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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 07:00

Le 7 avril 2013

Escale du livre

Logo-olivius.jpg

Cette conférence à l’Escale du livre avait pour but de présenter la nouvelle collection de romans graphiques Olivius et son catalogue, en la présence de ses auteurs. La conférence regroupait en effet plusieurs protagonistes de cette aventure : Olivier Cohen, directeur des éditions de l’Olivier, Jean-Louis Gauthey éditeur de la maison Cornélius et les auteurs Giacomo Nanni, Nadja, Anne Baraou et Fanny Dalle-Rive.

Olivius est une collection née de l’union entre l’Olivier, maison d’édition de littérature et  les éditions Cornélius qui publient de la bande dessinée – mais pas que. C’est donc l’union de deux maisons en des temps où le monde de l’édition est en pleine turbulence, pour créer un catalogue ayant voaction à se distinguer de la production globale. C’est une aventure assez récente mais déjà prometteuse.

Cette association entre les deux maisons vient de l’envie commune des deux créateurs d’apprendre de nouvelles choses sur le plan éditorial et, sans nul doute, d’une envie de transversalité. Tout cela sur une base amicale, de complicité puisque Olivius vient avant tout d’une envie de travailler, de faire quelque chose ensemble, de « tenter d’autres choses qui, sans être contraires à Cornélius, sont transversales » selon Jean-Louis Gauthey.

Mais cette rencontre entre les deux amis est essentiellement due à Nadja, auteur de la collection avec Les Filles de Montparnasse, et connaissance commune d’Olivier Cohen et Jean-Louis Gauthey.
Nadja-les-filles-de-montparnasse.jpg
« Olivius » c’est donc un travail d’équipe, fondé sur l’amitié : la base d’un bon travail en édition selon les créateurs.



Une collection de romans graphiques en partenariat, un pari fou ?

Pas vraiment, nous dira Olivier Cohen, car le but de cette aventure est avant tout de se démarquer dans une sphère éditoriale où l’originalité manque et ne perce pas. Les romans graphiques redeviennent d’actualité même si leur définition reste encore à débattre, le choix du genre est donc légitime et ne pouvait être autre entre une maison de littérature et une de bande dessinée. Cependant les deux amis ne souhaitent pas consacrer leur collection à adapter des romans de l’Olivier en bande dessinée, un travail qu’ils trouvent sans aucun intérêt. Le but de la collection de ces romans graphiques est de faire découvrir une autre vision de la bande dessinée au public, mais ils espèrent aussi que le public pourra se découvrir grâce à leurs livres.

Choisir des romans graphiques pour support d’une collection a également été l’opportunité de s’interroger sur la définition du genre. Qui de mieux placé que les auteurs pour y répondre ? Pour Najda c’est donc le fait de « raconter une histoire dans le sens romanesque du terme, avec des images ». Selon Anne Baraou, coauteur de Cul nul, le terme de roman graphique est né aux États-Unis par besoin de différencier les ouvrages. En France, ce sont seulement des étiquettes que l’on met sur les livres pour éviter qu’ils passent inaperçus, pour les vendre. Mais ils sont cependant tous d’accord pour dire que ce serait le mélange d’une histoire centrée sur le ressenti des personnages, avec des tendances presque autobiographiques pour certains.

Pour les éditeurs le terme de roman graphique est sans doute une « coquille vide » mais l’utilisation que l’on en fait le rend intéressant. En effet ils l’utilisent pour se différencier de la BD traditionnelle, sortir de la masse de production, et se différencier par l’emploi d’un autre nom.

Baraou---Dalle-Rive-Cul-nul.jpg

Cette nouvelle collection se lance donc sur un partenariat, de la coédition ; un domaine déjà pratiqué – mais pas dans ce genre de cas, plutôt pour de la coédition à l’international. Mais la collection Olivius est tout de même pionnière dans son genre, pour ce qui est de son union entre deux maisons d’éditions spécialisées dans des secteurs différents.

Le but d’Olivius est de faire se rencontrer, par le biais de la technique éditoriale, deux choses qui ne communiquent pas en temps normal : la littérature et le bande dessinée. Deux genres que l’on dit presque « opposés » par leur degré de légitimité.

Attention, le but de cette collection n’est pas de faire de l’adaptation. Les éditeurs ne souhaitent pas consacrer la majorité de leur collection à des adaptations sous forme de bande dessinée des romans de l’Olivier. Ils ne disent cependant pas qu’ils ne le feront pas mais simplement que le point de départ d’Olivius n’est pas celui-là. Si ces deux éditeurs sont assez réservés à ce sujet c’est aussi à cause de la vision qui existe de cette pratique qui serait la « vulgarisation d’un livre réputé difficile à lire ».

Pour ce qui est du choix de leurs publications, leur mot d’ordre est de publier les choses qu’ils aiment en se disant :

« si on les aime peut-être que d’autres les aimeront aussi, c’est à la fois irrationnel –on ne sait absolument pas si cela va plaire à d’autres ou non et le facteur économique entre en compte et joue un rôle important dans les choix que l’on va faire – mais après des années dans ce métier nous sommes convaincus l’un et l’autre, que la meilleure chose à faire c’est de suivre nos goûts et nos intuitions personnelles. »

Le choix des auteurs est pour l’instant simple, la majorité d’entre eux ont déjà publié au sein de la maison Cornélius. De plus ce sont des auteurs qui avaient déjà des projets, qui étaient donc investis dans une démarche de création et investis personnellement dans leur nouvelle œuvre.

Cette conférence était donc l’occasion de découvrir la collection Olivius, mais aussi le lancement d’un nouveau projet jusqu’à présent jamais tenté, en éclaircissant légèrement la question du roman graphique. Une conférence donc très intéressante mais qui a souffert hélas d’un présentateur qui avait du mal à mettre en avant les protagonistes et n’a cessé d’utiliser l’humour, ce qui ne rendait pas forcément très crédible ce nouveau projet d’édition, qui est quant à lui des plus sérieux.


Laure Gallesio et Perrine Thérond, 2ème année Éd.-lib.

 

 

 


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Published by Laure & Perrine - dans bande dessinée
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