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9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 07:00

Exbrayat-Imogene.jpg

 

 

 

 

 

 

Charles EXBRAYAT
la série Imogène

Volume 1 : Ne vous fâchez pas, Imogène !, 1959
Volume 2 : Imogène est de retour, 1960
Volume 3 : Encore vous, Imogène ?, 1962
Volume 4 : Imogène, vous êtes impossible, 1963
Volume 5 : Notre Imogène, 1969
Volume 6 : Les Fiançailles d’Imogène, 1971
Volume 7 : Imogène et la veuve blanche, 1975
Éditions du Masque




 

 

 

Un mot sur l’auteur
 

Charles Exbrayat est né à Saint-Étienne en 1906 et décédé en 1989 au même endroit. Écrivain français connu surtout pour ses romans policiers, il a écrit une centaine de romans dont certains sous le pseudonyme de Michael Loggan avec Jacques Dubessy. Destiné à une carrière de médecin, c’est d’abord vers les sciences qu’il se tourne avant de commencer à écrire. Ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale qu’Exbrayat s’oriente vers le roman policier. En 1958, il obtient le Grand prix du roman d’aventures. Chahuteur incontestable ayant un goût non dissimulé pour le rire, c’est naturellement qu’il mêle roman policier et humour. Par la suite, Il devint directeur des Éditions du Masque. Depuis sa mort, certaines de ses œuvres ont été adaptées au cinéma ou à la télévision, comme récemment Imogène McCarthery avec Catherine Frot et Lambert Wilson ou la série Imogène avec Dominique Lavanant. Dans sa ville natale, le prix Charles-Exbrayat a été créé dans le but de récompenser les romans pouvant correspondre aux attentes de l’écrivain aujourd’hui décédé.



L’éditeur

Les Éditions du Masque ont été fondées en 1925, durant l’entre-deux-guerres, par Albert Pigasse. À l’origine, elles s’appelaient les Éditions des Champs-Élysées. Réputée pour être l’éditeur français d’Agatha Christie, la maison jouit aujourd’hui d’une grande réputation dans le domaine des romans policiers. Depuis, elle fait partie du groupe Jean-Claude Lattés et est diffusée par Hachette.



Les principaux personnages : un cocktail détonnant !

Imogène McCarthery

Écossaise à la crinière rousse et au physique imposant, Imogène est l’héroïne de la série. En patriote convaincue, elle n’a pas peur de considérer la reine d’Angleterre comme une usurpatrice et de le crier haut et fort : elle est en effet une fervente partisane de Marie Stuart. De mauvaise foi, aimant la bouteille (surtout le whisky), et toujours prête à se battre — ce qui est assez fréquent lors des soirées qu’elle passe au pub du Fier Highlander —, son caractère de feu est loin de faire l’unanimité dans le petit village de Callander. Le village est en effet divisé en deux, entre ses fidèles partisans et ses détracteurs virulents. Tous ses amis sont des hommes du village qui la considèrent comme une force de la nature (de la nature écossaise cela va de soi…).

Dans « ses » enquêtes, cette ancienne employée de l’Amirauté est loin de faire preuve des meilleures qualités d’un détective, se trompant souvent, fonçant tête baissée et écartant chaque suspect lui paraissant être trop bon Écossais pour pouvoir être le coupable.

Néanmoins, elle réussit toujours à se tirer d’affaire et, bien qu’elle n’y soit pour rien,  demeure pour ses amies une héroïne incontestée, une bien digne représentante des Highlanders.


Archibald McClostaugh

C’est le sergent du poste de police de Callander. Fort comme un bœuf et ne rechignant pas à se servir à boire, il est littéralement allergique à Imogène qui ne cesse de le taquiner, ne lui concédant aucune autorité. Les folies d’Imogène et les nombreux problèmes qu’elle crée (parfois malgré elle) le mettent hors de lui et il n’est pas rare qu’il se trouve au bord d’une crise de neurasthénie. C’est non sans impatience qu’il attend l’heure de la retraite.

