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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 07:00

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David B.
L’Ascension du Haut Mal
L’Association

collection Éperluette, 1996-2003

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cher toi,

Je t’écris cette lettre pour te parler du dernier livre que j’ai lu, L’Ascension du Haut Mal de David B. Cette fois-ci, c’est sur un œuvre entre la bande dessinée et le roman graphique que s’est porté mon choix, je pense qu’elle te plaira, du moins je t’en recommande la lecture.

Une particularité dont j’aimerais d’abord te faire part est la maison d’édition l’Association dont David B est l’un des fondateurs. Elle est originale dans sa forme pour ses dessins en noir et blanc, ses différents formats (la collection Éperluette produit des formats A4) et, dans son contenu, pour sa volonté de publier des bandes dessinées dites alternatives ou indépendantes. Ce sont des œuvres différentes, intelligentes, foisonnantes, mais aussi dérangeantes, perturbantes et même parfois obscures…

David B. est à la fois le dessinateur et le scénariste ce qui, je trouve, donne à ses bandes dessinées une dimension absolument personnelle. Son style n’est pas la jonction de deux talents mais une projection directe de lui-même, de ses expériences, de ses ressentis, de sa plume et de son pinceau.


L’Ascension du Haut Mal est une série de 7 tomes aujourd’hui achevée, publiée de 1993 à 2003, qui raconte l’évolution de la maladie du frère de l’auteur, atteint d’épilepsie.

(Le « haut mal » était l’expression utilisée au Moyen-âge pour parler de l’épilepsie).

DavidB-Haut-Mal.jpg En faisant des recherches, j’ai trouvé  une interview pour BD paradisio où  David B. emploie l’expression « mythologie familiale » pour l’Ascension du Haut Mal. Cette expression illustre assez bien son travail qui en effet, à la fois sur le fond et sur la forme, peut s’apparenter à une légende.

L’histoire de Pierre-François (le vrai nom de l’auteur, David B. est une sorte de nom de scène, comme tu t’en doutes) semble lointaine au lecteur lambda, dans le sens où son passé n’est pas commun et l’atmosphère fantasmagorique qu’il met en place par son dessin et ses visions d’enfant peut faire penser à une fresque racontant un récit atypique ou un parcours initiatique.

 Oui, un parcours initiatique, car le jeune Pierre-François découvre la vie à travers des épreuves. Il expérimente avec ses parents l’évolution d’une maladie dans son cercle familial. Une épreuve qu’on ne peut fuir sans se sentir lâche, mais qui éprouve la force (à la fois physique et psychologique). L’influence et l’omniprésence de pratiques orientales y est aussi pour quelque chose. Je ne veux pas te dévoiler tous les détails de l’histoire, mais pour lutter contre la maladie, les parents de l’auteur vont essayer toutes sortes de pratiques aussi extrêmes les unes que les autres.

Le dessin est en noir et blanc et très expressif. On pourrait même penser que ce style personnel est cathartique. Il y a une certaine violence dans son dessin qui est atténuée par la monochromie des images. Je ne sais pas si tu seras de mon avis, mais les scènes de guerre de la bande dessinée me font particulièrement penser au style de Tardi avec des traits épais et ronds. Les images sont métaphoriques et contiennent une symbolique animale très forte qui rejoint la dimension légendaire et initiatique dont je parlais un peu plus haut. Cet imaginaire m’a fait me poser une question : est-ce une vision d’enfant ou d’adulte ? Car c’est un enfant qui écrit… mais c’est un adulte qui écrit cet enfant… Je ne t’en dis pas plus et te laisse à tes nombreuses lectures. En attendant de tes nouvelles,

Amicalement,

Marina

 

PS2 : c’est David B. qui a encouragé et influencé l’œuvre  Persépolis de Marjane Satrapi !

 

Marina P., 2e année BIB

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Published by Marina - dans bande dessinée
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