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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 07:00

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Carlos Ruiz ZAFÓN
L'Ombre du vent
La sombra del viento
 traduit de l'espagnol

par François Maspero
Grasset et Fasquelle, 2004

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’auteur


Biographie  ici.


Résumé

Dans la Barcelone de 1945, un garçon de 11 ans n'arrive plus à se souvenir du visage de sa mère. Ainsi débute le roman. Le père du jeune garçon narrateur, Sempere, le conduit alors dans un endroit secret : Le cimetière des livres oubliés. Il se trouve dans un vieil hôtel et a échappé à la censure de la guerre. Daniel y adopte, comme chaque personne qui y vient, un livre trouvé dans le labyrinthe des rayonnages. C'est ainsi qu'il découvre l'Ombre du vent de Julian Carax.

Sitôt rentré chez lui, il se plonge dans la lecture du roman et ne s'arrêtera qu'une fois qu'elle sera achevée.

Ce livre le fascine et très vite il demande à son père, libraire de la rue Santa Ana des informations sur son auteur. Celui-ci n'en a jamais entendu parler, ils se rendent donc au café el Quatre Gats où ont l'habitude de se réunir quelques rêveurs et un certain Gustavo Barcelo. Gustavo est prêt à offrir un bon prix pour le livre de Daniel mais celui-ci rétorque qu'il n'est pas à vendre et c'est ainsi que commence leur amitié. Daniel va apprendre à connaître Carax grâce à la nièce de Gustavo qui lui apprend qu'un individu sillonne les villes pour brûler ses livres.

Petit à petit, Daniel se lance donc sur les traces de Carax, mais celui-ci semble avoir disparu … Il discute avec quelques personnes qui l'ont connu à l'époque où il était au collège San Gabriel, puis des personnes qu'il a côtoyées ensuite. Son enquête est assez bien représentée par cette phrase : « les raisons de dire la vérité sont limitées, mais le nombre de celles qui vous poussent à mentir sont infinies » .

En parallèle de cette enquête s'en trouve une autre plus sombre ; l'inspecteur Fumero semble rechercher Fermìn Romero de Torres qui aide Daniel et son père à la librairie. Cet agent sinistre ne croit en rien. Il est soupçonné d'avoir été tueur à gages et mêlé du temps de la guerre civile à des affaires de torture aux côtés des fascistes. Sur la fin du conflit, il rejoint les anarchistes et enfin intègre la police. Il est également lié à l'enquête principale puisqu'il était le fils frustré du concierge du lycée où étudiaient Carax et ses amis.

À travers ses aventures, Daniel semble mener sa vie en parallèle de celle de Julian une trentaine d'années plus tard.


Les personnages

 
L'attrait et la richesse de l'œuvre sont en partie dus aux caractères et aux milieux sociaux des personnages.

Daniel et son père : Ils vivent dans un petit appartement dans la rue Santa Ana au dessus de la librairie. De condition assez modeste, ils ont cependant de quoi subvenir à leurs besoins. « La seule mention de la somme fit fuir toute couleur de son visage, mais moi j'en fus définitivement ébloui. […] Le stylo Montblanc de l'auguste Victor Hugo devrait attendre. »

Barcelo et Clara : Ils vivent dans une villa cossue : l'Ateneo. Clara est la nièce de Barcelo, elle est aveugle, c'est pourquoi Daniel viendra lui lire des livres : « Ce livre m'a appris que lire pouvait me faire vivre plus intensément, me rendre la vue que j'ai perdue. ». Barcelo est un personnage de caractère un peu arrogant : il se donne des grands airs avec sa pipe qu'il bourre souvent mais qu'il n'allume cependant presque jamais. Il a tout de même un grand cœur. « – J'ai confiance en vous, affirmai-je. – Ne dis pas de bêtises. Le dernier quidam qui m'a dit ça […], je lui ai vendu un Font-aux-cabres avec une dédicace au stylo de Lope de Varga […], alors tu ferais bien d'ouvrir l'œil, parce que dans le commerce des livres on doit se méfier de tout, même d'une table des matières. »

Fermìn Romero de Torres : Il a rencontré Daniel par hasard alors qu'il n'avait plus ni maison ni travail. Il n'a pas sa langue dans sa poche et c'est notamment ce qui allège l'ambiance. « Il faut toujours que les gens qui n'ont pas de vie se mêlent de celles des autres. » ; « Écoutez Merceditas, c'est bien parce que je vous considère comme une bonne personne (même si vous êtes un peu limitée côté intelligence et et d'une ignorance crasse) et parce que nous devons mobiliser tous nos efforts face à une urgence sociale prioritaire dans le quartier, sinon je vous aurais éclairée sur quelques points importants. » Il est intelligent et semble posséder des qualités d'enquêteur hors du commun. Il est aussi philosophe dans l'âme : « Le destin attend toujours au coin de la rue. Comme un voyou, une pute ou un vendeur de loterie : ses trois incarnations favorites. Mais il ne vient pas vous démarcher à domicile. Il faut aller à sa rencontre. »

« – Mais que faites vous ici, malheureux ? Ne deviez vous pas garder le repos ? – J'ai laissé le repos se garder tout seul, je suis un homme d'action. »

Julian : Il est décrit à travers ceux qui se sont attachés à lui : Nuria son amante, Fernando un ami d'enfance, Jacinta la nourrice de celle qu'il a aimée passionnément.

L'inspecteur Fumero : C'est le type même de l'opportuniste sans foi ni loi. Il est de plus en plus craint au fil des années de guerre. « Durán était tombé du cinquième étage et s'était écrasé en répandant une rosace de viscères. […] Fier de lui succéder à son poste, Fumero savait qu'il avait bien fait de le pousser, car Durán se faisait vieux pour ce travail. Les vieux – comme les infirmes, les gitans et les pédés –, avec ou sans tonus musculaire donnaient à Fumero des envies de vomir ».

Barcelone : Personnifiée à maintes reprises, cette ville est un mystère : « Jacinta sut dès le premier jour que cette ville était une femme, vaniteuse et cruelle ; elle apprit à la craindre et ne jamais le regarder dans les yeux. ».

Bea : Elle est la sœur du meilleur ami de Daniel et celui-ci s'en est épris. « Je passais le samedi dans les transes, derrière le comptoir de la librairie, en espérant à chaque instant voir Bea apparaître comme par enchantement. » ; « Et pour Beatriz, qui nous a rendu à tous deux la vie. »

Il y a beaucoup de dialogues dans le texte mais grâce aux caractères des personnages, il est impossible de se tromper quant à celui qui parle. Chacun a un style différent et un niveau de langue bien à lui. L'enquête est palpitante grâce à un scénario parfaitement orchestré.

La trame de l'histoire est plutôt tragique dans les rues d'une vieille Barcelone mais les personnages rendent le récit plus léger et poétique dans cette sombre période …

La dernière page est une répétition de la premièr e: la boucle est bouclée … On est prêt à recommencer !


M.L., 1ère année Bib-Méd.

 

 


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commentaires

Luna 29/03/2011 10:55


J'adore ce livre, c'est l'un de mes préférés si ce n'est pas mon livre préféré !
(d'ailleurs je suis un peu inquiète... Je l'avais passé à mon copain et j'ai rompu il y a peu de temps et je n'ai toujours pas mon livre. J'espère que je vais le récupérer !)

Joli article, je reviendrais ;)
Bonne continuation !!


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