Samedi 10 décembre 6 10 /12 /Déc 07:00

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Carlo GOLDONI
Baroufe à Chioggia, 1762.
Pièce en trois actes
traduite de l’italien
par Ginette Herry
Circé, 2001













 

 

Contexte littéraire de l’époque

Carlo-Goldoni-copie-1.jpg Carlo Goldoni est un dramaturge italien du XVIIIe siècle ; il est né à Venise en 1707, il y passera la moitié de sa vie avant de partir pour Paris où il mourra en 1793. Goldoni est connu pour sa réforme de la commedia dell'arte ; il écrit à cet égard un ouvrage pour expliquer sa théorie : Mémoires pour servir à l'histoire de ma vie et à celle de mon théâtre. L’idée de cette réforme se trouve davantage illustrée dans ses pièces. Il se rapproche du théâtre de Molière en s’intéressant au caractère des personnages, il se veut proche des attitudes de la vie quotidienne. Cependant, Goldoni ne tire pas de morale de ces pièces, il reste optimiste, et ne dépeint que le quotidien de la vie de bourgeois ou de gens du peuple mais jamais il ne s’aventure dans le monde controversé de la religion ; en cela il se démarque de son modèle, Molière.

Sa réforme interroge les comédiens et est détestée par le deuxième grand dramaturge italien de l’époque, Carlo Gozzi, qui lui aussi cherche à réformer la commedia dell arte en créant un nouveau genre théâtral la fiaba, mêlant fantastique et farce légère. Cette rivalité avec Carlo Gozzi pousse Carlo Goldoni à accepter l’invitation des Italiens de Paris à venir jouer dans cette ville. Même si il n’a pas le succès escompté, Carlo Goldoni se plaît à Paris.

Le dramaturge écrit ces pièces en vénitien, français et parfois, pour certaines, il utilise le dialecte de la population mise en scène, comme dans Baroufe à Chioggia où il reprend le langage propre à la communauté des pêcheurs de Chioggia.



Résumé de la pièce

Cinq femmes tricotant dans une rue de Chioggia attendent leur frère, leur mari ou leur fiancé partis pêcher en mer depuis dix mois. Dans ce petit groupe vient s’immiscer le jeune et fainéant Toffolo qui papillonne autour de deux jeunes femmes, Lucietta, sur le point de se marier, et Checca, encore une très jeune fille. Commencent alors les jalousies et commérages.
 
On annonce dès la première scène des mariages à venir, mais vont-ils se réaliser ou les futurs mariés vont-ils se laisser influencer par les mensonges et par les multiples disputes qui en découlent ?

 

 


port-de-chioggia.jpgLe port de Chioggia

Peinture d’une communauté de pêcheurs
 
Goldoni attache de l’importance au réalisme de ses pièces, il part d’éléments concrets qu’il a pu observer. En effet, dans sa jeunesse Goldoni a eu un poste dans l’administration juridique de Chioggia ; c’est de cette expérience et de ses observations plus récentes que naît la description de la société chiozzotte dans Baroufe à Chioggia. Il peint des femmes hautes en couleurs ; elles mentent, crient, se disputent, et sont jalouses :

 « LUCIETTA, à part à Toffolo. Donnez, mais oui. En montrant Checca. Pour la faire endêver celle-là. »

 Elles sont tantôt aimables, aimantes, et tantôt vulgaires, médisantes :

« LUCIETTA. Cette petite garce d’Orsetta et l’autre chipie de Checca, comment elles s’en sont prises à nous. »
 
Il dresse aussi un portrait des pêcheurs de Chioggia rentrant chez eux après dix mois passés en mer ; les patriarches sont plutôt calmes, tandis que les jeunes hommes sont plein de fougue et prêts pour la bagarre. Ils sont un peu niais, et se laissent influencer par leurs femmes.

Le monde de la justice est également présent au travers du substitut du chancelier Isidoro, qui pourrait être le jeune Goldoni qui s’exprime. C’est un personnage important qui « aime les gens » et arrange leurs affaires. Il fait avancer la situation dans la pièce.
 
C’est une comédie au rythme vif, égayée par le comique de mots, les expressions populaires comme « bon sang d’bois », l’accent des Chiozzotte et les surnoms des personnages. Le personnage de Patron Fortunato prête à rire par son fort accent :

« FORTUNATO. Q’s’qu’vous êtes venues bavaser ? »

Les situations comiques s’enchaînent, avec des quiproquos, des bagarres…
 


Mot de la fin

Cette comédie de caractère, caractéristique de l’œuvre de Carlo Goldoni, met en scène avec réalisme une population de pêcheurs. Une pièce dynamique et pleine d’entrain qui donne envie de la voir sur scène. Car le théâtre ? c’est surtout une affaire de représentation, d’oralité, de spectacle. Le TnBA a proposé la semaine du 22 au 27 novembre une représentation très moderne de la pièce de Goldoni, Baroufs, mise en scène par Frédéric Maragnani. Voir le compte rendu de Joanna.


Charlotte, AS Bib.

 


Par Charlotte - Publié dans : théâtre
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