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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 07:00

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David FOENKINOS
La Délicatesse
Gallimard, 2009

Folio, 2011

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

À propos de l'auteur


David Foenkinos est né 1974 à Paris. Étudiant les lettres et la musique, ils se destine à devenir professeur de guitare, mais se tourne finalement vers l'écriture. Il publie son premier roman en 2002 chez Gallimard. Il est l'auteur de Inversion de l'idiotie : de l'influence de deux Polonais, Entre les oreilles, Le potentiel érotique de ma femme, En cas de bonheur, Les cœurs autonomes, Qui se souvient de David Foenkinos ?, Nos séparations, La Délicatesse, Bernard, Lennon, Le petit garçon qui disait toujours non, Les Souvenirs, Célibataires (théâtre).



Les personnages

Nathalie : elle est le personnage principal. C'est une jeune femme travaillant dans une entreprise suédoise. Elle est séduisante, intelligente et volontaire.

François : Il est le mari de Nathalie. Il décède au début du roman, renversé par une voiture en faisant son jogging. Il travaillait dans la finance et est passionné par les puzzles. Ils se sont rencontrés quand elle avait vingt ans et ont vécu ensemble pendant environ sept ans une vie de couple heureuse et sans problème.

Charles Delamain : c'est le directeur de l'entreprise suédoise dans laquelle elle travaille. Il est marié, mais amoureux de Nathalie.

Charlotte Baron : c'est la femme qui a écrasé François. Fleuriste, elle devait livrer ce jour-là pour un anniversaire de rencontre. Hantée par cet accident, elle a du mal à se remettre au travail. Elle finira par laisser des roses sur son palier.

Chloé : employée sous les ordres de Nathalie, dernière arrivée et la plus jeune. Elle essaie de devenir sa confidente et amie.

Markus : fait partie de l'équipe de Nathalie également. Il est originaire de Uppsala en Suède. Assez atypique, au physique ingrat, gauche, il a tendance à être trop discret au point de se fondre dans le décor. Ponctuel à l'extrême. Il est troublé par le comportement de Nathalie qui l'a embrassé d'un geste gratuit.

Madeleine : la grand-mère de Nathalie. Petit brin de mamie qui accueille chaleureusement et simplement Nathalie et Markus à l'improviste. Le genre de grand-mère qui a toujours le garde-manger débordant de douceurs au cas où les petits enfants passeraient.



Le résumé

Ce roman parle de Nathalie. Les premiers chapitres peignent le portrait de cette jeune femme se lançant dans la vie et vivant avec François, qu'elle perdra au bout de sept ans. À partir du moment où son mari décède brutalement dans cet accident, le récit ralentit et nous dévoile la marche lente du deuil qu'elle doit faire, des faiblesses qu'elle avait su cacher, de ses doutes, de la dépression, puis de son retour dans le monde du travail dans lequel elle se jette à corps perdu pour oublier François.

Pendant ce temps-là, Marc, son patron, obsédé par elle depuis son entretien d'embauche, tente un rapprochement qui sera un échec puisque Nathalie le rejettera au cours du dîner auquel il l'a invitée. Tout le monde au bureau l'observe et s'accorde à dire qu'elle se tue au travail.

Chloé, une employée de son équipe tente alors de devenir sa confidente et de sympathiser avec elle mais Nathalie est agacée par ses manières. Entourée et prise en pitié par tous, Nathalie reste renfermée en elle-même et insensible aux autres, jusqu'au jour où, prise d'une pulsion aussi spontanée qu’inexpliquée, elle embrasse un collègue, Markus, pourtant peu séduisant et qu'elle n'estime pas, qui était venu lui parler d'un dossier. Ce baiser bouleverse alors la vie régulière et monotone de cet homme, les relations qu'elle entretient au bureau et la fera sortir de sa torpeur. Markus, qui a eu des relations assez difficiles avec les femmes auparavant et qui nourrit une grande admiration pour Nathalie, cherche une signification à ce baiser et décide de s'expliquer avec elle, ou plutôt il choisit la réciprocité : l'embrasser aussi subitement qu'elle l’a fait. Ce geste amène alors Nathalie à réfléchir ; acceptant un dîner avec lui, elle découvre un homme sensible, attentionné et qui a de l'humour. Ils doivent alors faire face tous deux à l'incompréhension la plus totale de la part des collègues et de Marc face à la relation qu'ils entretiennent (pourquoi Nathalie s'intéresse-t-elle à un homme aussi insignifiant ?) ; ils sont harcelés de toutes parts et Nathalie finit par abandonner son bureau sur un coup de tête pour aller chez sa grand-mère. Markus la rejoint alors en route, et tous deux sont accueillis chaleureusement dans la vieille demeure de la grand-mère de Nathalie.



Les thèmes abordés

sont ceux du bonheur conjugal, du deuil, des sentiments, de la découverte de l'autre, de la sensualité, et du désir.



Et pourquoi « la délicatesse » comme choix de titre ?

Marc a pour habitude de lire chaque matin une définition dans le Larousse. Le jour où elle reprend le travail, elle va le voir alors qu'il lit la définition du mot délicatesse. Il fait la remarque que c'est un mot qui lui convient.

Les différentes définitions qui sont données dans le dictionnaire et retranscrite par l'auteur dans le texte correspondent tout à fait à Nathalie et aux relations qu'elle entretient avec son entourage, ainsi qu'à certains personnages comme Markus :


Délicatesse n.f.

1. Fait d'être délicat.

2. Litt. Être en délicatesse avec quelqu'un : être en froid, en mauvais termes avec quelqu'un.


Délicat, e : adj. (lat.delicatus).

