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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 07:00

Dmitry-Glukhowsky-Metro-2033.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dmitry GLUKHOVSKY
Métro 2033 
Édition de Dmitry GLUKHOVSKY

www.nibbe-wielding.de, 2007
Traduit du russe par Denis E. Savine.
Édition de la librairie L’Atalante

pour la traduction française, 2010

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dmitry-Glukhowsky-002.jpgDmitry Glukhovsky

Dmitry Glukhovsky est un journaliste et romancier russe né le 12 juin 1979 à Moscou. Il parle le français, l’espagnol, l’anglais, l’allemand et l’hébreu. Il fut aussi animateur à la radio Mayak en Russie et correspondant pour le « Kremlin pool ». Il a également travaillé à Euronews et à Deutsche Welle. Il a écrit des articles pour Russian Pioneer, L’Officiel et Playboy. Glukhovsky a étudié le journalisme et les relations étrangères en Israël. Il a vécu en France et en Allemagne et a visité des lieux tels que Tchernobyl et le Pôle Nord en tant que journaliste itinérant pour Russia Today. Son premier roman, Métro 2033, a été d’abord publié sur son site internet en 2007. La même année, il reçoit le « Prix d'encouragement de la Société de science-fiction européenne » au prestigieux « Eurocon contest » de Copenhague. Le roman fut ensuite traduit en 32 langues et édité par la librairie L’Atalante pour la traduction française en 2010.



Métro 2033

L’histoire se passe vingt ans après une troisième guerre mondiale, en l’an 2033, dans le métro de Moscou. La surface n’étant plus habitable, les gens se sont réfugiés dans le métro qui a aussi été construit pour servir d’abri antinucléaire. Il s’agit ici de la quête d’Artyom, habitant de la station VDNkh, pour le sauvetage de sa station, envahie par des monstres, appelés « les Noirs » et aussi à la recherche de sa place dans la vie.

Le métro de Moscou est donc devenu la dernière demeure de la race humaine. C’est la conséquence d’une effroyable guerre atomique qui a ravagé la Terre toute entière. Aujourd’hui, ce n’est plus l’Homme qui vit et gouverne à la surface mais de redoutables et terrifiants monstres, enfants des radiations émises par l’uranium. Le métro s’organise en différentes lignes avec un certain nombre de stations. Il existe une ligne circulaire appelée « La Hanse ». C’est une ligne commerciale, donc très riche et très bien entretenue. Il existe aussi une ligne qui traverse le métro qui est sous domination communiste. Elle est désignée très souvent dans le livre comme « la ligne Rouge ». Sont présents aussi un ensemble de stations que des adeptes des théories d’Hitler ont investies. Ils sont appelés « les nazis du quatrième Reich ». Enfin, il existe un ensemble de quatre stations qui a pour nom « Polis » et qui est le cœur du métro. Cet ensemble de stations est géré d’un côté par des militaires et de l’autre par des érudits.

 Dmitry-Glukhowsky-Metro-2033-003.jpg

Les survivants de cette guerre vivent maintenant dans ce métro, se nourrissant exclusivement de viande de porcs élevés dans d’autres stations et de champignons, qu’ils consomment aussi sous forme de thé. L’argent que nous connaissons n’existe plus ici. La monnaie d’échange dans ce monde, ce sont des balles d’AK47 et d’autres armes.

« Artyom prit la chope émaillée pleine de thé qu’on lui tendait.

C’était une production locale qui n’était pas vraiment du thé mais une infusion à base de champignons séchés et de différents additifs. Le thé, le véritable thé, était devenu une denrée rare qu’on ne préparait que pour des grandes occasions ; une denrée hors de prix »

« Et depuis que l’exportation du thé avait débuté dans la station, des gens entreprenants des stations alentours étaient venus s’y établir pour participer et profiter de son expansion florissante. Les porcs étaient l’autre fierté à VDNKh et des légendes couraient que c’était par cette station même que ces animaux avaient été introduits dans le métro. »

Le choix de ce monde apocalyptique n’est pas anodin. En ayant fait reculer la civilisation dans le métro, Glukhovsky montre que l’être humain était avant tout dépendant des machines. Dans cette histoire, la technologie s’est retournée contre les hommes. Ils ont sacrifié leur terre au progrès et par avidité.

