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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 07:00

Bret-Easton-Ellis-Suites-imperiales.jpg


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bret Easton ELLIS
Suite(s) Impériale(s)
titre original :
Imperial Bedrooms

traduit de l'américain

par Pierre Guglielmina

Robert Laffont, 2010






 

 

 

 

Suite(s) Impériale(s) est la suite de  Moins que zéro, premier roman de Bret Easton Ellis.
Bret-Easton-Ellis-Moins-que-zero.jpg
Vingt ans après, Clay est de retour à Los Angeles. Devenu scénariste, il doit aider au casting pour l’adaptation de son dernier texte, Les Auditeurs. Mais dès qu’il remet les pieds dans la ville, rien de va : il retrouve Julian, Blair Rip, les anciens amis-amants qu’on croise et à qui on n’a plus rien à dire, les fêtes dans des lieux où on ne connaît personne, l’alcool, la drogue. Mais surtout cette Jeep bleue qui semble suivre Clay et les sms effrayants : « Je t’ai à l’œil ». Lors d’une soirée, il rencontre Rain Turner, jeune actrice prête à tout pour décrocher un rôle dans Les Auditeurs ou n’importe quel autre film… Vraiment prête à tout !
 
Clay se trouve alors entraîné à cause de Rain dans une affaire de meurtre, d’argent, et de prostitution mêlant Julian, Trent, Rip, Blair. Et le cerveau de l’histoire n’est pas celui que l’on croit.
 
 Le livre commence sur la projection du film tiré d’un livre qui aurait été fait sur la vie de Clay et de ses amis par un écrivain qu’ils connaissaient. Ce film existe réellement puisqu’une adaptation de Moins que zéro a été faite en 1987 par Marek Kanievska (dont le titre en français est Neige sur Berverly Hills, titre très mal choisi par ailleurs). Et l’auteur sous couvert de son personnage se permet de critiquer cette adaptation qui modifie l’essence même du roman, dépourvu, lui, de morale :

« Le film implorait notre sympathie alors que le livre n’en avait rien à foutre. Et les attitudes vis-à-vis de la drogue et du sexe s’étaient brusquement modifiées entre 1985 et 1987 (et un changement de politique dans la production n’avait pas arrangé les choses), de telle sorte que le texte d’origine – étonnamment conservateur, en dépit de son immoralité apparente – avait dû être revu. »


« (…) dans le livre, Julian vit, mais dans le scénario, il fallait qu’il meure. Il fallait qu’il soit puni de tous ses péchés. »
 
On retrouve ici le style particulier d’Ellis, très cynique, teinté d’oralité, avec beaucoup de répétitions. On passe du coq à l’âne comme si on était dans les pensées de Clay :

« Il tète une bouteille en plastique d’un liquide rougeâtre, et il est assis dans une position qui vous oblige à comprendre qu’il attend qu’on le remarque, et, à l’ombre d’un parasol décoré d’une guirlande électrique de Noël, j’ai les yeux fixés sur la circulation dans Sunset, puisque nous sommes assis dehors, et je pense au garçon magnifique sur le tapis de course qui portait un tee-shirt I STILL HAVE A DREAM, et je crois que ce n’était peut-être pas ironique. »

Comme dans Lunar Park (autofiction de Bret Easton Ellis) la paranoïa submerge le personnage et l’empêche d’agir. Tout ce qu’il réussi à faire c’est se saouler jusqu’à ce qu’il ne ressente plus rien. C’est cette paranoïa qui fait monter le rythme de la lecture. Arrivé à un certain point, on ne peut plus lâcher le livre, on veut savoir la fin.


Un livre à lire donc, pour voir la noirceur d’Hollywood et de ses habitants.
 

Maureen, A.S. Ed-Lib

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