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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 07:00

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Dennis BAJRAM
Universal War One, L’intégrale
 Quadrants, 2010

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Biographie

 

Denis Bajram est né à Paris en 1970. Dès l’âge de 8 ans, il commence à dessiner des albums complets de bande dessinée. Plus âgé, il débute des études de sciences avant d’aboutir dans le domaine des Beaux-Arts puis des Arts Déco, où il étudie le graphisme et la scénographie. Remarqué dans un fanzine nommé Scarce, il travaille ensuite pour le magazine Goinfre en 1992 et en devient le rédacteur en chef un an avant de le quitter.

Sa première œuvre en deux tomes, Cryozone, est réalisée en collaboration avec le scénariste Thierry Cailleteau et paraît chez Delcourt en 1996, puis en 1998.

Denis Bajram s’installe par la suite à Angoulême, où il travaille à l’atelier Sanzot (aujourd'hui  Crocogoule) puis l’atelier Entropie (ateliers de bande dessinée).

 

C’est en 1998 que les éditions Soleil lui proposent de travailler sur une nouvelle série de science-fiction : Universal War One. La série paraît d’abord de façon épisodique dans le journal Lanfeust Mag avant d’être adaptée en bande dessinée. Pendant neuf ans, Denis Barjam se penchera sur cette série qui s’achèvera au sixième tome en 2006.

Il participe à la création de l’atelier Central Park à Paris, et commence le scénario d’une nouvelle série, Les Mémoires mortes, publiée aux Humanoïdes Associés.

Après Paris, c’est à Bruxelles qu’il s’installe, avec son épouse, Valérie Mangin, et ils fondent ensemble la structure éditoriale Quadrant Solaire en 2006, puis Quadrants en 2007.

Aujourd’hui, c’est en Normandie que Denis Barjam poursuit ses projets de bande dessinée, tout en s’adonnant à d’autres activités comme le développement de programmes informatiques, la musique, etc.



Universal War One

Les principaux personnages de l’escadrille Purgatory

L’escadrille Purgatory est une escadrille spéciale ; ses membres ont tous un point commun, celui d’être du « gibier de potence » : en attente d’être jugés par la cour martiale. Intégrer l’escadrille est pour eux une deuxième chance, une occasion unique de pouvoir se racheter de leurs erreurs passées.

 


Kalish

Kalish est un paria à la carrure imposante, ce qui détonne beaucoup avec son statut de scientifique surdoué. Il considère autrui comme inférieur, est agressif et incapable de se contrôler. Il a provoqué une bagarre et blessé gravement plusieurs personnes.

 

 

Mario

Mario est un couard. Il est incapable de prendre des décisions importantes et d’affronter le danger. Au cours d’une mission, alors qu’il commandait un convoi, il a paniqué devant l’approche d’un champ d’astéroïdes causant ainsi la perte de trois navettes.

 

 

Balti

Balti est le stéréotype d’un super héros vaniteux, machiste et hautain. Orgueilleux, il n’en fait qu’à sa tête. Voulant jouer les héros, il a tenté de secourir l’équipage d’une navette en difficulté, sans attendre les secours. Son initiative héroïque s’est achevée par un drame : il a percuté la navette de secours, ôtant tout espoir de secourir le vaisseau en difficulté et faisant trois blessés.

 

 

June

Elle est la fille de l’amiral de la flotte. Étouffée depuis toujours par son père, elle cherche à se défaire de son ombre en désobéissant. Elle a refusé d’obtempérer à des ordres de ses supérieurs qui visaient à réprimer par la violence une rébellion de mineurs civils.



Amina

Elle a été victime durant sa vie de plusieurs agressions sexuelles. Pour se venger, elle a littéralement émasculé au cuter l’un de ses agresseurs qui est depuis dans un coma profond.

 

 

Milorad

Milorad a vécu son enfance dans un orphelinat religieux dans lequel il était humilié et maltraité. Il a agressé sexuellement une infirmière.



Résumé

2098. La galaxie est réunie autour d’un gouvernement unique : La Fédération des Terres Unies. Bien qu’autoritaire, il permet d’unir les hommes et de faire régner l’ordre. Mais dans l’ombre, les Compagnies industrielles coloniales, association de grands groupes d’industriels et financiers, se développent. Ces partisans, envieux d’une économie ultra libérale où les grands groupes ne sont plus contraints par un rattachement étatique, créent en secret une armée et menacent la paix.