L’auteur a réutilisé certaines légendes urbaines en rapport avec le métro et une peur ancestrale de l’Homme : la peur du noir. Ces légendes racontent très souvent qu’on n’est pas tout seul dans le métro. Elles racontent qu’il existe d’autres formes de vie qu’il n’est pas forcément bon de réveiller. L’auteur a donné la forme de monstres à ces légendes, notamment avec « les Noirs ». Les créatures qui ont investi la surface vivent aussi sous terre, dans le métro.

L’auteur a également réutilisé une légende qui raconte que l’esprit de chaque défunt décédé dans le métro est toujours là et chante dans les tuyaux pour appeler son corps et partir vers un autre monde. Cette légende a sûrement été racontée par ceux qui entendaient d’étranges bruits ressemblant à des bruissements de voix dans le métro.

« De très loin, traversant avec difficultés l’épaisseur de terre qui obstruait le tunnel, lui parvinrent des sons étouffés. Ils venaient de la direction de la station morte Park Pobedy, cela ne faisait aucun doute. Le jeune homme se figea, tendant l’oreille. Il ne comprit que peu à peu, mais il sentit alors son sang se glacer car il entendait quelque chose d’impossible… de la musique. »

Il existe enfin cette légende qui raconte que les tunnels auraient une voix propre et si l’on tend suffisamment l’oreille, on serait capable d’entendre ce que « dit » le tunnel et ainsi d’être prévenu de certains dangers. Encore une fois, il s’agit sûrement ici d’une légende construite à partir de nombreux bruits et semblants de voix entendus dans le métro et que les gens ont confondus avec une « voix propre » aux tunnels.

« Artyom ne pouvait rien faire que reprendre sa place. Il essayait de se convaincre que les chuchotements n’étaient que le fruit de son imagination, causés par la tension. Il essayait de se détendre, de se vider l’esprit en espérant qu’en même temps que les pensées inquiètes il réussirait à chasser ce son étrange de sa tête. Il parvint à faire taire ses pensées, mais, profitant de la place disponible, le bruit s’y engouffra plus retentissant et plus limpide que jamais. Il gagnait en intensité à mesure que l’expédition progressait vers le sud. »

Ces légendes confèrent au métro une atmosphère étrange, inquiétante. En ajoutant ces contes, l’auteur arrive à faire plonger le lecteur directement dans le métro. Celui-ci ressent alors l’oppression, l’obscurité et ne peut qu’accorder plus de crédit à ce monde.

Dans ce monde vivent de nombreuses créatures redoutables qui se sont installées quelques années après la fin de cette troisième guerre mondiale. L’auteur ne précise pas vraiment d’où elles viennent, seulement qu’elles seraient le fruit des nombreuses radiations causées par les bombes nucléaires. Leur arrivée fut en quelque sorte une bénédiction puisque les rues furent nettoyées des nombreux cadavres de personnes n’ayant pas pu s’abriter à temps. Néanmoins elles restent un danger pour les survivants habitant dans le métro, qui doivent faire face à de nombreuses attaques de «démons » et autres créatures primaires. Les « noirs » qui attaquent la station d’Artyom sont différents. Plus intelligents, plus dangereux que les autres monstres, ils sont redoutés dans toute la station.

