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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 07:00

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Charles BUKOWSKI

Contes de la folie ordinaire

traduction de Léon Mercadet

Grasset, 1982

Livre de poche, 2000

 

 

 

 

 

 

Articles de Clément et d’Alexis

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1. Fiche de lecture de Clément

 

 

 

« Je retourne aux putes, aux bourrins et au scotch, pendant qu’il est encore temps. Si j’y risque autant ma peau, il me paraît moins grave de causer sa propre mort que celle des autres, qu’on nous sert enrobée de baratin sur la Liberté, la Démocratie et l’Humanité, et tout un tas de merdes. »

 

Personne ne parle vraiment mieux de Bukowski que lui-même.

Mais comprendre sa vie, c’est un peu comprendre son œuvre.

Charles Bukowski est né le 16 août 1920 à Andernach en Allemagne. A 3 ans, ses parents décident d’émigrer aux Etats-Unis dans un contexte de crise économique.

Il est le fils unique d’une famille où règne la violence d’un père alcoolique et sans emplois fixes et la passivité d’une mère qui le laisse à l’abandon. Il passe son enfance à errer dans les rues avec ses amis et devient une petite frappe de quartier effectuant de menus larcins.

Son adolescence est très difficile, il est coincé dans une famille qu’il rejette mais surtout dans un corps qu’il ne supporte pas (il développe une forme très violente d’acné, qui le pousse à passer plusieurs jours à l’hôpital pour se faire percer les boutons avec une aiguille). Il est profondément marqué car il se considérait comme un monstre, se forgeant dès cette époque une image de marginal. C’est aussi durant cette période qu’il va trouver son meilleur et son pire ami à la fois : l’alcool. 

Mais c’est aussi un jeune adulte qui est profondément passionné par la littérature et la poésie, par la puissance du mot et de la formule. Il s’identifie à Bandini, le héros de John Fante, qu’il considère d’ailleurs comme un maître, une de ses principales influences voire la source de son envie d’écrire ; il dévore aussi Henry Miller. 

Il quitte le domicilie familial à 16 ans après une ultime bagarre avec son père et commence alors sa vraie vie de marginal, alternant les petits boulot alimentaires (ouvrier dans des usines, ouvrier agricole, postier) pour payer ses chambres de motels minables et crasseuses, trimbalant sa carcasse de cuite en cuite, de coup d’un soir en coup d’un soir, une vie de débauche, une chute libre permanente où l’écriture est à la fois le moyen de se raccrocher à quelque chose mais aussi une fin, car « il ne savait faire que ça ».

 

C’est cette vie-là, que Bukowski nous peint dans Les contes de la folie ordinaire, un recueil de vingt nouvelles de 189 pages, publiées pour la première fois en 1972 mais seulement quatre ans plus tard en France.

Notez que le titre original est : Erection, ejaculation, exhibitions and genral tales of ordinary madness. Titre qu’il n’est pas nécessaire de traduire…

 

Vingt nouvelles comme vingt balles d’un vieux colt américain.

Et une question en filigrane : qu’est-ce que la folie ordinaire ? Le génie de Bukowski dans cette œuvre, c’est de nous démontrer qu’on peut (qu’on doit) associer ces deux termes par essence opposés. Car pour lui la folie réside dans le quotidien, dans nos actes de tous les jours.

C’est d’abord la folie d’une société qu’il n’a que trop bien comprise. Celle qui fait sauter des mecs du toit du motel parce qu’ils ont plus rien d’autre à faire.

« L’hôtel est rempli de gens comme nous, ils boivent, ils baisent, ils ne savent pas quoi foutre. »

Celle des marginaux qu’il côtoie, des paumés de la vie qu’il s’amuse à nous décrire. La folie d’exister, la folie qui ne mène nulle part.

Quand on lit Bukowski, on a l’impression que la vie (sa vie), peut se résumer à « être sur un tapis roulant » : on y est et il avance. On se sait pas très bien où et au final pourquoi s’en soucier vu qu’il nous y amène… Et surtout on ne cherche jamais à en descendre, à s’affranchir, à dépasser cette réalité.

Il brosse un portrait au vitriol de la société américaine mais ne s’engage jamais dans un courant politique et répond aux personnes qui s’interrogeraient : « La politique est l’art d’enculer les mouches ».