Dans l’espace, un mur sombre apparaît et masque une partie du système solaire. L’armée de la Fédération des Terres Unies (UEF) dépêche une flotte sur place pour étudier et tenter de comprendre le mystérieux phénomène. L’escadrille Purgatory est envoyée au plus près du mur pour l’observer. Des sondes traversent la masse sombre pour prendre des mesures mais aucune ne parvient à transmettre de données, la force gravitationnelle à l’intérieur du mur semble trop forte. Grâce à un ingénieux système de générateur antigravitationnel, Kalish, paria scientifique de l’escadrille, parvient à ouvrir un passage. Mais l’activité de l’escadrille, suite à des problèmes internes, est suspendue et menacée d’être dissoute car trop indisciplinée. Or il y a eu des récidives. Suite à une altercation et sur un coup de tête inconscient, Balti, autre membre de l’escadrille, traverse le mur avec son vaisseau sans autorisation et revient quelques minutes plus tard avec un modèle différent et mortellement blessé. Voulant comprendre les raisons de sa mort, l’escadrille décide de traverser le mur à son tour, malgré l’interdiction formelle.

Arrivée de l’autre côté, l’escadrille est attaquée et est obligée de battre en retraite. À leur retour, ils sont mis aux arrêts pour leur indiscipline, mais par un habile chantage, Kalish parvient à libérer ses camarades. Il est en effet le seul à comprendre le phénomène du mur, et accepte donc de transmettre son savoir aux autres scientifiques en échange de la liberté de ses amis. Le mur serait en réalité plutôt un cône dont la source proviendrait de l’extrémité la plus fine.
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Or une station des Compagnies Industrielles coloniales (C.I.C) a été localisée à cet endroit. Après que tous les vaisseaux se sont équipés de générateurs antigravitationnels permettant de franchir le mur, la flotte de l’UEF se décide à le traverser. Un combat est engagé, au cours duquel les ennemis, inconnus, disposent d’un avantage qui met rapidement la flotte en péril : l’espace6temps est contracté à l’intérieur ; plus on se rapproche de la source du cône, plus le temps s’accélère. Ainsi, le temps se déroule beaucoup moins vite pour les adversaires, qui ont tout l’occasion d’abattre les vaisseaux de l’UEF se déplaçant au ralenti. L’escadrille Purgatory contourne Saturne qui a été littéralement coupé en deux par le filament sombre à l’extrémité du cône et cherche à détruire au plus vite la source de ce dernier afin qu’il disparaisse et que le cours du temps se rétablisse. Ils parviennent à leur but mais Amina a été touchée au cours de la bataille et s’est écrasée sur une planète. L’explosion de la station et la destruction du mur produisent un effet inattendu : l’escadrille se retrouve propulsée dans le passé, face à la station qu’ils viennent de détruire. Ils s’arriment à elle pour l’explorer. Mario voit dans ce retour dans le temps une occasion de sauver Balti : il n’est pas encore tué et traverse le mur à ce moment, Mario part donc le récupérer avant qu’il ne meure une deuxième fois. Mais de retour à la station, un scientifique, resté seul, caché dans cette dernière, les empêche de repartir vers le reste de la flotte. Il travaillait avec une équipe sur une arme révolutionnaire : un laser dont le rayon serait une hyperconcentration du temps.

 

Mais tout ne s’est pas déroulé comme prévu lors des essais : le rayon est devenu un wormhole (sorte de petit trou noir), un cône à l’intérieur duquel le temps est concentré. L’homme refuse de laisser partir l’escadrille de peur de créer un paradoxe temporel et de perturber le cours du temps : si Balti ne meurt pas et repart avec eux, Mario ne traversera jamais le mur et c’est ainsi toute l’histoire qui se retrouve modifiée. Mais très vite, Kalish comprend que « le temps est indivisible, il est le corps même de l’univers ». Le paradoxe temporel n’existe pas, l’univers et le temps ne sont qu’un, il est impossible de les modifier. Ainsi la boucle se boucle, tous les éléments se rejoignent : Balti décide de mettre fin à ses jours pour redonner au temps son cours normal, il se blesse mortellement et ses blessures sont identiques à celles qu’il avait quand il est découvert mort par l’escadrille au début de l’histoire. Kalish le transporte dans une navette, elle même identique à celle qu’il a utilisée pour retraverser le mur au début de l’aventure…

L’escadrille finit par s’échapper et se dirige vers la Terre pour tenter de localiser l’emplacement d’une deuxième station wormhole et la détruire avant que les C.I.C, qui ont lancé un ultimatum aux Fédérations des Terres Unies, menaçant de détruire la Terre, ne s’exécutent. L’escadrille Purgatory découvre que la station C.I.C est cachée au sein d’une station terrienne, mais ne parvient pas à temps pour l’arrêter avant la fin de l’ultimatum : la planète Terre est détruite. L’activation du wormhole a propulsé l’escadrille en dehors de la galaxie, lorsqu’ils parviennent à revenir, grâce à Kalish qui a trouvé le moyen de voyager dans le temps, trente ans se sont écoulés et le monde vit sous la dictature des C.I.C. Furieux de la destruction de la planète mère, Mario se jette au cœur de la station et la détruit, ainsi que le wormhole. Les Purgatory se dirigent alors sur Mars colonisée, pour tenter de monter une rébellion contre un régime où les moindres agissements des citoyens sont contrôlés, surveillés, rendant tout soulèvement quasi impossible.

