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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 19:00
Catel et Bocquet Kiki de Montparnasse












CATEL et José-Louis BOCQUET
Kiki de Montparnasse

Casterman, 2007
Collection Ecritures

















Cette bande dessinée est une biographie illustrée de Kiki, de son vrai nom Alice Prin. Elle nous plonge dans le Paris des années folles et dresse un magnifique portrait de celle qui fut surnommée la « Reine de Montparnasse ».

Les auteurs Catel Muller et José-Louis Bocquet (respectivement au dessin et au scénario) ont choisi de présenter la vie de Kiki de façon linéaire. Ainsi, la première partie de la biographie commence par sa naissance en 1901. Dès ses premiers instants, les ennuis commencent : son père est absent, sa mère l’abandonne peu de temps après sa venue au monde. C’est sa grand-mère qui l’élève dans une grande pauvreté.
KikiDeMontparnasse_planche.jpg
Malgré les difficultés, Alice a envie d’en découdre avec la vie. Un des traits marquants de sa personnalité est que dès sa jeunesse et durant toute son existence, Kiki est très en avance sur son temps : des rêves elle en a plein et une envie plus que furieuse de les réaliser.
 

Alors qu’elle n’a que douze ans, elle gagne Paris pour rejoindre sa mère qui, bien qu’elle l’ait toujours rejetée, souhaite faire d’Alice une femme respectable. C’est sans compter sur la forte personnalité de la jeune Alice qui aspire à une vie plus pimentée. Et du piment il y en a dès son arrivée à la capitale. Avide de vivre sa vie comme elle l’entend, elle devient modèle et pose nue pour les peintres à seize ans. Ce métier, considéré comme dégradant et souvent assimilé à celui de prostituée, lui permet pourtant de se faire un nom : Kiki.

C’est grâce à son caractère en total décalage avec son époque qu’elle devient la muse des artistes les plus cotés de l’époque. Elle pose par exemple pour Soutine, Modigliani, Foujita, Kisling. A travers les aventures qu’elle a avec certains de ces peintres, le lecteur découvre avec elle le Montparnasse des années folles. Une des rencontres les plus marquantes de sa vie est celle qu’elle fait en 1921 lorsqu’elle elle devient la maîtresse du photographe Man Ray. C’est lui qui l’immortalise dans la célèbre photographie la représentant en violon d’Ingres, repris sur la couverture. C’est grâce à Man Ray qu’elle rencontre les dadas comme Tristan Tzara ou Francis Picabia, puis les surréalistes comme Paul Eluard ou André Breton qui apparaissent au fil des pages.

« Vous l’appelez Kiki ? Ce sobriquet n’est pas celui d’une dame… C’est son nom d’artiste » (p.259). Car Kiki est avant tout une artiste complète. Ces peintures sont exposées en 1927 au Sacre du printemps. Elle tourne un film à Hollywood dans les studios de la Paramount, grâce à son amant américain du moment. Mais surtout, à  partir de 1928, elle se produit dans le cabaret Le Bœuf sur le toit où elle chante tous les soirs des chansons grivoises, sur des textes d’Apollinaire entre autres.

Toutes ces expériences lui permettent d’écrire ses mémoires préfacés par Ernest Hemingway en 1929, mais la publication est censurée aux Etats-Unis. Elle ouvre son propre cabaret en 1936, le Babel.

Kiki est donc avant tout une femme d’excès. A New York, elle boit malgré la prohibition. Pour avoir insulté un agent, Kiki est incarcérée à la prison de Marseille. Elle goûte à l’opium avec Jean Cocteau. Tous ces déboires font d’elle un personnage vraiment intéressant, mais ils causeront à terme sa mort en 1953.
Kiki--par-Man-Ray.jpg

C’est ce parcours hors normes que racontent les auteurs dans une B.D. très réussie de plus de 300 pages. Pour ma part, je ne connaissais de Kiki que la photo la représentant en violon d’Ingres. En effet, j’ai d’abord emprunté ce livre pour la couverture. Dans un second temps, j’ai été légèrement déçue par le dessin noir et blanc, un peu grossier parfois, alors que l’histoire fait de nombreuses références aux peintres. On aurait aimé un style plus fin et surtout de la couleur. Mais après avoir effectué des recherches sur Kiki, on comprend mieux pourquoi Catel a choisi ce style. En effet, la dessinatrice s’est largement inspirée des dessins réels de Kiki pour créer sa BD. Quant aux dialogues, de José-Louis Bocquet, ils sont remarquablement fidèles à l’image que l’on a de Kiki : ils oscillent entre grande poésie et vulgarité. Il faut également souligner la présence d’une chronologie et de notices biographiques qui complètent judicieusement le récit.


Ce travail de reconstitution si fidèle au personnage de Kiki a valu entre autres à l’album le Prix essentiel du public à Angoulême en 2008.

Céline, A.S Bib.

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Published by Céline - dans bande dessinée
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Murielle Levy 12/02/2010 10:22


Bonjour,

Je me permets de vous contacter car j'ai vu que nous avions un point d'intérêt commun : le peintre Chaïm Soutine.

Après trois ans de recherches à travers toute l'Europe, auprès de personnes l'ayant connu et de collectionneurs, etc, j'ai produit un film documentaire qui relate son parcours, son oeuvre.
Il s'agit du seul film à l'heure actuelle traitant de cet artiste fascinant.
Le documentaire "Chaïm Soutine" est disponible à la vente au format DVD au tarif de 25 euros, frais de port compris pour la France métropolitaine (30 euros hors Métropole) =>
http://www.lesproductionsdugolem.com/soutine/?lang=fr
Si vous désirez l'acquérir, merci de me faire parvenir votre règlement par chèque à l'ordre de "Les Productions du Golem", à l'adresse suivante :

Les Productions du Golem
24 rue La Bruyère
75009 Paris


Merci et à très bientôt,



Murielle Levy
Tél. : 01 43 15 08 03


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