C’est aussi la folie des sentiments. Car Bukowski est un peu comme une plaie ouverte sur laquelle on s’amuserait à frotter du sel. Sous ses abords de vieil ours mal léché se cache en réalité un être sensible, trop sensible peut-être, qui pour se prémunir de sa souffrance, plonge dans une déchéance éthylique impressionnante.

Au final, la vraie folie, c’est avant tout celle de Bukowski. Il est son meilleur personnage : il se met en scène dans quasiment toutes ses nouvelles. Et si ce n’est pas sous ses traits, c’est sous ceux de ses avatars, Buck, Hank ou encore Henry Markson dans « Le petit ramoneur ».

Et quel personnage que ce Bukowski ! Un vieil alcoolo lubrique, poète raté ou incompris (si ce n’est par les beatniks qu’il déteste), qui survit grâce à de petits boulots, et qui flingue avec sa plume tout ce qui bouge et surtout ce qui ne bouge pas.

Dans sa machine à écrire, de l’acide et non de l’encre. Dans son estomac, du vin, du whisky et de la bière. Dans sa tête…mieux ne vaut pas trop y entrer sous peine d’en sortir choqué à vie !

 

Bukowski fait du Bukowski et il le fait bien.

Il a son propre style, empreint d’une très grande oralité. Il écrit ses mots comme il les pense et panse ses maux en écrivant.

Il use de phrases courtes, où l’action prime. Il nous emmène avec lui dans sa chute : on tombe à côté de lui, en même temps, voire dans ses pensées. Avec lui, le superflu n’a pas lieu d’être : pas de longues descriptions inutiles. Il frappe vite, est précis et fait mouche à chaque phrase.

Ses détracteurs lui reprochent souvent d’être trop vulgaire, de ne penser « qu’à ça », peut-être n’ont-ils pas tort. Mais en employant des termes aussi crus, Bukowski capte aussi son lecteur dans ses bas instincts, révèle en nous le côté voyeur que nous tentons tous d’enfermer au plus profond de nous.

Plus on lit Bukowski, plus on a envie connaître la suite, de savoir s’il va continuer à tomber, combien de bouteilles de bière il va descendre et qui va se retrouver dans son lit…

Alors il dérange, dégoûte, insupporte mais quel génie ! Et quelle poésie : à la fois chaude, brûlante, drôle, pétrie d’humour noir, corrosive parce qu’ancrée dans le réel.

 

Je me suis posé la question de savoir si ses récits étaient autobiographiques, deux sentiments contradictoires m’ont alors animé : en premier lieu j’ai été fasciné par une telle vie, j’ai eu envie d’y croire. Car même si elle n’a pas toujours été toujours belle à voir, Bukowski aura eu une vie bien plus palpitante que la plupart de ses lecteurs qui se délectent  encore de ses mésaventures bien au chaud sur leur canapé.

Et puis dans un deuxième temps, on se dit que ce n’est pas possible, que ça va trop loin pour être vrai, qu’aucun foie normalement constitué ne peut résister à de tels assauts, qu’aucun esprit sain n’arriverait à tenir. On est partagé entre l’envie de fermer le livre en disant « ça suffit ! » et la tentation de continuer.

J’ai compris un peu mieux l’auteur lorsque j’ai lu cette interview de Bukowski, où, quand on lui posa la question de savoir si boire autant n’était pas une folie, il répondit que respirer en était une.

 

En conclusion, on peut dire qu’avec Bukowski c’est un peu tout ou rien, on adore ou on déteste. Mais dans tous les cas ça ne laisse jamais indifférent.

 

Clément Khayat, A.S. Bib

 

 

 

 


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2. Fiche de lecture d’Alexis

 

 

Présentation du livre

« Contes de la folie ordinaire », à quoi pourrait-on penser en entendant ce titre ? Des gens ordinaires qui deviennent fous à la suite d’un événement comme une rupture, un licenciement ou un accident ? C’est la prémonition que j’ai eue en découvrant le livre. J’ai vite changé d’avis.

Voici le quatrième de couverture qui est un extrait de la préface.

« Toutes les histoires de Bukowski sont aussi vraies qu’infectes et, en cela, font honneur à la littérature : il raconte ce que les autres enjolivent et dissimulent. Le sexisme, la misère du quotidien, la violence et les sentiments de ceux qui se curent le nez. C’est pour ça qu’il gêne : il parle à tout le monde. »
Jean-François Bizot

Contes de la folie ordinaire est un recueil de 20 nouvelles écrites entre 1967 et 1972 (année de la parution).

