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23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 07:00

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David PEACE
Tokyo, année zéro
Titre original
Tokyo Year Zero
Faber and Faber, 2007
traduit de l’anglais
par Daniel Lemoine
Payot et Rivages, 2008
Rivages/noir, 2010



 

 

 

 

 

 

 

Né au Royaume-Uni en 1967, David Peace arrête très vite sa formation à l’école d’enseignement technique de Manchester et part pour Istanbul y enseigner l’anglais. Depuis 1994, il poursuit son activité d’enseignement à Tokyo où il vit avec sa famille. Toute sa scolarité a été bouleversée par les activités de l’éventreur du Yorkshire. C’est cela qui a développé chez lui cet intérêt pour le crime. En effet, jusqu’en 1977, Peter Sutcliffe a assassiné treize femmes. À cause d’un concours de circonstances, David Peace a cru pendant longtemps que le tueur était son père. Cela a beaucoup influencé son écriture, en particulier dans ce que l'on considère comme son chef-d’œuvre : le Quatuor du Yorshire, dont les volumes ont paru en 1974, 1977, 1980 et 1983.



Tokyo année zéro se déroule donc à Tokyo, un an après la capitulation du Japon, soit en 1946.

Il s'agit du premier tome d'une trilogie fondée sur la reconstruction du Japon et les traces laissées par la guerre. Peace a réalisé cette trilogie parce qu’il lui semblait intéressant de voir comment une ville aussi gigantesque et occupant un rôle aussi important dans le monde d'aujourd'hui s'était relevée, reconstruite sur l'horreur et par l'horreur. Lorsque Peace parle de Tokyo, il dit :

« Quand je déambule dans Tokyo, j'ai toujours l'impression de marcher sur deux couches de cendres, les cendres des ruines de la ville et celles des morts. Je suis fasciné par la façon dont Tokyo s'est reconstruite sur ses ruines et est devenue cette ville futuriste et moderne. » 

L'histoire est inspirée d'un fait réel, comme l'indique l'auteur à la toute fin du roman, dans une note.



Structure du roman

Le roman est composé d'un prologue et de trois parties, chacune d'environ 150 pages. Le passage d'une partie à l'autre se fait lorsque l'inspecteur Minami, le personnage principal, prend un somnifère, la Calmotine. On peut alors lire un texte sur la page de gauche précédant le premier chapitre de partie. La typographie est différente : le texte n'est pas du tout aéré, il est brut, sans paragraphe, la taille de la police est plus petite que celle utilisée dans le reste du texte. Les seuls mots mis en exergue sont « Trente Calmotine, trente et une... » : Minami prend ses cachets, ou les compte. On comprend réellement que ces textes indépendants concernent la guerre et ses horreurs à la fin du roman, lorsque trois pages entières sont rédigées de cette manière. En lisant ces pages les unes à la suite des autres et non pas en début de chapitre, on réalise qu'elles reconstituent un historique de la guerre, celle que Minami a vécue, et qui le fait plonger dans un état de folie avancée.


Le prologue

Le « quinzième jour du huitième mois de la vingtième année de l'ère Shôwa », soit le 15 août 1945, un cadavre est découvert. Les inspecteurs de la police métropolitaine de Tokyo, Minami, Fujita et Nishi sont dépêchés sur place. Il s'agirait de Miyazaki Mitsuko, une jeune fille d'environ 18 ans, disparue quelques mois auparavant. Un Coréen est accusé, et « jugé » sur place : il est condamné à mort et enterré vivant.

Pendant cette arrestation, l'Empereur japonais prononce une allocution à la radio, dans laquelle il déclare la capitulation du Japon et la victoire des États-Unis. C'est une immense honte pour les policiers japonais présents, ainsi que pour l'ensemble de la population japonaise.


Première partie : La porte de chair (p.44-196)

Un an après la capitulation, deux nouveaux cadavres, ceux de deux jeunes femmes, sont découverts dans le parc Shiba de Tokyo. Minami et ses collègues sont chargés de résoudre l'affaire. Après autopsie, il s'avère que les femmes ont été violées puis étranglées avec leur ceinture. Mais l'enquête piétine, pour de multiples raisons : un des cadavres n'est pas identifiable car en état de décomposition avancée (il ne reste que des lambeaux de peau sur les os), il y a trop de personnes déclarées disparues, pas assez de moyens à disposition pour résoudre l'enquête, etc. De plus, Minami est hanté par tous les cadavres qu'il a pu voir jusqu'à maintenant, et malade.

