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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 07:00

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Cécile COULON
Le roi n’a pas sommeil
Viviane Hamy, 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Biographie

Cécile Coulon est une jeune auteure française, née en 1990 à Clermont-Ferrand. Son premier roman, Le voleur de vie, a été publié en 2007 aux éditions Revoir, une maison d’édition qui publie des auteurs ou des œuvres rattachés à l’Auvergne. En 2010, elle est publiée aux éditions Viviane Hamy avec Méfiez-vous des enfants sages, puis en 2012 avec Le roi n’a pas sommeil, qui est donc son troisième roman. Grâce à ce dernier ouvrage, elle reçoit le 15 novembre 2012 le prix « Mauvais genres » dans la catégorie « fiction », décerné par France Culture et le Nouvel Obs. Elle reçoit aussi le prix « Coup de foudre » pour le même livre, lors du festival des Vendanges littéraires de la ville de Rivesaltes.

 http://www.viviane-hamy.fr/les-auteurs/article/cecile-coulon
 http://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%A9cile_Coulon



Aperçu de l’œuvre

Le roman de Cécile Coulon nous plonge dans une « Amérique » des années 30, dans laquelle se déroule l’histoire de Thomas Hogan, fils de Mary et William Hogan. Thomas essaie laborieusement de se positionner en tant qu’individu dans une société où son héritage familial représente l’unique chose le définissant depuis la mort de son père. L’itinéraire qu’a pris son père dans le passé représente un danger aux yeux de la mère. Elle regarde son fils grandir dans la peur d’y entrevoir l’image de l’homme qu’elle a aimé mais qui a changé inexorablement au fil du temps, dans ce petit village de campagne.

L’atmosphère qui se dégage du roman est particulière, elle oscille entre la fraîcheur incarnée par la présence de la forêt et l’air vicié associé au village dans lequel évoluent les personnages. Il s’agit d’un village replié sur lui-même, dont les habitants semblent vivre en autarcie, tout en gravitant autour de la recherche désespérée d’un bonheur incertain. Un bonheur dont la fragile constitution s’observe d’un œil soucieux d’en protéger les fruits, comme si le simple fait de tourner une page pouvait faire s’écrouler toute la vie accumulée d’un fils et de sa mère dont l’histoire passée menace encore et toujours leur équilibre.



Extrait de la quatrième de couverture

 

« Ce que personne n'a jamais su, ce mystère dont on ne parlait pas le dimanche après le match, cette sensation que les vieilles tentaient de décortiquer le soir, enfouies sous les draps, cette horreur planquée derrière chaque phrase, chaque geste, couverte par les capsules de soda, tachée par la moutarde des hot-dogs vendus avant les concerts ; cette peur insupportable, étouffée par les familles, les chauffeurs de bus et les prostituées, ce que personne n'a pu savoir, c'est ce que Thomas avait ressenti quand le flic aux cheveux gras lui avait passé les bracelets, en serrant si fort son poignet que le sang avait giclé sur la manche de sa chemise. »

 

 

 

Thèmes et personnages

Thomas Hogan, le personnage principal, illustre le thème central du livre : la transition de l’adolescence à l’âge adulte. C’est un thème récurrent dans la littérature ; pourtant l’auteure le transpose dans une atmosphère si singulière que cela lui confère une certaine authenticité et non pas une impression de « déjà vu ». Ce thème est intimement lié à la fatalité flottante qui imprègne tout le roman ; Thomas semble voué à la « reproduction sociale » mais pas seulement ; l’histoire de son père fait violemment écho à la difficulté de devenir un homme, dans un endroit donné et selon des normes spécifiques.

La fatalité s’érige alors comme un élément prépondérant dans l’œuvre, elle s’associe à tous les efforts vains de Thomas et affecte tous les habitants du village ; on l’entrevoit dans les différentes anecdotes sur les villageois, elle n’épargne personne et scelle la vie de Thomas ainsi que celle du village.

Par ailleurs, un « personnage » important prend place aux côtés de Thomas tout au long du récit, c’est sa maison. Elle est témoin des grandes étapes de la vie des personnages et rythme leur évolution. Sa présence est duelle, elle apporte à la fois réconfort et protection mais elle incarne aussi les affres du passé : la maison se souvient et fait rappel des événements qui furent bien vite oubliés.



Avis personnel

Le roman de Cécile Coulon, nous fait voyager dans les multiples métaphores qui stimulent l’imagination du lecteur, les musiques qui rythment les différents épisodes de la vie de Thomas et contribuent à faire de ce roman une œuvre complète. Cécile Coulon a du talent, elle ne s’ajoute pas à la liste infinie de ces jeunes auteurs qui parlent de leur génération, mais surprend par le choix du contexte dans lequel se déroule une histoire hors normes. Elle explique d’ailleurs très bien cela, lors d’un entretien à France Culture le 17 janvier 2012 (émission « Un autre jour est possible »), où elle dit qu’elle n’a « pas assez de recul pour parler de [s]on pays, [s]a génération », elle choisit donc « un ailleurs qu’on ne puisse pas vraiment nommer » comme cadre  à l’élaboration de son roman. Je trouve personnellement ce choix judicieux, cela donne au récit une dimension intemporelle et sans prétention. Cécile Coulon, est selon moi une créatrice à part entière dont j’aimerai suivre l’évolution car elle m’a transportée avec virtuosité dans un univers étrangement cohérent.

Lien vers l’émission : http://www.franceculture.fr/emission-un-autre-jour-est-possible-une-histoire-de-l-amour-le-roi-n-a-pas-sommeil-roman-2012-01-17

 

 

Cécile, 1ère année bibliothèques-médiathèques

 

 

 


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