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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 07:00

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David GOODIS
Nightfall
Gallimard,1950,
Rivages/Noir 2009
nouvelle traduction
de Christophe Mercier


 

 

 

 

 

 

 

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David Goodis est né le 2 mars 1917 pour mourir le 7 janvier 1967 à Philadelphie, âgé de 49 ans, seul et dans l'indifférence générale. L'écrivain fut longtemps oublié aux États-Unis, son propre pays, mais reconnu en France comme un maître du polar, ayant participé à populariser le genre.

En 1938, il sort de l'université, un diplôme de journalisme en poche, et part s'installer à New York. Il débute alors sa carrière en écrivant pour les pulps (magazines américains très peu coûteux). Son premier roman, Retour à la vie, est publié en 1939 ; malgré un accueil plutôt positif par la critique, le succès commercial n'est pas au rendez-vous. Mais l'homme est décidé à vivre de sa plume, et ses efforts sont récompensés quand, en 1946, il publie son second roman, Cauchemar (en anglais Dark Passage). Et là tout s'enchaîne très vite : le livre est adapté au grand écran avec comme acteurs principaux les deux stars Humphrey Bogart et Lauren Bacall, sous le titre Les Passagers de la nuit en français, devenu aujourd'hui un classique du genre. La réussite du roman et du film lui vaut d'être embauché comme scénariste à la Warner Bros. Fort de ce succès, il publie l'année suivante Nightfall.
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Cependant, Goodis est un personnage très particulier, puisqu'il décide soudainement d'abandonner sa vie de scénariste hollywoodien et de retourner vivre chez ses parents à Philadelphie. C'est le début d'une longue descente aux enfers ; il sombre dans l'alcool, la solitude. Le mystère autour de sa vie est toujours présent, car encore aujourd'hui demeurent de nombreux trous dans sa biographie. Beaucoup ont d'ailleurs pu remarquer les similitudes que l'on peut retrouver entre la personnalité triste et perturbée de ses personnages principaux et la sienne ; peut-être a-t-il eu le désir de projeter sur le papier ses propres démons. Pour plus d'informations, vous pouvez consulter le site  www.davidgoodis.com (en anglais), très complet, qui réunit les nombreuses recherches effectuées sur l'auteur.

Certes, ses romans se vendent très bien aux Etats-Unis, mais c'est particulièrement en France que l'écrivain accède à une véritable reconnaissance littéraire, à travers la publication de ses œuvres dans la toute nouvelle collection de Gallimard, « Série Blême », puis « Série Noire » (Nightfall est publié pour la première fois en France en 1950). Goodis est là encore popularisé grâce aux adaptations cinématographiques telles que Tirez sur le pianiste par François Truffaud en 1960 ou un peu plus tard La lune dans le caniveau par Jean-Jacques Beinex en 1983.



L'histoire

Comme la plupart des autres héros de Goodis, James Vanning est un homme ordinaire, seul et triste, sans grande ambition, qui aspire à une meilleure vie. Mais un jour, tout bascule. C'est ce qui s'appelle se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment. Alors qu’il s’arrête pour porter secours à une voiture accidentée sur une route déserte, il s'avère que les blessés sont des gangsters en fuite venant tout juste de braquer une banque à Denver. Il se retrouve donc pris en otage et embarqué dans cette histoire. Puis, pour une raison qu'il ne comprend absolument pas, les malfaiteurs le laissent seul dans une chambre d'hôtel, avec pour seule compagnie la mallette du braquage contenant 300 000 dollars et un revolver chargé. Complètement paniqué, il s'enfuit avec les deux objets, mais se fait stopper dans sa course par un associé des gangsters, qu'il tue en situation de légitime défense. Le voilà en plus devenu un meurtrier. Alors il continue de courir encore et encore, jusqu'à bout de souffle, et surtout jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'il n'a plus la mallette à la main. Convaincu, et à raison, que la police ne le croira jamais s'il leur raconte qu'il ne sait plus ce qu'il a fait des 300 000 dollars, il se réfugie à New York, se transformant en fugitif, tentant d'échapper à la fois aux forces de l'ordre mais aussi aux malfrats qui le poursuivent. À tout cela, vient s'ajouter une histoire d'amour qui n'est pas moins compliquée : sa bien-aimée Martha est-elle réellement sincère dans ses sentiments ou veut-elle le piéger pour le livrer à ses agresseurs.



Deux points de vue

Le récit adopte deux points de vue : celui de Vanning, qui tente désespérément de se souvenir du moment où il a pu faire tomber la fameuse mallette, mais aussi celui de Fraser, l'enquêteur chargé de procéder à son arrestation ; il ne l'arrête cependant pas, son instinct lui disant que l'homme aurait effectivement gardé l'argent pour lui, mais qu'il n'aurait pas le profil d'un meurtrier. Le choix de ces deux points de vue est intéressant, car cela permet au lecteur de se sentir impliqué dans le récit. On suit les réflexions de Fraser en sachant ce qu'il ne sait pas, en connaissant la vérité. Cela engendre même presque un sentiment de frustration et l'envie naturelle de souffler au policier que rien de toute cette histoire n'est réellement la faute de Vanning.



L'écriture

L'écriture de David Goodis se distingue par sa simplicité, des phrases souvent courtes qui vont directement à l'essentiel. Cela donne un style assez particulier à l'ensemble, dépouillé de toute fioriture, qui on le voit a fortement inspiré les cinéastes, dans sa capacité à décrire des événements à la manière d'une scène, d'une séquence cinématographique.

Enfin, en plus de cette écriture caractéristique des romans noirs de l'époque, on retrouve une certaine ironie ressortant du caractère même de Vanning. Le peu, voire le manque total d'espoir de s'en sortir vivant ou libre lui procure un regard très cynique sur sa situation.




Séphora Villeronce, 1ère année Édition-Librairie

 

 

David GOODIS sur LITTEXPRESS

 

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Article d'Anaïs sur La Blonde au coin de la rue 

 

 

 

 

 

 

 

David Goodis rue barbare

 

 

 

 

Article de Blandine sur  Rue Barbare

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Published by Séphora - dans polar - thriller
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