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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 07:00

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Dan FANTE
Limousines blanches et blondes platine
traduction par Philippe Aronson
13e note, 2010







 

 

 

 

 

« Être chauffeur de limousine à L.A. est une drôle de façon de gagner sa vie. Un peu comme de bouffer de la merde au cul d’un chien, pour faire plaisir à Dieu le Père. La clientèle de Dav-Ko L.A. était principalement constituée d’oiseaux de nuit et autres zombies : riches producteurs suramphétaminés ou jeunes stars du rock aussi cons que gâtés, rappeurs style gangsta avec le flingue enfoncé dans le calbute, anciens acteurs alcooliques privés de permis, et une tripotée de frimeurs pétés de thune. Des êtres humains incarnant les pires travers de L.A. : un ego surdimensionné et beaucoup trop de blé. »

Dan Fante, Limousines blanches et blondes platine, p.67

 

 

 

Dans la lignée de Bukowski et de son père John, Dan Fante s'est lancé – un peu sur le tard – dans le récit autobiographique, racontant son errance, ses boulots minables, et s'insurgeant contre la monstruosité de la société américaine dans laquelle il vit et contre laquelle il est impuissant.

Il y avait la quadrilogie Arturo Bandini, alter ego de John Fante ; Dan Fante, lui, se projette dans le personnage de Bruno Dante. Dans Limousines blanches et blonde platine, Fante/Dante est chauffeur de limousine pour une boîte huppée. Par ce job, il peut admirer tout le superflu et la futilité des habitants de Los Angeles (sur les terres du père Fante), leurs caprices, leurs déboires, leurs excès. Tous ces gens qui viennent à L.A. dans l'espoir, la foi que cette ville est le lieu idéal pour devenir riche, glorieux et reconnu ; alors que tout cela n'est qu'un cliché. Et pour fuir la réalité, ils s'accrochent à leurs rêves, en ayant recours à la chirurgie esthétique ou encore en consommant des amphétamines.

Les personnages secondaires du livre sont hauts en couleur, presque caricaturaux... Mais pourtant crédibles. Car Hollywood ne serait-elle pas une caricature, au fond ? Il y a d'abord Portia, la secrétaire de la boite de limousines Dav-Ko, seins refaits et accent anglais en prime, charmant tout ce qui passe. Puis David Kaufmann, le patron gay de la boîte, J. C. Smart, une retraitée chic, toujours accompagnée de son petit chien, et enfin sa nièce top-model Che-Che, que l'on retrouve souvent en train de semer des journalistes... Ces personnages offrent un panorama de ce qu'est Hollywood. Encore une fois, à l'image de son père, Fante nous livre un témoignage cinglant sur l'Amérique et surtout ses habitants, qu'il semble haïr, pour la plupart.

Au milieu de ça, Bruno Dante tente de survivre et d'écrire son recueil de nouvelles. Et l'écriture, comme pour son père, est l'unique issue pour survivre face à un monde qui l’exaspère. On sent que Dan Fante s'inspire beaucoup de son père John, dans l'écriture notamment. Nous ne sommes à l'évidence pas dans une écriture consensuelle, mais vraie, sincère, lucide. Comme Bukowski, Fante écrit comme il parle, sans toutefois tomber dans la facilité. Et c'est ce qui fait de ces romans, pourtant plein de vociférations, de colère, des histoires qui vous touchent au plus profond de votre être.


Quentin, 2ème année bibliothèques 2012-2013

 

 


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