« Et dans le faisceau de lumière, on aperçoit des silhouettes étranges et fantasmatiques : nues, recouvertes d’une peau noire et luisante, les yeux démesurés et la bouche béante… Elles avancent d’un pas cadencé, le port droit et sans subterfuge, vers la barricade, vers les hommes, vers la mort. »

« Les poils se dressent sur l’échine. Se relever et fuir. Abandonner son arme. Abandonner ses camarades. Tout envoyer au diable et fuir … »



Quand le « stalker » ou Hunter arrive à la station de VDNKh, il confie à Artyom qu’il compte trouver et éliminer cette menace que sont les Noirs. Il lui donne pour mission de se rendre à Polis si jamais celui-ci n’est pas rentré le lendemain. Pour qu’Artyom ne se fasse pas refouler à l’entrée de la station, Hunter lui donne une médaille militaire et s’enfonce ensuite rapidement dans les tunnels. Commence alors pour ce héros ordinaire, banal, une quête qui lui permettra d’accomplir son destin… Ou pas… Lui seul pourra choisir… Dans cette optique, le jeune Artyom s’engage dans des réflexions teintées de philosophie. Il s’interroge sur son avenir, sa place dans ce monde.

 

 Dmitry-Glukhowsky-Metro-2033-004.jpgParcours d’Artyom : trait rouge
Retour vers Polis : trait vert
Passage à la surface : trait bleu clair

 

«  Voici ce que je vais faire. Ton père adoptif est rongé par la peur. Petit à petit, il devient leur arme, si j’ai bien analysé la situation »

« Je ne peux pas compter sur des gens au cerveau véreux. J’ai besoin d’un homme sain, dont le jugement n’a pas été altéré par les non-vivants. J’ai besoin de toi.

– Moi ? Je me demande bien comment je peux vous être utile, s’étonna Artyom.

– Ecoute-moi. Si je ne reviens pas, tu devras à tout prix – à tout prix, tu m’entends ? – te rendre à Polis. Dans la Cité … Et y trouver un homme qu’on appelle Melnik. Lui raconter toute cette histoire. »

« Artyom était bouillonnant d’énergie, il commençait à peine à vivre et jugeait insensé de mener une existence végétative de cultivateur de champignons, sans jamais oser franchir le poste des cinq cents mètres. La volonté de s’enfuir de la station grandissait en lui jour après jour, à mesure qu’il comprenait quel sort lui réservait son père adoptif. La carrière de fabricant de thé conjuguée à celle de père de famille nombreuse révulsait Artyom au plus haut point. C’était sans doute cet attrait pour l’aventure, cette envie d’être happé par les courants d’air des tunnels, projeté vers l’inconnu, et de courir à la rencontre de son destin que Hunter avait senti chez lui lorsqu’il lui avait demandé de se rendre à Polis. »



Avis personnel

Ce livre m’a bouleversée autant par le style de l’auteur que par l’ambiance générale, les émotions portées par les mots. Glukhovsky décrit ce monde avec sang-froid comme le ferait un journaliste s’il devait décrire une scène de guerre. Les émotions transmises nous sautent pourtant à la gorge dès que l’auteur s’arrête sur un personnage précis de l’histoire. En détaillant le quotidien de ces survivants, l’auteur montre une déshumanisation progressive. Ceux-ci sont en effet soumis chaque « jour » à des scènes de violence parfois gratuites. Artyom n’est pas épargné.

J’ai apprécié de pouvoir trouver dans cette édition deux plans du métro fictif où se situe l’histoire. Bien que les noms des stations soient en russe, on se perd moins dans ce dédale de tunnels et on peut mieux entrer dans cet univers.



Bonus

Un entretien de Dmitry Glukhovsky interviewé par le site Fantasy.fr durant le festival Les Utopiales à Nantes en novembre 2010.

Lien : http://www.fantasy.fr/episodes/view/interview-de-dmitry-glukhovsky

Le filmage du jeu vidéo « Métro 2033 », inspiré de l’histoire de Dmitry Glukhovsky et sortit le 19 mars 2010 sur les plateformes XBOX 360 et PC. Le jeu vidéo est filmé par « Adwim », joueur et filmeur amateur.

Lien : http://www.dailymotion.com/playlist/x1hqsu_adwim_metro-2033/1#videoId=xg8q8f

 

Alice L., 2ème année Bib.-Méd.-Pat.

 

 


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Published by Alice - dans science-fiction
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