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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 07:00

Bruno-Loth-Ouvrier.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bruno LOTH
Ouvrier

Mémoires d’Occupation,  Tome 1
Libre d’images / La Boîte à bulles
Coll. Hors Champ, 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Initialement reconnu pour sa BD Ermo, Bruno Loth poursuit avec Apprenti puis Ouvrier le récit de la vie de son père, ouvrier aux chantiers navals de Bordeaux.

Une histoire que Jacques Loth consent à transmettre à son fils après quelques réticences pour la réalisation d’Apprenti, mémoires d’avant guerre (2010). Ouvrier, mémoires sous l’Occupation (2012) constitue le second volet de sa vie. Ne désirant pas parler de la guerre et de l’Occupation, c’est l’album terminé d’Apprenti en main qui le décide à se lancer dans un nouveau récit.

 

« Tu ne voulais pas écrire la suite ? »

Alors qu’Apprenti se déroule durant l’entre-deux-guerres, cet autre album raconte la vie ouvrière sous l’Occupation, loin du front et des combattants. Une histoire du petit peuple, presque anonyme. Celle d’un homme ordinaire qui devient pourtant une véritable aventure.

Le récit débute en avril 1938 à Bordeaux. Jacques est convoqué par le Conseil de Révision. L’ambiance s’installe et les couleurs grises des premières planches sont annonciatrices d’une période industrielle triste aux touches quelquefois rouges et douloureuses.

Et pourtant c’est avec légèreté que commence la narration, tournant en dérision la « visite médicale » préalable au service militaire. Jacques est pesé, mesuré, examiné dans toute sa nudité par les médecins forts de leur supériorité vestimentaire. Il est l’objet d’un intérêt particulier et ameute le corps médical qui observe en détail son cas de polythélie, quatre tétons, preuve irréfutable de nos origines lointaines. L’homme est finalement ajourné parce que trop chétif mais ne s’en vante guère à l’usine, le Pivertisme, mouvement pacifiste, n’y trouvant que très peu d’adhérents.

 Bruno-Loth-Ouvrier-02.jpg

Ainsi les idées et les activités de cette période sont évoquées tout au long des anecdotes qui composent l’album. Malgré ce temps d’avant-guerre, l’ouvrier garde une part d’insouciance comme lors du séjour en auberge de jeunesse avec son frère Marceau et ses amis Pedro, James et Hubert. C’est rythmé par un chant scout (La Fleur au chapeau) et une citation d’un poème de Baudelaire (Le Coucher du soleil romantique) qu’ils se rendent au Pyla. Mais ces bons moments ce sont aussi les visites à Cazaux pour des parties de pêche avec son oncle Raoul, les flirts, les sorties de sports d’hiver, le périple dans le Pays Basque. Des vacances occasionnées par des congés payés qui n’auront bientôt plus lieu d’être.

Cette suite d’anecdotes de quelques pages chacune donne un rythme fragmenté et laisse au lecteur le temps de redécouvrir les personnages.

Mais alors que Jacques Loth passe du bon temps, janvier 1939 est marqué par les débuts du régime franquiste et février par l’arrivée de 500 000 réfugiés républicains entassés sur les plages françaises aux allures de camps de concentration.

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Après une trentaine de pages vient la période de l’Occupation. Une cassure dans le récit oppose deux pages de planches pleines. Le vendredi 1er septembre 1939 la ville s’enfle des sirènes, l’ordre de mobilisation générale est placardé sur les murs. Hitler et ses troupes sont entrés en Pologne. La vie de Jacques est alors ponctuée par l’Histoire, celle que l’on apprend à l’école, celle que nos grands-parents nous racontent. Le récit apparaît  soudain moins décousu, plus fluide et ponctué par des transitions.

La Guerre est déclarée et l’idée de patriotisme germe dans la pensée de Jacques qui tente de s’engager avec son frère Marceau. Mais bien heureusement il est déjà trop tard. Alors que le gouvernement s’installe à Bordeaux pou fuir à Vichy à l’arrivée de la Wehrmacht, la vie est rythmée par l’heure allemande.

 « Toutes les pendules de la ville sont avancées d’une heure ! »

Cette période de la vie de Jacques est marquée par les bombardements, les rationnements, le couvre-feu, l’interdiction de réunion, de sortie, la suppression des auberges de jeunesse mais également par le départ de son frère, le décès de sa mère, les exécutions d’otages et amis.

C’est dans cette ambiance que l’on suit tour à tour Jacques dans ses habits d’ouvrier aux tons bleu-gris puis dans ses habits civils rehaussés de couleurs cependant froides. Les seules couleurs vives de l’album sont consacrées au drapeau nazi, aux drapeaux français puis italien et à l’avis d’exécution.

 Bruno Loth Ouvrier 04

Ce récit est un véritable témoignage qui fait prendre conscience de la réalité de la guerre. Une réalité ouvrière, une réalité pénible. Bruno Loth sait retranscrire avec brio les souvenirs de son père en y ajoutant des éléments historiques qui posent les repères narratifs.

Une lecture agréable et intéressante marquée par la situation industrielle de l'époque, par la Résistance et par les anecdotes aux élans nostalgiques.

 

Aurélie H., 2ème année Bibliothèques 2012-2013

 

Lien

 

Libre d'images, le site de Bruno Loth

 

 

 

 

Bruno LOTH sur LITTEXPRESS

 

convivialitté bruno loth 05

 

 

 

Compte rendu d'une rencontre avec Bruno Loth par Florence.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Aurélie - dans bande dessinée
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