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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 07:00

Convivia-litté – Acte II Scène 1
Rencontre avec Malick Gaye,
responsable des relations avec le public du TnBA
11 octobre 2012

 

 

Le TnBA (Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine) se trouve juste en face de l’IUT. Il trouve son origine dans le CRAD (Centre régional d’art dramatique), fondé en 1947, et sa Compagnie dramatique d’Aquitaine (CDA, années 1970). En 1975, la signature de la Charte culturelle entraîne une coopération entre l’État et la ville de Bordeaux pour vingt-cinq ans avec à terme, la création d’un centre dramatique national. En 1985, une mission de décentralisation est mise en place afin de créer une cellule de création théâtrale préparant le futur Centre Dramatique régional. Entre 1990 et 2003, le Théâtre du port de la Lune est construit dans le quartier Sainte-Croix et en 2004, Dominique Pitoiset est nommé à sa direction, le CDN devient le TnBA. En 2009, Dominique Pitoiset en fixe les objectifs pour son troisième contrat (2010-2012) : « Notre théâtre sera plus que jamais une maison des mots ». La création, la production, l’échange entre artistes et la vocation régionale du théâtre sont au centre de ces intentions.
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Jeudi midi, Malick Gaye, le responsable des relations avec le public, a traversé la place Renaudel le temps d’une rencontre au CRM, afin de nous présenter le programme de la saison théâtrale 2012-2013.
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Une bonne soixantaine de personnes était présente pour l’accueillir. Avant toute chose, il nous a rappelé que le TnBA est la plus grosse structure de théâtre de la région, un lieu de création, une école (éstba : École supérieure de théâtre Bordeaux Aquitaine, depuis 2007) et surtout un lieu d’échanges et de rencontres : le TnBA n’a pas vocation à être un « théâtre lisse ».

Ensuite, plutôt que de nous présenter le programme dans son ensemble, Malick Gaye a choisi de nous présenter ses coups de cœur. Dix en tout (douze si deux d’entre eux n’avaient déjà affiché complet – L’Assommoir et Sous la ceinture), et essentiellement des créations du TnBA ou d’autres structures (productions du TnBA : http://www.tnba.org/page.php?id=282).

Avant d’aborder la programmation à venir, Malick Gaye nous a d’abord parlé du Cyrano mis en scène par le directeur du TnBA, Dominique Pitoiset, à partir de la célèbre pièce d’Edmond Rostand :



  •   Cyrano de Bergerac – du 20 février au 2 mars


Dominique Pitoiset réinterprète totalement la pièce et nous réserve des surprises, l’univers  de la pièce sera très particulier (probablement un hôpital psychiatrique) : c’est tout ce que nous savons. Un seul indice : il ne s’agit pas de cape et d’épée.


Présentation chronologique

  •   Émigrant – du 9 au 20 octobre (théâtre et musique)

de Nadia Fabrizio

Nadia Fabrizio, fille et petite fille d’immigré, parle de l’errance. Des chants rendent hommage à sa région d’origine qu’elle n’a pas connue en tant qu’immigrée, le Frioul, dans le Nord de l’Italie.

  • Invisibles – du 16 au 20 octobre

Écrit et mis en scène par Nasser Djemaï.
 
Les chibanis (cheveux blancs en arabe) sont ceux qui ont reconstruit la France dans l’après-guerre. Aujourd’hui retraités, ils sont obligés de résider au moins six mois en France pour toucher leur maigre pension. Nasser Djemaï a travaillé avec les comédiens avant de mettre un point final à sa pièce. Ici, le contact humain est essentiel, Nasser Djemaï donne la parole à ces oubliés de l’histoire.

Fiche de lecture sur Littexpress : http://littexpress.over-blog.net/article-nasser-djemai-invisibles-la-tragedie-des-chibanis-111155453.html

Jeudi 18 octobre : rencontre avec l’équipe artistique du spectacle après la représentation.

Vendredi 19 octobre : rencontre avec un gérontologue spécialiste des chibanis (à confirmer).

Samedi 20 octobre : vente de pâtisseries orientales avant et après la pièce, en partenariat avec la Maison d’Algérie d’Aquitaine ; librairie sur le 50e anniversaire de l’Indépendance de l’Algérie.

  •   La Petite – du 20 au 23 novembre

Écrit et mis en scène par Anna Nozière

La Petite est une comédienne qui apprend que l’enfant qu’elle porte ne grandit plus. Elle s’installe dans le théâtre où elle prépare une pièce avec d’autres acteurs, ce théâtre où sa mère est morte en lui donnant la vie. Anna Nozière fait tourner la pièce autour de ce personnage, du spectacle en lui-même et de la mort, puisque des fantômes apparaissent. Ainsi, le spectateur est entraîné dans ce cauchemar.


  •   Hans was Heiri – du 17 au 21 décembre – théâtre, danse, cirque et musique

Conception, mise en scène et décor de Martin Zimmermann et Dimitri de Perrot

Zimmermann est issu du monde du cirque, De Perrot est un DJ. Ce duo (d)étonnant signe depuis treize ans des représentations mêlant cirque, musique, théâtre et danse. Dans Hans was Heiri, la scène de théâtre devient une scène de performance mêlant ces univers complémentaires, comme quatre acrobates évoluant dans une structure carrée à quatre cases. 


