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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 07:00

Celine-Csse-pipe-2.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Louis Ferdinand Destouches dit CÉLINE,
Casse-pipe
suivi du Carnet du cuirassier Destouches
Gallimard NRF, 1970

Folio, 1975

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans Casse-pipe on touche à la quintessence de l'écriture saccagée de Céline ; phrases hachées, ponctuation furibarde, et surtout une langue délicieusement verte. En une centaine de pages, l'auteur de Voyage au bout de la nuit et de Mort à crédit (pour ne citer que ces deux œuvres majeures) dépasse ses excès passés.

Cette nouvelle est presque entièrement bâtie d'interjections décousues et abominables parfois commentées acidement par le narrateur.

Il nous brosse un tableau brut, une véritable "croûte" : point de description construite ici ; les personnages, les lieux, les actions, tout est entr’aperçu au travers de ces cris quasi incompréhensibles pour qui n'est pas familier de l'écriture de Céline ; cris bestiaux teintés de haine, de peur et de paresse.

"Ah !... Vous !... Dix heures !... Ah !... Ma... Maaa !... Hoe !..."

Et c'est une peinture de l'armée que l'on a devant les yeux, de l'antiépique saignant, on ne retient que bruit, crasse, puanteur et alcoolisme.

Céline ne nous offre aucun répit, ce n'est pas une descente aux enfers car l’enfer y est tout entier, du début à la fin. On ne sait ce qui est le pire des marches forcées désordonnées sous une pluie battante ou les arrêts dans des lieux confinés dans la sueur et la fumée, entouré de chevaux mal dressés et de leur crottin. L'horreur est partout et à chaque instant.

 
On peut évoquer la scène de l'écurie (on pense tout de suite aux écuries d'Augias) où les soldats du dix-septième cuirassiers de cavalerie lourde sont vautrés les uns sur les autres, emmêlés et étouffant dans le fumier, avinés et s'insultant, se piquant maladroitement de leurs armures encombrantes et inutiles.

 
C'est là le manifeste antimilitariste de Louis Ferdinand, conséquence d'un réel engagement le 28 septembre 1912 dans le douzième régiment (qui devient le dix-septième dans Casse-pipe) décrit avec désespoir dans le Carnet du cuirassier Destouches. Ce carnet incomplet recense des pensées sur l'armée, les comportements des soldats, son incompréhension de la hiérarchie et son désir de désertion qui se ressentiront dans Casse-pipe.

 

 

Clément, A.S. Éd.-Lib.

 

 

CÉLINE sur LITTEXPRESS

 

CELINE001.jpg

 

 

 

 

Article de Florent sur D'un château l'autre.

 

 

 

 

 

 


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