australiennes (Payot, 2003). Il a notamment reçu une récompense pour Notes from a small island (1995) ; ce livre, qui relate un tour de Grande-Bretagne, a été choisi par les votants du World Book Day comme étant celui qui résumait le mieux l’identité britannique et l’état de la nation !

Bryson est aussi l’auteur d’un ouvrage de vulgarisation scientifique, Une histoire de tout, ou presque (Payot, 2007), qui s’est vu attribuer le prix Aventis du meilleur livre de vulgarisation scientifique, et le prix Descartes pour la communication scientifique (décerné par l’Union Européenne). Ce livre très apprécié du public explique les grandes découvertes scientifiques à travers le temps, illustrées d’anecdotes amusantes et presque toujours véridiques.

Bryson a aussi publié des études linguistiques sur l’anglais et l’américain, une biographie (très sérieuse) de William Shakespeare, ainsi que ses propres mémoires (Bill the Kid : ma fabuleuse enfance dans l’Amérique des années 1950, Payot, 2009).

American rigolos

Ce livre possède plusieurs titres : en Grande-Bretagne, Notes from a big country ; aux États-Unis, I’m a stranger here myself : notes on returning to America after twenty years away. Le titre américain est plus explicite et traduit exactement le contenu de l’ouvrage : il s’agit d’un recueil des chroniques que Bill Bryson a rédigées pour un hebdomadaire britannique peu de temps après son installation dans le New Hampshire. Après avoir vécu pratiquement toute sa vie d’homme adulte en Grande-Bretagne et être parti pendant vingt ans loin de son pays natal, il est normal que Bryson éprouve quelques difficultés de réadaptation… Il explique dans le premier chapitre combien l’expérience est compliquée mais intéressante :  « Rentrer dans son  pays après une aussi longue absence est une expérience étonnamment traumatisante. Un peu comme émerger d’un long coma. Vous ne tardez pas à découvrir que le temps a apporté une série de changements qui vous laissent le vague sentiment d’être un rien débile ou complètement déphasé. » (p.9)

Il entreprend de raconter avec l’humour et l’autodérision qui le caractérisent ses petits déboires du quotidien, qui concernent l’électroménager capricieux, l’administration diabolique, l’invasion automobile, la manie du shopping, la malbouffe… et tous les petits travers de ses concitoyens qu’il n’aurait pas remarqués s’il n’avait pas vécu pendant longtemps hors des États-Unis.

C’est là que réside toute l’originalité de ce récit : un Américain effectue une immersion dans son propre pays, en posant un regard extérieur sur le mode de vie de ses habitants. Il doit réapprendre toutes les subtilités régissant la vie quotidienne et la vie sociale, comme par exemple qu’il est incongru de se déplacer à pied même si la distance à parcourir est minime…

Le livre de Bryson remplit un double objectif : nous faire rire, et nous apprendre comment vivent les Américains d’aujourd’hui (rappelons que l’auteur écrit en 1996-1997). Bryson aime notamment insérer de temps à autre quelques chiffres ou informations réelles bien choisies.

Dans « Eh bien, docteur, je voulais seulement m’allonger », il évoque les statistiques concernant les personnes blessées par des matelas, des oreillers, ou même leurs propres vêtements… Dans « À crétin, crétin et demi », il se moque clairement des capacités intellectuelles de ses concitoyens, ou du moins de leur manque d’effort de réflexion. Dans « Comment s’amuser chez soi », Bryson nous fait partager sa joie d’avoir fait la connaissance du broyeur à ordures ménagères, qui
« réunit tout ce que doit être un bon robot ménager […], autrement dit un appareil bruyant, amusant, extrêmement dangereux et qui accomplit si bien sa tâche qu’on se demande comment on a bien pu s’en passer. » (p.40) S’ensuit une description des diverses expériences menées à l’aide dudit objet… L’auteur rédige aussi quelques chapitres très couleur locale où il nous décrit ses pratiques de jardinage, les forêts du New Hampshire ou encore « Notre ami l’élan », « un animal [qui] se distingue par sa stupidité pratiquement insondable » (p.72).

Ce « récit de voyage » pas comme les autres est original et rempli d’humour, et montre au lecteur une autre facette des États-Unis.

Note : il existe un autre récit d’Américain revenant au pays après des années d’absence : Sacrés Américains ! Nous, les Yankees, on est comme ça (Folio), écrit par Ted Stanger, un journaliste originaire de l’Ohio qui a travaillé pour le magazine  dans plusieurs pays d’Europe et du Proche-Orient. Il a longtemps vécu à Paris et a effectué un petit voyage dans son pays natal en 2004, pendant le pire des années Bush.

Caroline C., LP Éditeur

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