  •    Le Misanthrope – du 23 janvier au 1er février

Texte de Molière. Mise en scène de Jean-François Sivadier.

Un des aspects essentiels du travail de Jean-François Sivadier (également comédien) consiste en une mise en avant du jeu d’acteur. Cette adaptation très attendue nous montrera toute la complexité d’Alceste. Enthousiaste, Malick Gaye remarque tout de même que « Molière, c’est comme les pâtes : super facile à rater ». À découvrir, donc.


  •   Andrédu 19 au 29 mars

Spectacle de Marie Rémond. Ecriture collective de Clément Bresson, Sébastien Pouderoux et Marie Rémond.

Comment peut-on être champion de tennis, numéro un mondial, tout en détestant ce sport ? Avec une équipe de comédiens du prestigieux TNS (Strasbourg), ce spectacle surprenant explore ce curieux paradoxe. Celui de l’âme humaine, aussi.


  •   Ubu Roidu 26 au 29 mars


Texte d’Alfred Jarry. Mise en scène de Declan Donnellan. Scénographie de Nick Ormerod.

C’est avec impatience que l’on attend cette nouvelle adaptation signée Declan Donnellan. Habitué des grands textes du théâtre, cet « héritier de Peter Brook » donne toujours à voir des spectacles extraordinaires. À en croire les prévisions de Malick Gaye, il se peut que l’on « sorte de la salle en criant » son plaisir … 


  •   Comme du sabledu 3 au 6 avril

Texte de Sylvain Levey. Mise en scène et scénographie de Pascale Daniel-Lacombe.
 

 

Vies humaines face à la folie de l’époque. Et l’errance d’un couple endetté qui doit quitter son domicile sous le regard de ses voisins.


  •   Class Enemydu 14 au 25 mai

Texte de Nigel Williams. Mise en scène de Nuno Cardoso.

Six adolescents dans une salle de classe désertée par les professeurs se font cours chacun leur tour. On parle cuisine, jardinage, sexualité. La force de la langue, le désespoir des jeunes, la violence comme réaction au malaise social, et la vision libérée d’un metteur en scène également comédien. Tout est là pour que cette création du TNBA, interprétée par des anciens de l’Estba (École Supérieure de Théâtre Bordeaux Aquitain), soit une « tuerie gigantesque » comme l’annonce Malick Gaye.
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Après les coups de cœur, les coups de pied. Aux vieilles idées reçues d’abord, qui disent qu’aller au théâtre, c’est seulement aller voir un spectacle. Coup de pied au derrière ensuite, que chacun peut se donner pour participer à la vie du théâtre, de la ville, et de la pensée.

Malick Gaye nous a en effet montré tout ce que le TNBA peut proposer.

À partir de novembre, des conférences seront organisées dans le cadre de « Débats publics » en partenariat avec Bordeaux 3. Ouvertes à tous gratuitement (sur inscription), ces rencontres permettront de (re)penser des problèmes de société autour de la question « Est-ce ainsi que les hommes vivent ? », grâce aux interventions de la philosophe Joan Tronto le 29 novembre, du sociologue Luc Boltanski le 30 janvier, du philosophe Antonio Negri le 27 mars, et de l’historienne Arlette Farge le 22 mai. Le théâtre est donc un lieu d’échange, de pensée, et un acteur de la vie de la cité.

Il est aussi possible de demander au théâtre à consulter et/ou emprunter des dossiers pédagogiques ou des livres.

Des textes en lien avec la programmation seront lus une fois par mois par les élèves de l’Estba au Tn’BAR dans le cycle « Samedi, le temps du verbe ».

Sont également organisées des rencontres avec les équipes artistiques, des visites des coulisses… (http://www.tnba.org/page.php?id=78)

Le TNBA cherche aussi à sensibiliser le public le plus large possible aux arts de la scène, notamment en mettant en place et en animant des stages ou des ateliers. (http://www.collectifoso.com/ateliers/)

Le théâtre, c’est aussi hors les murs. Le TNBA a créé pour les petits (et les plus grands) un spectacle de « théâtre baladeur », Il faut tuer Sammy, qui se joue dans les écoles, les bibliothèques… (et aussi à l’IUT Bordeaux 3, le jeudi 25 octobre à 12h30). Des rencontres avec des auteurs/comédiens seront également organisées durant l’année par le groupe « ConviviaLitté », au CRM de l’IUT.


Bref, « c’est ça le théâtre ».

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Puis vint le temps des questions qui fâchent. Une hésitante question à propos des tarifs se fit entendre…


Mais il se trouve que le TNBA propose tout un ensemble de tarifs préférentiels. Pour les étudiants, pour les abonnés, pour les étudiants abonnés… La carte TNBA/Crous, par exemple, permet aux étudiants qui l’ont acquise de diviser le prix de leur billet quasiment par deux.

Ce fut sur ces bonnes nouvelles que la rencontre s’acheva. Juste le temps pour une observation de Malick, qui regrettait que le théâtre soit, en quasi-totalité, une affaire féminine…

De beaux spectacles en perspective pour cette saison, donc. Des tas d’idées pour (re)découvrir le théâtre… et des occasions, messieurs, de faire évoluer les statistiques.


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Lucie et Christophe, AS bibliothèques





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Published by Lucie et Christophe - dans théâtre
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