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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 07:00

Couverture_Burns_Toxic.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Charles BURNS
ToXic
Cornélius
Collection Solange
2010

 
 

 

 

 

 

 

« With a taste of poison paradise / I'm addicted to you / Don't you know that you're toxic » chantait Britney Spears, qui savait de quoi elle parlait bien que cela n'ait pas vraiment de rapport avec ce qui va suivre.

 

 

 

Chers amis, bonsoir.

Vous n'êtes sûrement pas sans savoir, et quand bien même, si jamais vous ne le saviez pas encore, voilà que vous venez de l'apprendre : cinq ans après la fin du cycle « Black Hole », Charles Burns revient enfin avec un nouvel ouvrage s'emparant de l'univers d'Hergé, pour le mélanger à celui de Burroughs, et à la culture punk californienne de la fin des années 70.

Je tiens à rassurer immédiatement celles et ceux qui resteraient interdits par une telle entrée en matière : ce livre ne s'adresse pas uniquement au tintinophile amateur de cut-up et collectionneur des premiers pressages vinyles du label Alternative Tentacles. L’ouvrage étant publié en France par Cornélius, vous pouvez être assuré que nous sommes ici entre gens de bonne compagnie.
 
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Le Festintin nu

 
Dans l'obscurité, la houppette la plus célèbre de l'histoire de l'édition apparaît. Un jeune homme, dans son lit, un pansement sur le crâne, se réveille sans savoir où il se trouve. Au fond de la pièce, son chat Inky, pourtant décédé il y a quelques années, et un mur de brique avec une ouverture. En passant de l'autre côté du miroir, il se retrouve dans le Tanger du Festin Nu de William S. Burroughs …
 
 Image_2_Burns_Toxic.jpg
 
Dans l'obscurité, la houppette la plus célèbre de l'histoire de l'édition apparaît, il s'agit maintenant du motif du T-shirt que porte un jeune homme dans son lit, un pansement sur le crâne, entouré de tous ses objets fétiches et de photos souvenirs. Nous sommes à la fin des années 70 et Doug, en cure de désintoxication, se souvient de la performance qu'il faisait dans un squat, magnétophone autour du cou crachant du bruit blanc, récitant des cut-ups, caché derrière un masque de Tintin, se présentant par un simple « Salut, je suis NITNIT, alias Johnny 23. » avant de rencontrer Sarah dont il va tomber amoureux ...
 
 Image 3 Burns Toxic
 
Là où Black Hole, rempli des souvenir de l'auteur, suivait dans la banlieue de Seattle un groupe d'adolescents contractant une mystérieuse MST responsable de mutations physiques qui les mettaient au ban de la société, en prémonition de l'épidémie de VIH/SIDA qui allait survenir quelques années plus tard, ToXic est, quant à lui, une variation sur le thème du souvenir.

Souvenirs de l'enfance et de ses premières lectures, Burns cite Hergé (jusque dans la fabrication même du livre avec son dos toilé) dès la couverture en référence à l'Étoile mystérieuse, et distille tout au long du récit des allusions subtiles à la poule aux œufs d'or de Moulinsart S.A.

Souvenirs de l'adolescence, centre de l'œuvre de Burns, découverte des drogues, de la sexualité, du mal-être adolescent, des premières amours, des premiers chocs littéraires (Burroughs, ses cut-ups et sa vision hallucinée de Tanger), et un témoignage de la scène underground californienne de la fin des années 70 avec ses références au Punk Hardcore et aux photos de Lucas Samaras. Burns finit par se citer lui-même, multipliant les échos et les rappels à son œuvre majeure : Black Hole.
 
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Première œuvre en couleur de Burns (tout comme l'était l'Étoile mystérieuse, premier album de Tintin à avoir été publié directement en quadrichromie en 1942), ToXic utilise tour à tour les codes de la ligne claire, et ceux du style habituel de l'auteur, construisant avec une narration fragmentée son histoire de dépression, d'amours perdues, de refuges dans le rêve et la drogue, sous forme d'allers-retours permanents entre réveils difficiles, rêves aux saveurs opiacées et souvenirs emplis de contre-culture.

Ce premier tome d'une trilogie, dont on espère ne pas devoir attendre dix ans pour en découvrir toutes les clefs, s'achève par un (À SUIVRE) au moment où l'on commence à peine à saisir tous les rouages de la trame narrative, promettant une suite qui s'annonce dorénavant aussi passionnante  que ToXic.
 
 Image 5 Burns Toxic
Et parce qu'une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, parallèlement à la sortie de ToXic sort Johnny 23 au Dernier Cri, une version pirate remixée en noir et blanc, recadrée et écrite dans une langue imaginaire, qui tend à reproduire l'expérience du jeune Charles Burns qui « regardait » ses premiers albums de Tintin avant même de savoir lire.

Les livres du Dernier Cri n'étant diffusés que de manière sporadique, je ne saurais que trop vous conseiller d'aller faire un tour sur leur site ( www.lederniercri.org) et par là-même de soutenir un peu ce qui restera comme la plus belle aventure humaine de ce siècle naissant en matière de publication d'images déviantes.invite-burns-filet-vert.jpg

Et quant à ceux qui auraient une envie soudaine de dépenser deux SMIC dans une planche originale (ou comme le fait la plèbe, de se contenter de contempler l'Œuvre dans toute sa splendeur) ils pourront se rendre jusqu'au 5 février 2011 du mardi au samedi au 17 de la rue Martel, dans le Xe arrondissement de notre belle capitale qu'est Paris, à la Galerie Martel.
 
 
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Johnny 23
Le Dernier Cri
64 pages noir & blanc
20 x 21,5 cm
15 €
 

 

 

 

 

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ToXic
Cornélius
collection Solange
56 pages couleurs
22 x 29 cm
21 €

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sylvain, Année Spéciale Édition Librairie

 

 

 

 

 


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Published by Sylvain - dans bande dessinée
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