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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 07:00

2 février 2013
festival de la bande dessinée d’Angoulême

 

don_rosa2.jpgKeno Don Rosa

 

Deux personnalités de la bande dessinée Disney échangeaient leurs expériences et répondaient au public. Et si Ulrich Schröder, dessinateur et conseiller éditorial de la collection Disney chez Glénat a évoqué brièvement son travail, c’est surtout Keno Don Rosa, auteur de La Jeunesse de Picsou et « légende vivante » pour les amateurs d’histoires de Donald et Picsou qui s’est exprimé lors de cette rencontre, à l’occasion de l’hommage qui lui était rendu et de la réédition de son œuvre aux éditions Glénat.

 

Ulrich Schröder, le fan devenu dessinateur

Jeune, Ulrich Schröder adorait les bande dessinées Disney mettant en scène Picsou et Donald. Mais elles n’étaient pas signées au départ, et c’est grâce au style si particulier et à la qualité de certaines d’entre elles qu’il lui a été possible de savoir au fond de lui que ses histoires préférées étaient issues du même auteur dont il en apprendra le nom plus tard. À l’âge de 16 ans, il écrivit une lettre à Carl Barks. Suite à cela, il le rencontra. Cette entrevue conditionna sa vocation : il serait dessinateur de bande dessinée… pour Disney. Membre d’un club centré sur Donald, il commença à réaliser quelques dessins pour le fanzine édité par l’association avant d’être engagé chez Disney. Son rêve s’est réalisé. Aujourd’hui, il travaille en libéral et se consacre surtout aux illustrations de couvertures pour diverses publications Disney, et à la réalisation d’affiches…comme par exemple, celle de l’exposition présentée à Angoulême.

Il est également conseiller éditorial de la collection Disney chez Glénat et s’occupe de l’exhaustive réédition des œuvres de Carl Barks centrées sur les fameux canards de Donaldville…

expo_donrosa.jpgExpo Don Rosa Angoulême 2012

 

 

 

Une exposition de qualité

Don Rosa est très flatté de la place qui lui a été consacrée dans l’exposition sur les personnages issus des bandes dessinées tirées de l’univers Disney lors de cette édition du festival d’Angoulême. Sept ans auparavant, une exposition sur la vie de Picsou avait déjà été présentée, mais elle était entièrement focalisée sur l’œuvre de Carl Barks, le créateur du « canard le plus riche du monde ».

Aujourd’hui, c’est la version de Don Rosa qui est à l’honneur, et ce dernier a d’ailleurs été agréablement surpris (et amusé) par la reconstitution taille réelle du bureau de Balthazar Picsou (voir photo ci-dessous) d’après ses dessins. Mais la véritable qualité de cette exposition, selon lui, c’est de proposer une vision globale des différentes écoles qui ont travaillé sur les productions Disney au fil des ans. En effet, en plus des Américains, l’Europe (en particulier l’Italie) a particulièrement contribué à enrichir les univers de Mickey et Donald en créant de nombreux personnages et en réalisant des chefs-d’œuvre de la bande dessinée qui rivalisent sans aucun mal avec les meilleures productions américaines.
bureau_picsou.jpgReconstitution du bureau de Picsou - Angoulême 2012

 

 

 

Une enfance marquée par Carl Barks

Don Rosa explique, avec humour, qu’il a découvert les bandes dessinées de Barks à la naissance. En effet, sa grande sœur collectionnait les comics et il se plongeait dedans avant même de savoir lire. Cependant, à l’âge de onze ans, il décida brutalement de presque tout jeter, geste nécessaire, selon lui, pour devenir un adulte. Cependant, deux revues qu’il aimait particulièrement échappèrent à ce terrible coup de balai : le premier numéro de Uncle Scrooge qui contenait la célèbre histoire Juste un pauvre vieil homme pauvre... et un numéro contenant le récit Donald et le Casque d’or. En plus du divertissement procuré par des scénarii riches en péripéties, la finesse du traitement des personnages et de la palette d’émotions conçues par Barks font de ces histoires celles dont Don Rosa s’inspirera pour livrer sa vision de l’univers Disney.

Quelque temps plus tard, et sa « pré-crise d’ado » finie, Don Rosa se relance dans la lecture et la collection de comics, et fait cohabiter Picsou et Donald avec Superman, son autre personnage préféré. Attiré par la couverture représentant la fameuse histoire de Donald et le casque d’or, il achète un gros volume de rééditions compilant plusieurs histoires réalisées et illustrées par Carl Barks. Les années ayant passé, il redécouvre avec bonheur toutes les histoires qui furent parmi ses premiers souvenirs de lecture et se rend compte de l’important travail de Barks sur les atmosphères et de la maturité de ses récits, ce qui était loin d’être toujours le cas, selon lui, dans le reste de la production de bande dessinée américaine.



Un parcours étonnant

Cependant, la vocation d’auteur de bande dessinée ne lui est pas venue tout de suite et il se concentra d’abord sur sa carrière d’ingénieur civil. Mais son envie de raconter… et de dessiner prit le dessus, et il aboutit à plusieurs histoires centrées sur des personnages de son invention.

Dans les années 70, les parutions Disney étaient sclérosées, le géant américain se contentant de rééditer sans cesse les histoires parues vingt ans auparavant, ce qui provoqua un désintérêt progressif du public pour les histoires de canards et un arrêt des publications. Mais au milieu des années 80, Gladstone, une petite maison d’édition, allait changer la donne. Gladstone allait être autorisée par Disney à reprendre une partie de son catalogue et surtout à produire et à publier de nouvelles bandes dessinées. Saisissant sa chance, Don Rosa leur envoie l’une de ses histoires, écrite des années auparavant mais réadaptée façon canards : Le fils du soleil. Une collaboration de trois années commence. 

