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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 07:00

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Colette FELLOUS
Un amour de frère
Gallimard, 2011
 








 

 

 

 

 

 

 

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L’auteure

Colette Fellous est une auteure française née à Tunis. Vivant à Paris depuis ses 17 ans, elle y a suivi des études de lettres modernes à la Sorbonne. Actuellement, elle dirige la collection « Traits et portraits » au Mercure de France et a publié à ce jour treize romans.

 

 

 

Le roman

À l’occasion d’un retour au pays, le vertige la prend, les souvenirs reviennent, tout cela provoqué par un fort élément déclencheur : elle frôle la mort. « Le train arrive de plus en plus près, le mot "implacable" traverse la scène, il vole entre le train et moi, il s’approche de mes yeux […]. » Tout change à l’instant où elle s’extirpe et survit. Sa mémoire la ramène des années en arrière, Paris, printemps 1968, elle a dix-huit ans. Tout lui revient, les odeurs, ses lieux favoris, les films qu’elle a vus, elle revoit tout à travers les yeux de la jeune adulte qu’elle était alors, découvrant un nouveau monde, une nouvelle vie. Tout au long des souvenirs, une voix l’accompagne, c’est celle de Georgy, son frère ainé.
 
« Soudain, une voix me frôle le visage :  “Ne dis pas ma rétrospective, dis plutôt notre rétrospective, précise-le dès maintenant, fillette, dis aussi que c’est notre Paris que tu as envie de raconter, pas simplement notre histoire. ”»
 
Georgy, durant cette jeunesse parisienne, a tenu le rôle du guide pour elle, un frère très proche, trop peut-être. Leur relation se rapproche d’un amour fusionnel qui, selon elle, aurait pu lui être néfaste ; seule sa mort prématurée l’a, en quelque sorte, protégée. Du souvenir de Paris, cette relation co-dépendante ne se détache jamais. À la fois son guide et son enfant malade, il semble pouvoir l’emmener partout, lui dire de faire n’importe quoi, elle ne peut se détacher de lui.
 
« Je l’ai aimé comme une aveugle, c’est vrai, je n’ai rien vu, j’ai tout pris en vrac, Paris et lui. Je me suis noyée en eux, mais il fallait que je le fasse. »
 
Ce frère la ramène à des souvenirs d’enfance, les souvenirs d’une maladie venue bien tôt troubler l’ordre installé avant sa propre naissance. Elle raconte son enfance, gouvernée par son frère, amoureux de littérature, et qui lui a tout naturellement transmis cet amour. Ainsi, les poèmes récités à voix haute reviennent à sa mémoire, toujours liés à la voix de Georgy dans son esprit.  Des jeux de jeunes enfants aux révolutions de mai 1968, il n’y a qu’un pas, et elle est toujours suivie par lui, guidée par lui.
 
« Nous devenions encore plus avides de lire, de comprendre, de s’engager dans tous les combats du monde, nous voulions tout et vite. »
 
Cet amour insensé, effréné, l’aurait conduite jusqu’à la mort, au suicide, rien que pour le suivre encore, mais elle aura fait le choix de vivre sans en prendre réellement conscience avant cette chute sur la voie d’un train.
 
Finalement, en lisant les premières pages de ce roman, très autobiographique comme les précédents, la question du titre se pose. En effet, le frère n’apparaît pas tout de suite, et tout au long du récit, s’il semble toujours présent, il ne le sera que par touches subtiles, souvenirs mélancoliques. Ainsi, cette présence discrète, seulement par mémoire, se fait obsédante, impérieuse, symbolisant parfaitement leur relation.

Les images qui illustrent le livre renforcent la puissance des souvenirs que décrit l’auteure, les font paraître encore plus réels, encore plus proches. Cependant, même sans ces photographies, la précision des faits, le réalisme des sensations décrites, nous plongent déjà au plus profond de la mémoire de l’auteure.



Mon avis
 
Un récit mélancolique, à la fois triste et joyeux, le portrait d’une relation magnifique par sa force et son ampleur, même si quelque peu effrayante. Ce roman, par ses courts récits entremêlés et son écriture très imagée, est agréable à lire, émouvant, sans jamais devenir pesant.


Sasha, 2e année Éd-Lib

 


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