Des pistes finissent par être trouvées pour le premier cadavre : un homme, Kodaira Yoshi, est accusé du viol et du meurtre de la première femme ; identifié comme étant Midorikawa Ryuko, il finit par avouer. Mais au fur et à mesure que l'enquête avance, Minami commence à avoir des soupçons sur deux de ses collègues, les inspecteurs Ishida et Fujita. Suite à une conversation avec un journaliste, Hiyashi Jo, Minami panique car celui-ci menace de dévoiler ses liens avec le gang Matsuda à ses collègues, mais apprend que Fujita a été vu dans le bar où a été tué Matsuda.


Deuxième partie : Le pont des larmes (p.198-368)

Suite aux aveux de Kodaira, les policiers réalisent que d'autres dossiers correspondent au mode opératoire du meurtre de la jeune fille, et décident de les rouvrir. Ils cherchent toujours à identifier le deuxième cadavre du parc mais sans succès. En enquêtant sur la piste du meurtre non résolu d'Abe Yoshiko, Minami découvre qu'une de ses amies, Tominaga Noriko, a également disparu et que son signalement ressemble énormément à celui du deuxième cadavre. Après enquête, il s'avère que cette dernière est toujours vivante mais tient à rester portée disparue pour pouvoir vivre son histoire d'amour avec un policier.

Parallèlement, les équipiers de Minami se plaignent auprès de leur supérieur, l'inspecteur chef Adachi qui décide de rétrograder Minami et l'éloigne de Tokyo le temps qu’il achève ses enquêtes.


Troisième partie : La montagne d'ossements (p. 370-482)

Minami et Ishida enquêtent sur les dossiers présentant des points communs avec ceux des premières victimes. Pendant le séjour, Minami trouve qu'Ishida a un comportement bizarre et ne comprend pas pourquoi il a un pistolet sur lui. Après avoir réussi à réunir des preuves contre Kodaira, ils décident de rentrer à Tokyo. Minami menace Ishida après lui avoir pris son arme, mais le tue avant de lui avoir fait avouer quoi que ce soit.

Il devient alors complètement fou, et le récit devient encore plus difficile à suivre, puisque composé (en apparence) de flashbacks d'épisodes de la guerre et de la réalité. Il retourne au commissariat et prend un de ses anciens subordonnés en otage : il lui demande de lui expliquer pourquoi Ishida a tenté de le tuer. Sa folie le conduit à répéter sans cesse : « Je sais qui je suis ». Kodaira a reconnu en Minami un ancien camarade de guerre, et à partir du moment où cette information est révélée, il devient difficile de dire ce qui tient de la réalité, ce qui tient du souvenir, ce qui tient de la folie... dans le récit de Minami.



Personnage principal : Inspecteur Minami

Policier, il a obtenu son poste grâce à son père pendant la guerre, car il était ami avec le commissaire. Marié, il a deux enfants, dont une fille gravement malade et touchée aux yeux. Ce qui apparaît principalement de lui dans le roman, c'est sa quête d'identité. Bouleversé, traumatisé par la guerre, il cherche à trouver sa place dans un nouveau Japon. Retrouver le meurtrier des trois filles est sa manière à lui de se reconstruire et d'avancer dans la vie.

On apprend à la toute fin qu'il s'appelle en fait Katayama et qu'il a été caporal de la Kempeitai (police militaire de l’armée impériale) pendant la guerre. Pour échapper à l'asile psychiatrique, on lui a donné une nouvelle identité et un nouveau travail. Mais incapable d'oublier ce qui s'est passé durant la guerre, il finit par devenir complètement fou et se fait interner à l'hôpital psychiatrique Matsuzawa.


Aurore, 1ère année bib.-méd.

 

 

 

David PEACE sur LITTEXPRESS

 

 

david peace tokyo Annee zero

 

 

 

 

 

 

 Article de Marine sur Tokyo année zéro.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Aurore - dans polar - thriller
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