Gladstone révolutionnera la bande dessinée Disney. En effet, les auteurs travaillant pour la gigantesque firme n’avaient pas l’autorisation de signer leurs œuvres auparavant. La petite maison d’édition mettra fin à cette « particularité » et sera suivie au niveau mondial, exception faite des Pays-Bas.

Les bandes dessinées Disney avaient désormais des auteurs, et afin de pouvoir se consacrer à sa nouvelle activité, Don Rosa décida de liquider l’affaire familiale. Cette décision fut difficile, en plus des risques liés à ce changement de carrière, car cette entreprise était la fierté de son père. Par la suite, Don Rosa lui rendra d’ailleurs un sympathique hommage dans l’histoire La Bibliothèque perdue de 1993, qui voit Donald passer son temps devant la télévision...comme le faisait son père lors de sa retraite !
      
Don Rosa la-jeunesse-de-picsou-1-glenat
   
La Jeunesse de Picsou
          
Les débuts chez Gladstone furent très gratifiants pour Don Rosa, car l’idée de développer une œuvre qui persisterait à jamais tout en poursuivant celle de Barks lui semblait très motivante, avant de réaliser qu’il n’était pas très bien payé. C’est ainsi qu’il démissionna pour intégrer le groupe Egmont, l’éditeur qui publiait ses bandes dessinées aux Pays-Bas. L’auteur réalisa que ses histoires étaient d’ailleurs bien plus populaires en Europe qu’aux États-Unis. C’est à partir de ce moment qu’il s’attaqua, entre d’autres publications, à sa grande œuvre : La jeunesse de Picsou.

En dehors d’une limitation de pages et de conseils éditoriaux de qualité, Egmont laissa carte blanche à Don Rosa pour sa grande épopée dont le succès fut tout aussi populaire que critique et qui récolta le prestigieux Will Eisner Award 1998 de la meilleure histoire publiée sous forme de feuilleton.

Don Rosa a choisi de travailler sur Picsou car il était particulièrement attaché à ce personnage depuis l’enfance. Ainsi, certaines de ses histoires sont des suites directes de celles créées par Carl Barks. C’est à la fois un hommage, et une manière de développer à sa manière cet univers qu’il aime tant. Egmont lui aurait fait remarquer que Picsou n’était pas un personnage si populaire que ça, en comparaison de la notoriété que peut avoir Donald. Cette affirmation n’avait pas convaincu Don Rosa à l’époque, mais si son travail a pu contribuer à relancer ou faire redécouvrir le personnage, alors il estime que son but est atteint. Il s’est imposé toutefois certaines limites : par exemple, il n’a pas écrit l’histoire des parents de Riri, Fifi et Loulou, les neveux de Donald, car il n’a jamais trouvé de fin satisfaisante... Cependant, Don Rosa explique avec malice que l’un des deux parents était certainement un Castor Junior... Les fans n’en sauront pas plus...

Malgré cet univers commun avec Carl Barks, Don Rosa a un style graphique bien à lui, qu’il décrit comme étant une sorte d’adaptation de celui de Frank Frazetta aux histoires de canards en raison de son amour des détails et des scènes travaillées à l’extrême.



Une rencontre tardive

Don Rosa n’a rencontré Carl Barks qu’une seule et unique fois. Ce dernier avait quatre-vingt-dix-huit ans, et vivait une période difficile. Il venait de se faire flouer par son gestionnaire de finances. Pendant des années, les financiers propageaient des rumeurs selon lesquelles Barks n’aimait pas Don Rosa, car ce dernier lui aurait fait de l’ombre avec son oeuvre. Finalement Barks s’est débarrassé des financiers, et a invité Don Rosa. Don Rosa a enfin pu lui exprimer son admiration.

Il s’est aperçu que Carl Barks était également un collectionneur, non pas de bandesdessinées comme lui, mais de la revue National Géographic.

Concernant La Jeunesse de Picsou, Don Rosa pense que Barks ne l’a pas apprécié plus que cela, car il n’a jamais compris le culte qui s’est construit autour de son œuvre. Alors, que quelqu’un puisse écrire une saga complète autour de la vie de Picsou lui semble être une idée bien fantaisiste...



La réédition de La Jeunesse de Picsou chez Glénat

La Jeunesse de Picsou est parue plusieurs fois en France, par l’intermédiaire de Picsou Magazine. La différence de colorisation s’explique par le fait qu’il n’y a jamais vraiment eu de règles établies... Cependant, pour la réédition Glénat, Don Rosa a envoyé des indications de couleurs et la traduction a été partiellement retouchée car il n’était pas satisfait de celle de Picsou Magazine. Cependant, il avoue à demi-mot que les délais étaient serrés en raison d’une sortie prévue pour les fêtes de Noël, et qu’avec plus de temps, la qualité globale aurait pu être meilleure... Il promet que les autres volumes seront plus soignés...


Rémy, AS bibliothèques

 

 

 

Keno don ROSA sur LITTEXPRESS

 

Don Rosa la-jeunesse-de-picsou-1-glenat

 

 

 

 

 

 

 Article de Jérôme sur La Jeunesse de Picsou

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Rémy - dans bande dessinée
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