Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 07:00

Bordimages Jerome d aviau


 

 

 

 

 

 

 

 

 

CAPUCINE
Jérôme d’AVIAU
SIBYLLINE
Le Trop Grand Vide d’Alphonse Tabouret
Ankama éditions
collection Étincelle, 2010.







 

 

 

 

 

Paru aux éditions Ankama en septembre 2010 dans la collection « Étincelle », cet album est le résultat d’une collaboration et d’une amitié entre Sibylline et Jérôme d’Aviau.

Sibylline a été élevée très tôt dans le monde de la bande dessinée, elle doit d’ailleurs son nom au personnage de la série éponyme. Après quelques petits boulots elle entre dans l’édition, mais son envie de raconter des histoires ne la quitte pas. Sa rencontre avec Loïc Dauvillier lui permet de concrétiser ce projet en 2007 avec Nous n’irons plus ensemble au canal Saint-Martin. Cette œuvre réunit alors les dessins de François Ravard, Capucine et Jérôme D’Aviau. C’est avec ces deux derniers qu’elle nous livre ici une histoire touchante et tendre. Capucine apposa sa touche à l’ouvrage avec un travail sur le lettrage ; quant à Jérôme d’Aviau, il est certainement la source de ce projet. Lui aussi bercé par le monde de la bande dessinée, il s’y lance dès 2005 en tant que dessinateur. C’est son envie d’illustrer une histoire de Sibylline qui a permis la création, ou plutôt la naissance d’Alphonse Tabouret.



« Il était une fois cette fois-là » : Alphonse Tabouret
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Alphonse Tabouret est le héros de cette histoire émouvante et poétique. U n héros littéralement né de la dernière pluie qui se pose des questions sur son identité, son avenir, sur la  vie, tout simplement.

Simplement, peut-être pas tant que cela, car si les premiers temps  sont faciles en compagnie de Monsieur, qui lui apprend de drôles de rudiments, comme le ferait un parent, Alphonse va très vite se rendre compte que seul, la vie n’a pas beaucoup de sens. Oui, seul, car Monsieur est parti après une petite dispute avec Alphonse au sujet du partage…, sujet difficile quand on pense ne rien avoir à offrir.

La solitude, il la gère très bien dans les premiers temps, car se sentant enfin libre, il lui reste tout ou presque à découvrir. Mais très vite, Alphonse s’ennuie, il regrette la présence de Monsieur, le chagrin s’installe en lui et pour longtemps car « le chagrin du vide de tout, il est difficile à consoler. Surtout quand y a personne. Et que, ça c’est justement ce qui manque le plus. Mais qu’on ne le sait pas vraiment. »

 

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S’ensuit une longue quête de quelque chose, on ne sait pas quoi, lui non plus d’ailleurs. Quelque chose qui remplirait ce vide. Alphonse fait de nombreuses rencontres, des personnages étranges croisent son chemin. Son premier ami est dévoué, très impliqué, mais il ne s’agit en fait que de son reflet, Esnohpla, qui est pour lui un être à part entière.

Vous l’aurez compris, Alphonse est bien né de la dernière pluie, ce qui en fait un personnage maladroit mais touchant, un petit être naïf et tendre qui connaîtra la joie, l’enthousiasme, la déception, le doute, l’amour, la crainte…, bref, tous ces sentiments par lesquels nous passons sans cesse sans forcément nous en apercevoir. Aurions-nous avec le temps perdu de cette magie ou de cette innocence qui fait de chaque chose une découverte, qui multiplie chaque ressenti ?



Un livre pour la jeunesse…qui ne ferait pas de mal aux grands.

Si ce personnage est un jeune garçon qui, comme les enfants, doit faire face à tous les questionnements que pose la vie, Le trop grand vide d’Alphonse Tabouret n’en est pas moins un album à conseiller aux plus grands. L’histoire se prête encore à des questionnements d’adulte, à des sentiments qui sont ceux de toute personne mais que les plus alphonse_tabouret_narcisse-01.jpg âgées oublient parfois derrière l’expérience et le quotidien.