Les titres sont :

– La plus jolie fille de la ville
– La vie dans un bordel au Texas
– Le petit ramoneur
– La machine à baiser
– Trois femmes
– Trois poulets
– Douze singes volants qui ne sont jamais arrivés à baiser
– Vie et mort d’un journal underground
– Le jour où nous avons parlé de James Thurber
– La politique est l’art d’enculer les mouches
– Autant qu’on veut
– La chatte blanche
– J’ai vécu avec l’ennemi public n°1
– Comme au bon vieux temps
– Le grand mariage zen
– Cons comme le Christ
– Pas de chaussettes
– J’ai descendu un type à Reno
– Carnets d’un suicidé en puissance
– Le zoo libéré

La préface du livre est écrite par Jean-François Bizot, journaliste français, qui raconte sa rencontre avec Bukowski. Il le qualifie de « Rabelais qui carbure à la bière », avec « un énorme bedon blanc et une tronche vérolée de vieil hobereau prussien » et voit dans son appartement « au moins deux cents bouteilles de bière ». Ce qui amène à la biographie de Bukowski à laquelle je me suis intéressé après avoir douté de la véracité de la préface.



Biographie

Bukowski est connu pour ses recueils de nouvelles, ses romans, ses poésies, pour ses pseudonymes récurrents (en effet il écrit parfois des romans autobiographiques dans lesquels il se met en scène sous le nom de Henry, Hank, ou Buk) mais aussi pour son imprévisibilité et son goût pour l’alcool et les femmes. Il a écrit entre autres « Journal d’un vieux dégueulasse » et « Jouer du piano comme d’un instrument à percussion jusqu’à ce que les doigts saignent un peu ».

Charles Bukowski de son vrai nom (Heinrich Karl Bukowski)  est né le 16 Août 1920 à Andernach en Allemagne, il n’y restera que trois ans, sa famille émigrant aux États-Unis.

Sa mère était femme au foyer et était très souvent battue pas son époux, elle ne représentait pour Charles que l’image de la femme soumise qui ne contredit jamais son mari, vision qu’il gardera des femmes en général durant une longue partie de sa vie et qui apparaît clairement dans ses écrits.

Charles eut beaucoup de difficultés à l’école d’une part parce qu’il découvrit très tôt l’alcool et y prit goût ; c’est un de ses camarades de classe, dont le père possédait une cave à vin, qui l’initiera. Ses mauvais résultats firent que lui et son père eurent régulièrement des désaccords ; il sera battu jusqu’à ses 16 ans. Jour où Charles rentre ivre chez lui et a de nouveau une altercation avec son père, sauf que ce jour-là il rend les coups et gagne. C’est la première étape qui fait que Charles sera jeté hors du domaine familial, la dernière étant la découverte de ses manuscrits de poésie par son père.

A partir de là toute sa vie sera marquée par des petits jobs comme employé à la poste, il vit surtout de sa plume même si celui ne lui assure qu’une vie minable. Comme on peut s’y attendre il continue de boire beaucoup, selon lui pour arriver à écrire et « parce que les joints font trop rire et après on peut pas écrire ».


Il se coupe du monde aussi lorsqu’on l’invite dans des soirées d’écrivains. Son apparition la plus mémorable est celle d’« Apostrophes » où il boit en direct, regarde sous la jupe de Catherine Paysan, rejette les comparaisons avec Henry Miller (Bukowski détestait être considéré comme un grand écrivain), arrache son micro et est reconduit dehors en chancelant. L’émission était sûrement organisée de manière à ce qu’une telle chose arrive car Bukowski fut autorisé à apporter son propre alcool alors qu’il n’y en a jamais dans l’émission.

