Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 juillet 2010 4 29 /07 /juillet /2010 07:00

brecht-evens-les-noceurs.jpg

 

 

 

 

 

Brecht EVENS
Les Noceurs

Traduit du néerlandais
par Vaidehi Nota et Boris Boublil
Actes Sud BD, janvier 2010






 

 

 

 

 

 

Gert reçoit ce soir quelques amis.

 

 

 

Chez Gert, on ne fume pas dans le salon. Sous la hotte de la cuisine, c’est toléré.

Autour de la table, discussions futiles, on évoque des souvenirs communs. Omniprésence dans ces paroles échangées de Robbie. Robbie qui ne devrait plus tarder. Robbie que tout le monde attend. Sans lui, ce n’est pas vraiment la noce. Les femmes aiment Robbie, le fantasme. Les hommes le jalousent et l’imitent. Des sosies de Robbie, il en existe plus d’une vingtaine mais aucun n’égale le vrai. Les dialogues tournent autour de ce personnage, car Robbie, on le connaît tous et on aimerait qu’il soit là. Gert, lui, est gris, terne et triste. On ne l’écoute pas, même, on lui coupe la parole. Si on est ici, c’est uniquement parce que Robbie va arriver. Une chaise au bout de la table lui est destinée. Finalement, à la suite d’un énième coup de téléphone, Gert annonce que Robbie ne viendra pas, il est occupé à faire la fête, ailleurs. L’appartement se vide d’un coup.

les_noceurs.jpg
On est mal à l’aise. Ce n’est pas de la compassion que l’on éprouve pour Gert, seulement de la pitié. Alors oui, on est mal à l’aise. Le rideau tombe.

Deuxième acte. Au Disco Harem. Alors c’est lui, Robbie ! On s’arrache sa compagnie. D’ailleurs, si ce club a tant de succès, c’est parce que Robbie, le roi de la noce, a jeté son dévolu sur ce lieu pour y faire la fête. Que de vies de débauche là-dedans ! Sacré noceur, Robbie passera la soirée et la nuit avec une inconnue, Noumi ou Lulu. Juste une nuit. Pas plus, pas question d’un avenir.

evens-les-noceurs-2.jpg
Dernière partie. Au Disco Harem, Gert rejoint son ami Robbie pour la soirée. Gert est tellement gris, il parle gris. Vraiment terne à côté de Robbie, bleu, lumineux, vivant, virevoltant. Gert commence un travail lundi : de l’administration et de la surveillance dans un lycée. Lorsque Robbie veut le prendre sur ses genoux, en preuve d’affection et d’amitié, Gert refuse, de peur du « qu’en-dira-t-on ». Gert regrette l’enfance où « rien n’était important, on faisait ce qu’on voulait, on devait pas avoir de l’ambition, on devait pas réfléchir au putain de SENS de notre putain de VIE ». Il n’est pas près d’être heureux, Gert, il vit avec une image idéalisée du passé. Une nostalgie, une mélancolie, un mal-être. Discours aigri d’une solitude auquel met fin un pet sonore de Robbie !

Une réflexion sur l’existence. Et sur une génération à la fois rêveuse et désenchantée.

Une folle balade nocturne.

Les Noceurs est le premier livre traduit en français de Brecht Evens.

Cet auteur flamand de 23 ans a un talent exceptionnel ! Ses aquarelles sont lumineuses, percutantes, raffinées. Pas de cases ni de bulles déterminées. Il crée de véritables fresques où fourmillent les détails. Un style surprenant pour une lecture enivrante.



Julie L., 2e année édition-librairie

 

 

Site de Brecht Evens : http:/brechtnieuws.blogspot.com/

Partager cet article

Repost 0
Published by Julie - dans bande dessinée
commenter cet article

commentaires

Recherche

Archives