De plus, le ton et l’écrit parlent parfois bien plus aux adultes qu’aux plus jeunes. On y trouve des références aux mythes, avec Narcisse, ou encore l’admiration pour un astre si beau qu’il est suivi de tous. On y redécouvre surtout des expressions qui échapperont certainement aux enfants, mais aussi des références à l’entrée dans l’âge adulte avec notamment ces rencontres amoureuses qui demandaient tant d’efforts et de compromis, pour finir par une déception ou par la disparition des sentiments.



Et la forme dans tout cela ?

Si cet album est si touchant, c’est que l’illustration est aussi pure que son protagoniste. Le trait n’est pas très recherché comme dans d’autres réalisations de Jérôme d’Aviau mais il est fidèle à l’histoire et à son origine. Lors d’une interview, les deux auteurs confessent que tout a commencé grâce à un dessin gribouillé sur un bout de papier par Sibylline et par de petites phrases qu’elle écrivait à tout hasard. Jérôme a voulu lancer le projet plus loin et s’est approprié le trait pour faire naître Alphonse et cet univers.
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Le récit est donc porté par un dessin en noir et blanc qui donne une nouvelle ampleur et une certaine profondeur au trait. De plus, Jérôme d’Aviau recrée des atmosphères très différentes avec un dessin pourtant simple ; il joue notamment sur la densité des noirs et la brillance des contrastes.

Enfin, il s’agit d’une BD assez particulière, entre la bande dessinée et l’album jeunesse. En effet, il n’y a pas de bulles dans cette BD, l’illustration est sur un plan et la narration ainsi que les dialogues en dessous ou sur le côté. Ce procédé rappelle les origines mêmes de la bande dessinée, mais l’œuvre est aussi très innovante reprenant un aspect des dialogues virtuels sur les réseaux sociaux. Chaque énoncé d’un personnage est précédé par une représentation du personnage, une sorte d’émoticône qui nous indique à la fois qui parle et le sentiment du personnage.



Voici donc un livre qui donne à se souvenir autant qu’il offre à découvrir. Selon l’âge du lecteur, l’histoire prendra un sens différent ; selon l’histoire propre du lecteur son sentiment devant une situation du livre sera différent. Les enfants, eux, y trouveront une histoire tendre, ils peuvent s’identifier à ce personnage qui comme eux se questionne sur bon nombre d’aspect de la vie, notamment sur l’amour. Mais les adultes ont-ils bien les réponses ? L’apprentissage de la vie a-t-il une fin, finalement ? Comme l’écrivait Diderot « Est-ce que l’on sait où l’on va ? ». Ce qui est sûr c’est que l’album nous fait nous poser la question, et encore plus celle de savoir si il nous sera un jour possible d’y répondre. Mais je ne dévoilerai pas la fin.


Ambre, AS Bib.

 

 

Vous retrouverez Alphonse Tabouret et ses auteurs sur :

le site de l’éditeur :

http://www.ankama-editions.com/fr/catalog/books/125-trop-grand-vide-alphonse-tabouret.html

 

 

ainsi qu’une interview de Sibylline et Jérôme d’Aviau :

 http://www.ankama.com/fr/video-interviews/9607-sibylline-jerome-aviau

 

la bédéthèque :

 http://www.bedetheque.com/auteur-13169-BD-D-Aviau-Jerome.html

 http://www.bedetheque.com/auteur-14579-BD-Sibylline.html

 

le blog de Jérôme d’Aviau :

 http://jeromedaviau.com/WordPress/

 

Enfin vous pourrez compléter mon regard sur l’album avec d’autres articles de blog :

le blog de Mr Zombi :  http://mrzombi.over-blog.fr/article-le-trop-grand-vide-d-alphonse-tabouret-sibylline-d-aviau-capucine-65340285.html

le blog Vu des yeux d’OliBD :  http://alamagie-des-yeux-doli.over-blog.com/article-le-trop-grand-vide-d-alphonse-tabouret-84402165.html

le blog Une autre histoire de David Fournol : http://www.wmaker.net/fournoldavid/Le-trop-grand-vide-d-Alphonse-Tabouret_a72.html

 

 

Par Ambre - Publié dans : bande dessinée
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