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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 07:00

Venise, ville mythique
venise.jpg
(Source image: http://www.new-east.fr/wp-content/uploads/2012/05/venise.jpg)



La rencontre « Venise, ville mythique »  a eu lieu le dimanche 7 octobre, dans l’auditorium de la Médiathèque de Gradignan, lors du festival Lire en Poche, avec les auteurs Claudie Gallay et Alain Vircondelet et la médiation de Xavier Houssin, chroniqueur au Monde des livres et dans la presse littéraire.

Lorsque Xavier Houssin l’interroge sur Venise, Claudie Gallay semble pleine de souvenirs. Elle a passé beaucoup de temps dans cette ville. Elle raconte : elle avait l’habitude de se rendre dans une maison d’hôte, tenue par des amis de sa famille. Elle y avait sa chambre et ses habitudes. Un jour, ils ont été obligés de vendre et pour elle, cela a été terrible. Toutes les photographies ne suffisaient pas, et Seule Venise est né de sa volonté de ne rien vouloir oublier. Pour elle, « Venise est une humanité »,  les gens font preuve d’une solidarité qu’on ne trouve nulle part ailleurs.

Elle raconte une anecdote : les personnages âgées, habitant dans de hauts immeubles vénitiens, font descendre des paniers accrochés à des ficelles depuis leur fenêtre et y laissent une liste des vivres dont ils ont besoin et de la monnaie. Les habitants qui passent peuvent choisir de leur rendre ce service : le système de confiance est précieux.

Les deux auteurs s’accordent sur une chose : Venise est une ville propice aux arts, à la peinture comme à la littérature. Claudie Gallay nous parle de Zoran Mušič, un peintre italien reconnu et qu’elle-même a connu, mort à Venise en 2005. Elle fait référence à son arrestation en 1944 par la Gestapo. Déporté dans un camp à Dachau, sa seule issue pour survivre, dit-elle avec émotion, a été de continuer à dessiner, en cachette. Sa série de peintures « Nous ne sommes pas les derniers » souligne la souffrance qu’il a subie et l’horreur de la vie dans les camps.

Xavier Houssin évoque Marguerite Duras, qui a également écrit sur la ville de Venise, et dont Alain Vircondelet est le spécialiste – il a publié plusieurs ouvrages à son sujet.

Puis vient l’interrogation sur le titre Seule Venise. Claudie Gallay cite un vieux prince russe, dont est inspiré l’un des personnages de son roman : « Seule Venise me console de ce que je suis vraiment ». Alain Vircondelet remarque, lui, un lien avec Kafka : « La mer gelée en moi, seule Venise peut la fendre ».

Avec fascination et émerveillement, Claudie Gallay donne son impression sur Venise : c’est une ville dans laquelle il faut se perdre, une ville qui sollicite tous nos sens ; pour l’apprécier il faut y rester, ne pas y aller pour un simple court séjour. Sa beauté réside dans la « Venise mineure », à l’abri du regard des simples touristes. La topographie de la ville nous entraîne vers un retour sur soi. Alain Vircondelet partage ce point de vue, que l’on peut retrouver dans son ouvrage Devenir Venise.

Tous deux reviennent sur l’étymologie du nom Venise. Dans l’Éloge de Venise, de Luigo Grotto Cieco d'Hadria de  1570, il est dit :

« De ce désir d'y retourner qui pèse sur tous ceux qui la quittèrent elle prit le nom de Venetia, comme pour dire à ceux qui la quittent, dans une douce prière: Veni Etiam, reviens encore »

et encore « Venise : la ville qui à tous inspire la stupeur. »

Les points de vue des auteurs divergent cependant lorsqu’il s’agit de l’atmosphère de la ville. Si pour Alain Vircondelet, Venise la Sérénissime est une ville colorée, gaie, joyeuse, qui nous fait nous sentir bien et en accord avec nous-même, Claudie Gallay l’aborde elle sous un autre angle. À l’instar de son roman, dans lequel l’histoire se déroule durant un hiver gris et froid, Venise est une ville nostalgique, et si elle est effectivement joyeuse, elle n’en est que plus mélancolique.

Le moment des questions venu, public et auteurs donnent plus de détails sur leurs souvenirs, de telle façon que l’on a l’impression de ne jamais en être parti (si l’on y a déjà été) ou tout simplement d’avoir découvert la ville à leurs côtés. 

Alain Vircondelet conclut finalement en disant qu’il existe des terres où l’on est né, et des terres d’attachement, comme l’est pour lui Venise. Son dernier mot sera une citation de Casanova : « Venise n’est pas là-bas, elle est là-haut ».



Les ouvrages
Claudie-Gallay-Seule-Venise.gif
 

 

 

Seule Venise de Claudie Gallay, chez Actes Sud (http://www.actes-sud.fr/catalogue/litterature/seule-venise)

 

 

 

 

 

 

Alain-vircondelet-le-grand-guide-de-venise.gif

 

 

 

Le Grand guide de Venise d’Alain Vircondelet chez Eyrolles (http://www.eyrolles.com/Loisirs/Livre/le-grand-guide-de-venise-9782212554663)

 

 

 

 

 

Tiphaine MAUMY, 2e année bibliothèques

 

 

 


 

 


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Published by Tiphaine - dans EVENEMENTS
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