Enfin, bien qu’il fasse des efforts pour maintenir l’ordre dans Callander, il est bien souvent trop têtu pour admettre la vérité et la risée de ses supérieurs qui le considèrent volontiers comme un incapable.


Samuel Tyler

Samuel Tyler est le constable de Callander, et, de ce fait, suppléé souvent McClostaugh dans ses enquêtes. Ami d’Imogène, il se retrouve malgré lui pris dans les disputes et les bagarres du sergent McClostaugh et d’Imogène. Ayant un bon fond, il lui arrive d’aider Imogène et d’arranger certaines situations. De plus, Tyler subit au quotidien les brimades de son supérieur, ce dernier étant avare, arrogant et, comme tous les Écossais, bien trop fier de lui.


Mrs. Elroy

Mrs. Elroy est la vieille nanny d’Imogène. Bien qu’elle n’en soit plus un, elle aime l’appeler « mon bébé » et est prête à tout pour défendre Imogène au village.


Ted Boolit

Ted Boolit est le patron du pub de Callander, le Fier Highlander. Ami d’Imogène, il n’hésite pas à la défendre et cela crée des tensions avec sa femme, qui elle, la déteste.


William McGrew

William McGrew est l’épicier du village. Il est, au début de la série, mené à la baguette par sa femme mais, sur les conseils de son ami Ted Boolit et considérant Imogène comme l’idéal féminin, il a eu tôt fait de ne plus supporter les ordres de sa femme ni ses insultes envers son amie à la crinière rousse.


Margaret Boolit & Mrs. McGrew

Ces deux femmes sont les épouses respectives de Ted Boolit et de William McGrew et détestent presque autant leurs maris que celle qu’elles surnomment Jézabel. Il n’est pas rare qu’elles tentent de se venger d’elle ou de leurs maris bien que cela finisse inévitablement par leur retomber dessus. Elles unissent souvent leurs forces à celles des trois veuves du village, ayant en commun leur haine pour Imogène.


Mrs. Fraser, Mrs. Sharpe & Mrs. Plury

Ce sont les trois veuves du village, amies et commères invétérées. Elles ont une sainte horreur d’Imogène et organisent souvent des complots pour la faire quitter Callander ou lui rendre la monnaie de sa pièce.



Résumé de chaque volume

 

 

 

Volume 1 : Ne vous fâchez pas, Imogène !, 1959

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Dans ce premier volume de la série, Imogène McCarthery, travaillant depuis une vingtaine d’années à l’Amirauté, ne cesse de s’accrocher avec chacun de ses collègues, leur reprochant sans détour de ne pas être écossais. Mais un jour, voilà que le grand patron de l’Amirauté, Sir Woolish, lui confie la mission d’aller transmettre des plans du Campbell 777, un avion à réaction à un contact de l’Amirauté résidant à Callander. Fière d’être investie d’une telle mission — tellement qu’elle claironne à tout le service la tâche qui lui incombe –, voilà notre Écossaise qui part retrouver son village natale, non sans péril. Imogène saura-t-elle déjouer les pièges qui l’attendent ? Pas sûr que l’annonce de son arrivée soit des mieux accueillies : ça risque de swinguer chez nos amis écossais !

