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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 08:24

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Darina AL-JOUNDI
Mohamed KACIMI
Le jour où Nina Simone à cessé de chanter
Actes Sud

Collection « Bleu », 2008

Babel, 2010

 

 

 

 

 

 

 

 

«– Arrêtez ce coran de malheur !


Je ne sais pas pourquoi j'ai crié. Mais je devais crier pour ne pas trahir la promesse faite à mon père : ne laisser personne lire le Coran à son enterrement. »


Le jour où Nina Simone a cessé de chanter est un roman autobiographique. La narratrice, Darina Al-Joundi, a confié le récit de sa vie à l’écrivain Mohamed Kacimi. De cette collaboration est né un livre ainsi qu'une pièce de théâtre qui aujourd'hui encore est jouée par Darina Al-Joundi.

Son histoire tient en 158 pages. Elle commence à sa naissance, en 1968, à Beyrouth, au Liban. Elle raconte son enfance et son éducation en contradiction avec les valeurs traditionnelles de son pays. Nous sommes au Liban, dans un pays en majorité musulman et déchiré par des guerres de religions. Chacun a sa place et surtout un rôle, imposé par la société.

Darina Al-Joundi  va sortir de ce moule dès son enfance. Son père, fervent laïc et anticonformiste, va l’élever dans le but d'en faire une femme libre, même si cela déplaît à son entourage ou le choque. Il va lui transmettre ses valeurs spirituelles, politiques ainsi que son mode de vie en contradiction avec sa société. Le but donné à sa fille : acquérir les moyens de se défendre et de choisir comment construire sa vie. Les femmes ont un rôle défini, une image à tenir ; Darina n'en aura pas, dans la mesure du possible. Cependant, les choix de son père en matière d’éducation provoquent de vives réactions.

«  – Tu es fou,déjà que tu es athée tu veux en plus faire de tes filles des putes. Tu leur donnes des cours d'ivresse, tu n'a pas honte !


Mon père toujours hilare lui a lancé :


– Je n'en fais pas des putes, pépé, j'en fais des femmes libres. »

 

 

Ce qui nous marque, dans ce livre, c'est l'esprit de la narratrice, farouchement attachée à sa liberté et prête à mener sa vie comme elle l'entend. Ce sentiment est renforcé par l’écriture, tout aussi libérée, de ce témoignage. Les mots sont crus, pas de fioritures, c'est avec un langage familier que nous est racontée l’histoire. Cela permet entre autres aux lecteurs d’être au plus près des personnages et de se projeter dans les situations. Le récit est dur mais cela marque l'importance des faits racontés.
 
 On évolue dans l'histoire et les traditions d'un pays. À travers le récit, nous est dépeint le Liban, pays déchiré par les traditions, les règles sociales, les religions et surtout les guerres et les massacres. La violence présente rythme le récit et alimente la réflexion de la narratrice sur la violence, les conflits entre les hommes et sur leur folie.

« Le 6 décembre, son père, armé d'un arsenal, descend dans Beyrouth et exécute à lui seul soixante-quinze personnes […] Là, j'ai commencé à sentir que cette guerre allait transformer en loups à la fois les bourreaux mais aussi les victimes. »

 

 

 

La religion est très présente dans ce récit. Deux points de vue sont donnés au lecteur ; tout d'abord les rites ou coutumes sont décrits au plus juste, avec même beaucoup d'innocence et de naïveté. Mais aussi avec un certain recul ; on contemple la scène en même temps que la narratrice. Cependant, le côté critique est présent et interprété par le personnage du père. Celui-ci est souvent très dur et sans retenue.

« — Tout ça, c'est la faute aux religions, c'est ce foutu bon dieu qui fout la merde partout. Le jour où l'on transformera  en bordels les églises et les mosquées, nous serons tranquilles. »

 

 

 

En parallèle, on voit Darina  Al-Joundi grandir et nous raconter son histoire dans un récit « audacieux, impudique et bouleversant ». Malgré la dureté des faits racontés, le récit garde un côté bon enfant, et ce grâce aux nombreuses anecdotes que nous conte la narratrice. Elle nous fait partager ses sentiments mais aussi ses premières expériences sans retenue. Alcool, sexe, et relations, elle confie tout avec liberté.

 


Ce livre nous fait découvrir tout un univers à travers un esprit provocateur et farouchement attaché à sa liberté. Malgré une histoire assez noire, le récit est léger et facile à s'approprier.


Anne-Morgane, 1ère année Bib.-Méd.

 

 

 

 

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Published by Anne-Morgane - dans fiches de lecture 1A
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