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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 07:00

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Cees NOOTEBOOM
La nuit viennent les renards
traduit du néerlandais
par Philippe Noble
Collection Lettres Néerlandaises
éditions Actes Sud, 2011

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Brève biographie

Cees Nooteboom, de son vrai nom Cornelius Nooteboom, est né en 1933 à La Haye. Écrivain reconnu pour ses oeuvres hétéroclites (essais, nouvelles, romans, poèmes), il exerce également la profession de journaliste. Cet auteur dont l’oeuvre est qualifiée d’inclassable, aborde des thèmes récurrents tels que sur l’art, l’amour… La condition humaine tient aussi une place centrale dans ses écrits, avec l’évocation du rapport à la mort, aux souvenirs. La perception est également remise en cause, la réalité se mêle à la fiction, l’espace et le temps perdent pied pour entraîner le lecteur dans un univers plus proche de « l’indicible ».

Pour plus d’informations sur l’auteur :
 http://fr.wikipedia.org/wiki/Cees_Nooteboom



Le recueil

Constitué de huit nouvelles, le recueil lie les récits par le thème de la mort, du souvenir mais aussi de l’absence. Chacune des nouvelles aborde la mort de manière différente, toujours selon le point de vue d’un personnage et dans un contexte particulier. Elle y est représentée tantôt brutalement : un couple assistant au décès d’un homme frappé par la foudre (« Orages »), ou « poétisée », en dehors de la réalité : un homme adressant ses pensées à une défunte amie qui lui répondra dans la suivante (« Paula » et « Paula II »). La dernière nouvelle, « Le point extrême » conte la traversée d’une jeune fille le long des côtes d’une île, en pleine tempête. La mort de son père est évoquée presque succinctement, le récit s’attarde sur la traversée elle-même, il décrit le paysage et les vents, la jeune fille ses pensées. Finalement, le coeur du sujet ne serait pas la mort mais ce qui en découle pour nous les vivants mais aussi pour les plus concernés. Comme les histoires se suivent et ne se ressemblent pas, la perception du souvenir, de la mort et du manque change aussi. Les nouvelles ne reflètent pas la gravité et ne laissent pas d’impression morbide, ce sont avant tout des histoires mélancoliques entre souvenirs et observations, critiquant même à quelques reprises la société. Cees Nooteboom accorde également une place à l’art dans ses différents médiums ; ainsi, la photo devient un élément clé de certains récits, de même que la sculpture dans « Orages » ou la peinture dans « Gondoles ».



Présentation d’une nouvelle : « Heinz »

Le narrateur de cette nouvelle commence par décrire une photo. Écrivain/journaliste de profession, il est hollandais. La photo représente un groupe de personnes, le narrateur feint de ne pas les connaître. Il cherche alors à percer leurs mystères, mais rien ne transparait, si ce n’est quelques évidences. Il finit par y renoncer et commence alors « son histoire sans récit » (dixit le narrateur). Nous voilà donc face à un groupe d’amis, dont il fait partie ; la photo date et a été prise en Italie sur la côte ligure. L’histoire s’attarde sur Heinz, un ami néerlandais, habitant cette même côte italienne, avec sa seconde femme, Molly, d’origine anglaise. Ce nouveau personnage est vite dépeint : diplomate/alcoolique/fan de plongée. Le narrateur en vient à se remémorer les anecdotes de leur amitié. Heinz apparaît comme un mystère et il lui reconnaît une mélancolie noyée par l’alcool et cachée par une réelle gaieté. Il s’interroge alors sur la raison de cet état et cherche des réponses du côté d’Arielle, la première femme de Heinz. Il semble finalement que l’homme ne se soit jamais remis du décès d’Arielle. Puis, il conte également les derniers temps de son ami, malade à cause de l’alcool et obsédé par l’idée de partir à Tonga. Il est en réalité en Italie dépérissant de jour en jour, sa femme rentrée en Angleterre, il reste seul, incapable de partir où que ce soit. Une colombe se pose sur son balcon et reste près de lui jusqu’à sa mort et quelques jours après.

Finalement l’auteur en apprend plus sur Arielle après le décès de Heinz par une des amies présentes sur photographie. Aucun des amis ne connaissait réellement Arielle, qui semblait presque cachée par Heinz.

Dans cette nouvelle, le narrateur exprime la volonté de ne pas parler de drame ; pour cela il supprime l’unité de temps, de lieu et d’action. Il évoque alors des idées qui s’entremêlent, se faisant écho tout au long de l’histoire : l’analyse de la photographie comme image impénétrable se répète avec l’image d’Arielle, les souvenirs s’enchâssent dans l’histoire ainsi que les mystères. La mort, tenant une place centrale dans le récit est finalement brouillée par une ambiance mélancolique et fluide, comme échappée d’une pensée interrompue. L’univers grave et complexe devient alors très aérien, jusqu’au paysage : océans, vagues se brisant sur les rochers… Ainsi, la présence de la mort n’en fait pas un drame, il s’agit plutôt, comme le répète le narrateur de « regarde[r] les formes que prend la vie quand elle se décompose ».


Léa, 1ère année édition-librairie

 

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Published by Léa - dans Nouvelle
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