 

 

 

 

Volume 2 : Imogène est de retour, 1960

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 « Au plus petit cadavre, je vous boucle ! », lance Archibald McClostaugh lorsque Imogène retourne à Callander car, à 53 ans, elle est en âge de prendre sa retraite et de rejoindre son village natal. Mais à peine vient-elle d’arriver, qu’un homme du nom de Morton se fait assassiner alors que le veille il disait à tout le monde être suivi par un fantôme. Voilà un mystère de taille qui ne manque pas d’intriguer l’indomptable Écossaise. Le sergent McClostaugh n’a pas fini de s’arracher les cheveux…


 

 

 

 

 

 

Volume 3 : Encore vous, Imogène ?, 1962

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Pouvant enfin profiter pleinement de sa retraite, Imogène se repose à Callander, ce qui ne manque pas de déchaîner les ragots : la flamboyante Imogène ne serait plus que l’ombre d’elle-même. Vous savez ce que l’on dit, il ne faut jamais écouter les ragots... Au cours d’un match de rugby, un homme annonce à Imogène qu’il se trame quelque chose de louche au collège Pemberton situé non loin de là. À peine a-t-il confié ses craintes que le voilà découvert pendant le match, mort, aux pieds d’Imogène. Cette dernière est bien décidée à laver son honneur et à enquêter sur place. Qui mieux qu’Imogène pourrait prendre la place de la victime en qualité de professeur remplaçant ?


 

 

 

Volume 4 : Imogène, vous êtes impossible, 1963

 

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Il est de notoriété publique à Callander qu’Imogène aime mettre son nez dans les affaites des autres. Aussi, lorsqu’elle surprend une discussion entre la femme du major Inchbar et le mari de Mme Ardley, deux familles amies, ne fait-il pour elle aucun doute qu’il se trame quelque chose de louche dans son village natal. C’est alors que Mme Ardley est retrouvée morte… Une nouvelle enquête pour la terreur des Highlands ?



 

 

 

 

Volume 5 : Notre Imogène, 1969

 

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Cet opus met en scène une histoire d’amants interdits à la sauce Exbrayat. Lorsque Angus Cumbrae, mécanicien, décide de s’enfuir avec Janet Leadburn, c’est l’oncle de Janet, Hugh Reston, armé, qui se présente au rendez-vous. Quand le corps de Reston est retrouvé sans vie, les soupçons semblent inévitablement s’orienter vers Cumbrae. Mais Imogène est loin d’être de cet avis et compte bien lever le voile sur ce nouveau mystère.


 

 

 

 

 

Volume 6 : Les Fiançailles d’Imogène, 1971

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Imogène fiancée ?! Voilà une nouvelle qui ne va pas manquer de susciter les commérages à Callander. Si ses détracteurs se réjouissent déjà, pensant que le calme reviendra dans leur village, ses amis, eux, sont déçus : comment la réincarnation de Marie Stuart, leur flamboyante Écossaise peut-elle les trahir de la sorte en décidant de se ranger ? Les bagarres n’ont pas fini de se multiplier et alors que le village est plus que jamais divisé, Moira Skateraw, de passage à Callander avec son amant, est retrouvée morte alors qu’elle tentait de fuir un mari sans pitié. Imogène réussira-t-elle à prouver qu’elle n’a rien perdu de sa superbe et à élucider ce crime ?



 

 

Volume 7 : Imogène et la veuve blanche, 1975

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Ken Benalder, disparu sans un mot depuis dix ans, aurait en fait été assassiné et son corps serait enfoui quelque part dans Callander. Une fois encore, c’est Imogène que l’on accuse à tort du meurtre. La vielle Écossaise sera prête à tout pour laver son honneur et pour trouver le coupable. Ne vaudrait-il mieux pas enquêter du côté de la famille Benalder et de la jeune et jolie Joyce ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Thèmes récurrents et intérêt de la série

Dans cette série, Exbrayat utilise plusieurs thèmes et crée ainsi un véritable univers plein d’humour.

Dans un premier temps, c’est sur la fierté écossaise et les tensions entre les différents peuples qui forment le Royaume-Uni que Charles Exbrayat joue. En effet, à travers le personnage d’Imogène mais aussi les habitants de Callander, se dessine le portrait d’une Écosse patriote, fière, aimant le whisky et très attachée à ses ancêtres. En forçant le trait, en insistant davantage sur les tares que sur les qualités des Écossais, Exbrayat nous fait rire aux larmes. Mais cet aspect a, à mon sens, une autre visée, celle de faire rire par le biais d’une culture, d’un pays et de nous pousser, nous, lecteurs, à nous interroger sur notre propre pays et nos propres habitudes.