C’est pourtant à la tête d’une petite armée de rebelles que l’escadrille parvient à attaquer en même temps toutes les stations wormhole et le Palais, où réside le Président du conseil d’administration des C.I.C, l’homme à la tête de toute l’organisation. Cet homme, à la stupéfaction générale, n’est autre que Mario. Sa tentative désespéré pour anéantir la station ne l’a pas tué, mais l’a renvoyé dans le temps, 95 ans en arrière. Étant technicien, il a reconstitué un moteur gravitationnel, invention unique à l’époque, grâce à laquelle l’humanité a pu partir à la conquête de l’espace. Il devient donc rapidement un homme immensément riche et fonde son empire : Les C.I.C.

Le but ultime de cet homme est désormais de faire une déclaration universelle de guerre en lançant, sous les yeux de l’escadrille une version améliorée du wormhole, dont le rayon d’action du mur est visible depuis les autres galaxies. Mais ses plans ne se déroulent pas comme prévu : surgie du temps, une escouade de soldats très avancés technologiquement met fin au complot. Ces hommes viennent d’une civilisation appelée les enfants de Canaan, fondée par Kalish il y a trois siècles et dont le devoir était d’interrompre la guerre. C’est donc sur une planète isolée que partent les membres de l’escadrille, afin de créer cette civilisation parfaite et son récit fondateur : La Bible de Canaan.



L’analyse

 La psychologie des personnages.

Ce qui frappe dès les premières pages de cette bande dessinée, c’est la volonté de l’auteur de donner une psychologie particulière à chacun de ses personnages. Tous se comportent selon leurs défauts. Mais la particularité est que leurs vices sont complémentaires : associés aux défauts d’autres personnages, ils créent un équilibre. Au cours des missions, Balti et Mario travaillent ensemble alors qu’ils ont des personnalités contraires : Mario est peureux, Balti fonce sans réfléchir. Cette association de leurs caractères antagonistes devient une force : ils agissent mieux à deux.

Néanmoins, la personnalité de chaque personnage emprunte des chemins très convenus, ce qui brise la possibilité de surprendre le lecteur : leurs actions sont prévisibles.



Une épopée biblique

Au début de chaque chapitre, un extrait d’une Bible, « la Bible de Canaan », est cité. À mesure de l’avancée de l’histoire, ces citations prennent un sens. Au début elles concernent la création de l’univers par Dieu, l’exclusion du Paradis de l’Homme et son arrivée sur Terre, l’assassinat d’Abel par son frère Caïn, pris de jalousie. Puis l’arrivée du déluge, l’unification des hommes, la création de la tour de Babel…

Si cette Bible est fictive, elle s’inspire néanmoins beaucoup de la Genèse. De nombreux éléments de la bande dessinée rappellent un épisode biblique et c’est en réalité sur ces derniers que se construit toute l’architecture du récit. À la fin de la bande dessinée, on comprend que cette « Bible de Conaan » est rédigée par Kalish, qui est revenu dans le passé par le voyage dans le temps pour fonder sa civilisation. Il joue un rôle de prophète, il écrit l’histoire de l’humanité avant qu’elle ne se soit produite, car il l’a déjà vécue.

On retrouve ainsi l’épisode de la création de l’univers par Dieu, provenant de la Bible (Genèse un et deux), quand le lecteur découvre le monde dans lequel vivent les personnages au début de l’histoire.

Le péché (Genèse trois) est aussi présent, à travers les défauts de chaque personnage (orgueil, désobéissance, peur…) et la soif de connaissance de l’humanité qui souhaite s’élever toujours plus haut par la science, les technologies…

Caïn et Abel (Genèse 4) sont incarnés par le personnage de Balti. Ce dernier est une erreur de l’univers, un paradoxe, il est vivant alors qu’il devrait être mort. La lutte intérieure de ce personnage est représentée par l’assassinat d’Abel par Caïn : conscient de sa situation, il se tue. Balti cherche aussi à être reconnu des autres, tout comme Caïn cherche à être reconnu auprès de Dieu par son offrande dans la Bible.

Le déluge sur Terre (Genèse 6) est symbolisé par la destruction de la planète par les C.I.C et l’Arche de Noé (Genèse 7, 8 et 9) par l’escadrille qui s’échappe de la Terre à bord d’une navette.