Son chemin avec les femmes est tout aussi chaotique car il ne fréquente presque que des femmes aussi instables que lui. Si dur avec le genre féminin, Bukowski a l’air d’aimer les enfants. Cela se voit dans quelques nouvelles où des enfants viennent le voir ; il ne les rejette pas mais ce sont les parents qui ordonnent à l’enfant de s’éloigner de l’écrivain. Il aura une fille de sa relation avec Frances Smith, Marina Bukowski, le 7 septembre 1964. Elle refusera toute idée de paternité bien que Charles lui consacre beaucoup de temps, voulant que Marina échappe à l’enfance malheureuse et à la vie de misére que lui avait dû affronter. Sa dernière femme est une hippie du nom de Linda Lee, rencontrée dans une lecture près de Los Angeles. Il finira par l’épouser. Toujours vivante, elle habite aujourd’hui la maison qu’elle et Bukowski occupaient jusqu’à ce que celui-ci décède d’une leucémie le 9 mars 1994.

 

 

Les thèmes récurrents

Plusieurs thèmes reviennent dans les nouvelles de Bukowski. Premièrement, la condition des femmes : elles sont vues pour la plupart comme des êtres soumis, seulement bonnes à satisfaire des désirs sexuels. Dans « la plus jolie fille de la ville », Cassy est tellement obsédée par le fait que les hommes ne peuvent l’aimer que pour sa beauté qu’elle finira par se suicider. La nouvelle « la machine à baiser » exprime totalement l’idée de la femme-objet. Tania, une femme-robot, est conçue uniquement pour donner du plaisir mais quand un sentiment d’amour pour Bukowski commencera à naître en elle, elle sera immédiatement tuée. Dans « Trois femmes », Bukowski couchera avec sa femme et deux de ses amies dans la même soirée. Les rapports sont toujours décrits de façon très crue et on sent qu’il n’y a aucun amour :

« Je vais dans la chambre et je rentre dans le lit. Jeanie est plutôt grasse, elle est nue. Je commence à lui sucer les seins.
– Hé, qu’est-ce que tu fabriques ?
– Je vais te baiser !
Je rentre un doigt dans son con et je frotte.
– Je vais te baiser !
–  Non! Linda va m’en vouloir à mort !
– Elle n’en saura rien ! »
– « Trois femmes ».

Le second thème récurrent est celui d’un monde pourri par le vice. Aux yeux de Bukowski le monde entier le rejette mais il l’accepte et se proclame lui-même « un gros dégueulasse » ; il va même jusqu’à détester les gens qui disent du bien de son travail, il a besoin d’eux car se sont eux qui le payent pour le publier mais il refoule son dégoût pour eux, c’est tout.

Une nouvelle qui illustre bien la philosophie de Bukowski est « la politique est l’art d’enculer les mouches » : un certain M.K. écrit à Bukowski pour lui demander pourquoi il n’écrit rien sur la politique et Bukowski lui répond que cela ne sert à rien, que de toute façon le monde est fichu, les politiciens mentent, l’armée construit des armes de plus en plus dévastatrices qui finiront par détruire la Terre, alors pourquoi être sérieux ? Il vaut mieux profiter de la vie tant qu’il en est encore temps en allant aux putes et au scotch. Une telle vision du monde est sûrement l’œuvre de l’alcool. Nombre de nouvelles comportent une scène dans un bar et les occasions de boire se multiplient, pour écrire, pour passer le temps, pour oublier, pour satisfaire la soif et les scènes d’ivrognerie ne sont pas rares, comme dans ce passage du « Grand mariage zen » où Bukowski, déjà très imbibé observe avec attention le prêtre, le « maître zen » :

« C’est alors à la lueur des bougies, que j’ai remarqué les oreilles du maître zen. Translucides dans la lumière, on les aurait dites taillées dans le plus fin des papiers cul.
Le maître zen avait les oreilles les plus fines que j’ai jamais vues. Là résidait son pouvoir. Il me fallait ces oreilles. Pour emporter en voyage, donner au chat ou planquer sous l’oreiller.
Bien sr, je reconnaissais dans tout ça la voix du scotch et de la bière^; mais dans un sens, je ne reconnaissais plus rien du tout. »

Deux des nouvelles traitent du thème de la prison, « J‘ai vécu avec l‘ennemi public n°1 » et « Comme au bon vieux temps ». On ignore si les deux nouvelles ont un rapport mais elles présentent la prison comme on la voit dans les films, avec les clichés : l’homme qui se considère comme l’ennemi public n°1, le dégoût des prisonniers pour les pédophiles, des matons qui violentent les détenus (« TU VAS LEVER TON GROS CUL OUI? »), l’idée du suicide pour arrêter de souffrir, les guerres de gangs, les fous qui ne le sont peut être pas assez pour être internés (« TARA BOUBA MANGE, TARA BOUBA CHIE ! » répète le codétenu de Bukowski), les trafics (de punaises, de cigarettes, de nourriture) et les viols.