1. D'une grande finesse ; exquis ; raffiné. Un visage aux traits délicats. Un parfum délicat.

2.Qui manifeste de la fragilité. Santé délicate.

3. Difficile à gérer ; périlleux. Situation, manœuvre délicate.

4. Qui manifeste une grande sensibilité, du tact. Un homme délicat. Une attention délicate.

Péjoratif : Difficile à contenter. Faire le délicat.



Composition et structure du récit

Ce roman est composé de 117 chapitres, courts, un chapitre faisant d'une ligne à quelques pages. Il a pour grande caractéristique d'être sans cesse entrecoupé d'anecdotes ou de remarques anecdotiques, sous forme de chapitres ou de notes de bas de page. On en dénombre au total 56. Ce sont des anecdotes qui ont un rapport au récit, mais superflues pour la compréhension. Néanmoins ce sont ces anecdotes qui donnent toute sa saveur au livre.

Les pages (dans l'édition de poche) contenant les anecdotes : p. 1, 14, 16*2, 20, 21, 23, 28, 31, 35, 41, 43, 52, 53-54, 64-65*2, 67-68, 72, 78, 80, 82, 84, 88, 88-89-90-91-92-93-94, 96, 100, 106-107, 110, 114, 116, 117, 122-123, 124, 74, 91, 92, 127, 134, 139-140, 141, 143, 147, 149, 155, 158, 163, 168, 174-175, 177, 182, 186, 189, 190, 194, 204, 206.



Quelques exemples

« Il y a souvent une nette tendance à la nostalgie chez les Nathalie. » (page 11)

 

 

« Les trois livres préférés de Nathalie :

Belle du seigneur, d'Albert Cohen

L'Amant, de Marguerite Duras

La Séparation, de Dan Franck »  (page 16)

 

 

« Distance entre Paris et Moscou

2478 kilomètres » (page 31)

 

 

« Possibilités de phrases dites par François, avant de partir courir

Je t'aime.

Je t'adore.

Après le sport, le réconfort.

Qu'est-ce qu'on mange ce soir ?

Bonne lecture mon amour.

J'ai hâte de te retrouver.

Je n'ai pas l'intention de me faire écraser.

Faut vraiment qu'on fasse un dîner avec Bernard et Nicole.

Faudrait tout de même que je lise un livre moi aussi.

Je vais surtout travailler mes mollets aujourd'hui.

Ce soir, on fait un enfant. » (page 35)

 

 

« Ingrédients nécessaires pour le risotto aux asperges

200 g de riz Arborio (ou riz rond)

500 g de pignons de pin

1 oignon

20 cl de vin blanc sec

10 cl de crème liquide

80 g de parmesan râpé

huile de noisette

sel

poivre


Pour les tuiles au parmesan

80 g de parmesan râpé

50 g de pignons de pin

2 cuillères à soupe de farine

quelques gouttes d'eau » (page 106-107)


« Article Wikipédia concernant les PEZ

Le nom PEZ est dérivé de l'allemand Pfefferminz, la menthe poivrée, qui fut le premier parfum commercialisé. PEZ est originaire d'Autriche et est exporté partout dans le monde. Le distributeur de PEZ est une des caractéristiques de la marque. Sa grande variété en fait un objet recherché par les collectionneurs. » (page 134)



Avis personnel

C'est un roman que je recommande vivement. Il est agréable à lire, il y a des moments de lyrisme, d'autres d'humour, parfois de réflexion aussi, le tout entrecoupé de ces anecdotes qui ne manquent pas d'étonner le lecteur au début puis de l'amuser et de lui apprendre quelques savoirs utiles ou inutiles ( par exemple les quelques précisions techniques concernant les allergies au poisson , page 168, ou encore « la location de petites jambes n'existe pas », page 116) C'est le genre de roman que l'on prend plaisir à lire, d'une seule traite ou par petites bouchées selon les préférences de chacun et chacune.
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David & Stéphan Fooenkinos


L'adaptation cinématographique par l'auteur lui-même et son frère est sortie le 21 décembre au cinéma. Ne l'ayant pas encore vue, je ne peux pas donner mon avis dessus, mais il serait intéressant de le voir au moins pour savoir si me film respecte l'extrait du scénario que l'auteur a inséré dans le roman page 67 (pour l'édition poche), séquence 32 entre Nathalie et Chloé !


Catherine, 2e année Bib.-Méd.


 

Lire ici le compte rendu d'une rencontre avec David Foenkinos.

 

 

 

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commentaires

lilou 12/10/2015 17:16

Le patron de l'entreprise suedoise a pour nom Charles et non Marc comme répeté plusieurs fois dans ce résumé.

Myriam 15/03/2013 02:49

2e paragraphe du résumé, c'est "Charles, son patron" et non "Marc" il me semble.

Lybertaire 12/04/2012 19:44

Je suis d'accord avec Emmanuel : si le livre est drôle, pour autant il n'est pas inoubliable et son ambition reste modeste. "Ça se lit", ça fait sourire, mais ça ne marque pas.

Emmanuel 30/03/2012 12:28

J'avoue ne pas être tellement d'accord avec cet avis. Tout ce qui pourrait faire "l'originalité" du livre est tellement mièvre qu'il prête à sourire effectivement, mais d'un sourire condescendant
et moqueur plutôt que de plaisir. Quant au style et à l'histoire, ils me semblent plats et sans saveur. Mais le plaisir des blogs littéraires est naturellement de pouvoir confronter les avis pour
permettre à chacun de faire le sien en se reconnaissant dans les goûts de tel ou tel bloggeur.

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