Les rapports hommes-femmes sont également au cœur de la série. En effet, l’auteur  nous décrit ici des rapports de force, où les hommes doivent avoir l’ascendant sur leurs épouses. Imogène peut sembler être l’exception qui confirme la règle, cependant par les qualités que l’auteur met en avant d’elle, elle se rapproche plus de l’homme que de la femme. L’intérêt de traiter ce thème sous cet angle n’est, pour moi, pas tant un moyen de prôner le machisme (et peut-être même la violence conjugale) qu’ un moyen de faire rire en grossissant les rapports intersexuels qui existaient à l’époque.


L’alcool est aussi un thème récurrent dans la série. Il semble même se poser en caractéristique principale du bon Écossais. Cependant, une fois encore, loin d’inciter à l’alcoolisme ou de se moquer des Écossais, le but est véritablement d’amuser, car qui dit personnes ivres dit situations cocasses et quiproquos en pagaille.

La question de l’autorité est aussi présente et importante dans les Imogène et ce à deux niveaux différents. Premièrement, les rapports entre habitants et policiers du village permettent de montrer une défiance vis-à-vis de l’autorité qui peut peut-être s’inscrire dans le contexte de l’époque : la série Imogène a été écrite de 1959 à 1975 et l’auteur a vécu l’avant mais aussi l’après mai 1968 et a ainsi pu construire une critique par rapport à cet événement. Deuxièmement, la question de l’autorité accordée au pouvoir anglais en la personne de la Reine d’Angleterre est souvent abordée et permet de montrer les tensions et les difficultés pour l’Écosse mais aussi le pays de Galles et l’Irlande de reconnaître en la Couronne une forme de pouvoir étatique.

Enfin, l’intérêt de la série est en premier lieu de divertir et d’amuser le lecteur. De plus, ces intrigues sont un moyen idéal de passer aux cribles les rapports humains et la société de l’époque sans toutefois une volonté d’affirmer quelques pensées fortes et extrémistes.



Opinion personnelle

Cette série est chère à mon cœur car je dois à Exbrayat quelques-uns de mes plus gros fous rires de lecture. Loin de la littérature élitiste, les Imogène sont un moyen de passer un bon moment, de rire, d’avoir le cœur léger. Le style est loin d’être recherché mais Exbrayat a le don de nous rappeler à quel point la simplicité a du bon. En somme, ces sept livres sont à mon sens des remèdes à l’ennui et, tout en utilisant les codes du roman policier, réussissent à dépoussiérer le genre en offrant des scènes truculentes. Si vous avez aimé les Imogène, pensez aussi à lire les aventures du commissaire Tarchinini.



Un petit extrait

 

 

« [...] – Miss McCarthery, je ne tolérerai pas plus longtemps que vous manquiez à votre devoir !

À son tour Imogène prit la mouche et se dressant, furieuse, cria :

– Est-ce que vous vous imagineriez, par hasard, que c’est à un Gallois à demi sauvage de m’indiquer ce qu’est mon devoir ?

Archtaft ne valait rien pour ce genre de joute oratoire. Il ferma les yeux pour murmurer un appel à Dieu, lui demandant de lui donner la force de se contenir pour ne pas frapper son employée. D’une voix crispée, il murmura :

– Miss McCarthery, vous avez de la chance de ne pas être un homme !

– Quand je vous regarde, monsieur Archtaft, j’en suis convaincue ! […] »

 

Manon, 1ère année édition-librairie


Sources


La page Wikipédia de l’auteur : http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Exbrayat
La page Wikipédia des éditions du Masque : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ditions_du_Masque
Le site web des éditions du Masque : http://www.lemasque.com/

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