 

 

 

La dernière nouvelle :« Le zoo libéré »

La dernière nouvelle est vraiment particulière.Durant le livre je me suis habitué à rencontrer le style direct sans descriptions élaborées de Bukowski et au fait qu’il parle parfois au lecteur comme si ses nouvelles étaient en fait des souvenirs qu’il raconterait face à face. Je m’attendais à ce qu’il en soit de même pour la dernière nouvelle mais j’ai été très surpris. L’histoire est celle d’un certain Gordon qui erre un peu perdu, le visage en sang, dans la ville. Il aperçoit une maison qu’il décrit comme « une baraque de trois étages, peinte en vert, environnée de plantes grimpantes, d’arbres et de taillis » et il décrit l’odeur qui se dégage de la véranda : « une odeur de viande crue, d’urine et de fiente », il aurait très bien pu dire « une baraque verte de trois étages avec des plantes, des arbres et des taillis autour » et « un odeur de viande crue, de pisse et de merde » mais il a choisi un vocabulaire moins familier, ce qui m’a étonné de sa part.

Il sonne donc à la maison, espérant un verre d’eau. Une femme lui ouvre ; il ne lui dit pas : « il me faut un verre d’eau » mais « j’ai soif, pouvez vous me donner un verre d’eau ? ». Là encore, la phrase est plus polie et il vouvoie la femme. Carol l’accueille, lui donne son verre d’eau et lui propose un lit pour la nuit car il a l’air d’avoir besoin de repos. On apprend en même temps que Carol possède un zoo chez elle : un orang-outan, un perroquet, un tigre, un serpent, un renard, un loup et beaucoup d’autres, et qu’elle les aime.

Gordon s’aperçoit durant la nuit que Carol, chaque soir couche avec un de ses animaux dans le living et le lendemain il ne la considère pas comme une folle mais il essaye quand même de partir. Carol ne veut pas, elle veut qu’il reste dans son zoo car elle l’aime comme ses animaux. Forcément, ils finissent par coucher ensemble mais la scène est différente des autres nouvelles. Gordon est très à l’écoute des besoins de Carol, il n’y a pas cette violence omniprésente dans les autres textes de l’auteur.

Le zoo vit bien dans sa maison. Carol attend même un enfant, mais un jour en rentrant Gordon et Carol découvrent que leurs animaux ont tous été tués, ils les enterrent dans le jardin. Finalement la fin se déroule très vite sans qu’on comprenne trop. Gordon est à la maternité ; on lui présente son enfant qui est un mélange de tigre, ours, serpent, homme, tigre, renne, coyote et lynx et là, l’hôpital explose…une bombe à hydrogène.



Conclusion

En refermant le livre, je ne savais pas quoi penser. J’ai été dérangé par ce livre, je ne veux pas dire que je n’ai pas aimé mais tout au long du livre, j’ai été dérangé par les trop nombreuses scènes de sexe violentes, les beuveries et le monde plein de vice qui y est décrit et je me suis demandé comment on pouvait, d’un côté, imaginer ce genre de nouvelles et de l’autre, consentir à les publier. Pourtant je ne peux m’empêcher d’aimer la dernière. Elle contraste avec tout le reste du livre, il y a de l’amour sincère (j’ai même oublié pendant un moment l’aspect zoophile), pas d’alcool (à part au début quand Gordon trouve la maison) et dans le petit zoo on découvre un monde où l’on s’entraide et on ne se juge pas (Carol accueille un étranger visiblement éméché et Gordon accepte les mœurs de Carol alors que toute la ville l‘appelle « la dingue »).

Pour conclure, je dirais qu’une seule nouvelle ne vaut pas qu’on dise que le livre est magnifique mais que l’expérience est tellement troublante qu’il serait dommage de passer à côté, et puis rejeter ce livre, ne serait-ce pas entrer dans le monde plein de discrimination décrit par Bukowski ?

 

 

 

Alexis, 1ère année Bib.-Méd.-Pat.

 

 


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Published by Clément et Alexis - dans Nouvelle
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