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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 07:00

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Chuck Palahniuk

Snuff

traduction Christophe Claro

éditions Sonatine, 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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L’auteur
 
Charles Michael « Chuck » Palahniuk (21 février 1962 – ) est un journaliste et romancier satirique américain. Son premier roman, Monstres invisibles, est refusé par les éditeurs car trop provocant. Il ne sera publié qu'en 1999, lorsque David Fincher réalise Fight Club, le film tiré du premier roman à succès du même nom, publié en 1996. Il est assimilé au mouvement dit d' anticipation sociale, genre apparenté à la science-fiction mais qui s'en distingue car le mouvement traite de notre monde contemporain.

 


Snuff

Sorti en 2008 aux États-Unis, Snuff est le dixième roman de Chuck Palahniuk.


Il faut souligner le fait que les maisons d'édition françaises ne nous font découvrir ses oeuvres que quelques années après leur sortie aux États-Unis.

Après les clubs de combat (Fight Club), les adolescents terroristes (Pigmy), la biofiction du serial killer Buster Casey (Peste), l'auteur continue son parcours littéraire autour de la société américaine, qu'il se propose d'étudier par les marges, en s'intéressant cette fois-ci à l'univers pornographique.

La rentrée littéraire de 2012 nous offre donc cet ouvrage édité chez Sonatine. Auparavant, les romans de Chuck Palahniuk étaient édités par Denoël et Gallimard (pour les rééditions).

Le livre a été traduit par Claro, écrivain et traducteur talentueux, qui apporte une grande qualité à cette traduction.



Explication du titre

Le titre trouve son origine dans les snuff movies, des films courts en un unique plan-séquence mal filmé et instable qui mettent en scène un meurtre réel, parfois précédé de pornographie avec viols de femmes ou d'enfants. Il faut préciser qu'il s'agit là d'un concept, d'une sorte de légende urbaine dont on ne trouve pas d'exemples véritables.



L’histoire

Le roman se passe dans la salle d'attente du tournage du dernier film de Cassie Wright, une star du porno sur la fin, qui pour son « départ en retraite » a souhaité battre le record du monde en matière de gang-bang. Les six cents hommes attendent leur tour en sous-vêtements dans cette salle moite, puant la sueur et les confiseries, dans une ambiance pesante qui laisse présumer la mort l'actrice.

« Le porno […] c'est un métier qu'on fait quand on n'a plus d'espoir ». (Cassie Wright)

Le lecteur qui s'attendrait à un enchaînement de scènes pornographiques serait déçu : à part les scènes des films de Cassie passant sur des écrans dans la salle d'attente, l'auteur ne nous décrit que quelques passages se déroulant dans la pièce où se trouve l'actrice. Le roman se concentre surtout sur la vie et le parcours de ses protagonistes, aussi divers soient-ils.

Le roman est découpé en 35 chapitres, où quatre personnages prennent tour à tour la parole : trois des acteurs, que l'on ne connaît au début que par leur numéro inscrit au feutre indélébile sur leurs bras – le 137, Dan Banyan, un acteur dont la série a été annulée et qui se bourre de pilules de Viagra pour entrer dans la légende et prouver qu'il n'est pas homosexuel ; le 72, un jeune homme qui prétend être l'enfant caché de Cassie Wright et qui se tient là avec un bouquet de fleurs pour rencontrer sa mère ; le 600, Branch Bacardi, star vieillissante du porno, ancien partenaire et « agent » de Cassie –, ainsi que la régisseuse, Sheila.

Au travers des chapitres où cette dernière est le narrateur, c'est surtout la voix de Cassie Wright qui nous parvient, nous offrant des histoires et des anecdotes non seulement sur le monde pornographique, mais avant tout sur le cinéma en général. Le lecteur est d'ailleurs étonné d'observer la culture cinématographique impressionnante d'une femme qui souhaite finir sa carrière de star du porno par un snuff. De plus, la voix de Cassie fait entrer les films pornographiques dans le septième art.

 

« Dans Chantons sous la pluie, le film de 1952, l'acteur Gene Kelly dansa la chanson titre, prise après prise, pendant des jours, en ayant 39,5 de fièvre. Pour que la pluie paraisse réelle à l'écran, la production utilisait de l'eau mélangée à du lait, et voilà notre Gene Kelly, malade comme un chien, mais bondissant et trempé dans du lait tourné, souriant et jovial comme si c'était le meilleur jour de sa vie » (chapitre 12, p. 80).

Le fil conducteur du roman est avant tout la mort « attendue » de Cassie, plongeant le lecteur dans une situation délicate. Car le lecteur comprend que nombre des personnages attendent cette mort : les acteurs, pour entrer dans la légende, un personnage inconnu (l'enfant caché de Cassie qui héritera de la fortune que représente son assurance), mais également la production qui ne voit que les bénéfices qu'elle pourrait tirer de la vente illégale du film.

Comment ce roman va-t-il se terminer ? Seule la fin lèvera la tension insupportable qui règne dans cette salle d'attente, une fin qui relève du talent manipulateur de Palahniuk qui nous offre un final spectaculaire auquel on ne s'attend pas.



Avec son style brut et incisif, Chuck Palahniuk conduit habilement son lecteur là où il veut l'emmener, le tenant d'un bout à l'autre du roman. On reste là, haletant, dans une attente fébrile de réponses à toutes les questions que l'auteur soulève (Le 72 est-il l'enfant de Cassie ? La mort sera-t-elle au rendez-vous et pour qui ?). L'écriture orale et sans détours de Palahniuk se prête parfaitement au thème qu'il a choisi ici d'aborder, analysant et critiquant ce monde tabou tout en nous proposant différents regards, celui des acteurs, celui des producteurs, celui des spectateurs.

Tout le talent de l'auteur réside dans son habileté à passer du dégoût, de l’incompréhension face au désir de Cassie Wright de relever un tel record en y risquant sa vie, à une sorte d'admiration, comme face à un exploit sportif, mais surtout un exploit délibéré et conscient.

 

« Est-ce qu'on respecte le droit d'une personne à se lancer des défis pour découvrir son véritable potentiel ? En quoi un gang bang est-il moins risqué que tenter l'ascension de l'Everest ? Accepte-t-on le sexe comme forme de thérapie émotionnelle viable ? »  (chapitre 4, p. 30).

 

Roman exceptionnel de la rentrée littéraire, Snuff trouvera ses admirateurs dans les partisans de Palahniuk qui reste fidèle à lui-même et à son style d'écriture. Ses détracteurs pourront dire que l'écrivain ne fait que réchauffer une recette qui marche, mais il n'en reste pas moins qu'au travers de son exploration de la société, Palahniuk pose à ses lecteurs de véritables questions.

Pour retrouver cet humour si spécial et la description des marges de la société, je ne peux que conseiller de lire Le festival de la couille et autres histoires vraies ( article de Nawal), recueil de nouvelles hilarant et explosif.
 

Louna, AS bib.     

 

 

Chuck Palahniuk sur Littexpress 

 

Chuck Palahniuk Choke

 

 

 

 

Article de Sandra sur Choke.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Palahniuk Le Festival de la couille

 

 

 

 

 

 Article de Nawal sur Le Festival de la couille.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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 Article d'Estelle sur Peste.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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