La tour de Babel et l’unification des hommes (Genèse 11) est illustrée par l’empire des C.I.C contrôlant la galaxie par une dictature unique et dont l’objectif est de conquérir l’univers. Dans la Bible, la tour de Babel a ressemblé l’humanité en une seule faction et pour un objectif : conquérir les cieux et être à l’égal de Dieu.

Enfin, la bande dessinée reprend l’exil d’Abraham dans le pays de Canaan (Genèse 12) : Kalish (représentation d’Abraham) et le reste de l’escadrille partent fonder une civilisation sur une planète lointaine appelée Canaan, qui sera chargée d’arrêter les C.I.C.


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Canaan : une terre d’utopie

La planète sur laquelle se retrouve l’escadrille est loin de tout. Isolée par le temps, car les personnages sont revenus dans le passé, et l’espace, car située à l’écart du système solaire de la Terre.

Les habitants y vivent en parfaite entente, il n’y a aucun conflit : le voyage temporel permet de ne pas oublier les erreurs passées de l’Homme, la civilisation peut se construire en paix, en apprenant des leçons de celles-ci.

La technologie est utilisée de façon pacifiste, pour et non contre les hommes. Les individus sont représentés comme étant parfaits : beaux, musclés, sages…

On retrouve dans le portrait de cette civilisation beaucoup de points commun avec des œuvres utopiques et plus particulièrement celle de Thomas More (Utopia) : le lieu est éloigné, parfaitement protégé, les habitants vivent en totale harmonie et  chaque homme est égal aux autres…



L’empire C.I.C : Ultralibéralisme économique et dystopie à grande échelle

La dictature C.I.C est très inspirée des grands romans dystopiques comme 1984 de George Orwell ou Fahrenheit 451 de Ray Bradbury. On retrouve un univers où les libertés n’existent plus, où le pouvoir en place contrôle et surveille les moindres agissements et la pensée de ses citoyens. Dans Universal War One, sous prétexte de sécurité, les C.I.C ont instauré un système de base de données permettant de tracer les moindres faits et gestes des citoyens : la biométrie. Partout les citoyens doivent s’identifier, et sont donc surveillés. Plus qu’un moyen d’identification, la biométrie permet aussi les soins médicaux et sert de système bancaire, excellent moyen d’éradiquer toute tentative d’économie parallèle et donc d’activités contre le pouvoir en place.

Cette société dystopique est le résultat de l’ultralibéralisme économique. Elle reflète une peur dans notre monde d’aujourd’hui, celle de voir de grandes multinationales prendre peu à peu un pouvoir économique, politique et financier trop important, échappant ainsi peu à peu au contrôle des États et devenant plus puissantes et incontrôlables. Associer dystopie et libéralisme économique est peut-être une manière pour l’auteur de dénoncer les dérives possible de ce système.



Le voyage dans le temps, grand thème de la science-fiction

Le voyage dans le temps est un thème majeur dans Universal War One. Une réflexion est proposée sur ce phénomène, sur les conséquences de sa découverte par l’homme comme la finalité de son utilisation. Quand il comprend qu’il vient de trouver le moyen de voyager dans le temps, Kalish tente de se suicider, il n’assume pas sa découverte. Il a peur qu’elle soit utilisée à des fins meurtrières et qu’il soit à l’origine de nombreuses morts.

Mais c’est aussi à la perception du temps que s’intéresse Denis Bajram, aux conséquences du voyage dans le temps sur l’espace. Ainsi est évoquée la théorie du paradoxe temporel, selon laquelle chaque irruption dans le passé ou le futur peut modifier le cours de l’Histoire et dérégler l’univers. Mais cette théorie est rapidement écartée au profit d’une autre, selon laquelle l’univers et le temps ne sont qu’un seul et même corps, indivisible. Rien ne peut donc perturber l’harmonie de l’univers, pas même le voyage dans le temps.

Au cours du récit, les différentes théories scientifiques sont expliquées à l’aide de schémas, ce qui permet au lecteur de mieux comprendre les propos des personnages.



Mon avis

Universal War One est une bande dessinée intéressante qui nous entraîne progressivement dans un univers vaste et vertigineux où sont explorées des thématiques classiques de la science-fiction. Le récit est intelligemment construit, n’est pas superficiel et ne perd pas de sens au fur et à mesure que l’on avance dans l’histoire. Mais cette bande dessinée a aussi ses défauts : la profondeur consacrée à l’intrigue est inégale et les personnages prévisibles. L’auteur abuse de simplifications un peu excessives des théories scientifiques, qui lui permettent trop facilement de sortir ses personnages de certaines situations complexes. Cela manque parfois de crédibilité.


Bastien, 2e année Éd.-Lib.


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Published by Bastien - dans bande dessinée
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