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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 07:00

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Don DELILLO   

L’Homme qui tombe
Actes Sud, 2008.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’Homme qui tombe est un livre sur les conséquences des attentats du 11 Septembre 2001, et ce à l’échelle de la ville de New York ou de ses habitants. Néanmoins, le roman ne s’intéresse pas à l’attentat en lui-même, si ce n’est aux bouleversements que celui-ci a opérés dans le quotidien des personnages.


Le récit débute le jour du 11 Septembre, dans une des deux tours jumelles, en plein attentat. Dès le début, Don  Delillo nous plonge dans un monde chaotique, en totale destruction. Le lecteur suit un homme, Keith, sortant de la tour prête à s’écrouler, errant dans la rue et finissant par se retrouver chez son ex-femme, après avoir donné cette adresse, sans raisons, à quelqu’un qui l’avait recueilli en voiture. Le roman va retracer les jours de l’après (« Tout maintenant se mesure en après. ») de ces personnages, Keith, victime directe des attentats, Lianne son ex-femme, dépassée par les événements, les ateliers d’écriture auprès de personnes atteintes d’Alzheimer qu’elle anime, sa mère malade et la relation que celle-ci entretient avec un Européen depuis vingt ans, ou Justin leur fils, ne s’exprimant plus que par monosyllabes. Enfin, le personnage qui donne son titre au livre est un performer appelé L’Homme qui tombe car il réalise des performances au hasard des rues où, après s’être attaché avec un harnais à des façades d’immeuble ou des ponts, il en saute, rappelant ainsi les suicides par défenestration des tours pendant les attentats, et confrontant les New-Yorkais à leur traumatisme. Sa position finale, pendant dans le vide, la tête en bas, les bars le long du corps et un genou replié fait référence à une photo prise le 11 Septembre.


Tout le roman met en tension les thèmes de la désintégration et de la reconstruction. D’une part, Delillo met en scène une ville, un pays détruit, mais aussi des personnages déficients, que ce soit  d’un point de vue physique ou psychique.
Touchées par le non-dit, l’adultère, les relations qu’ils nouent entre eux ne sont pas saines. L’auteur expose des personnages constamment à bout de nerfs, la tension est palpable et présente dans tout le roman. D’autre part, L’Homme qui tombe est aussi un livre sur la reconstruction. Ce peut être une reconstruction personnelle, à l’échelle des personnages, ceux-ci doivent en effet sortir de « leurs propres ruines », surmonter le traumatisme. Le roman s’attache aussi à suivre le rétablissement de leur couple, qui se fait pas à pas, ou bien celui de la mémoire dans le cas des malades d’Alzheimer par exemple.


Dans ces « jours de l’après », l’attentat apparaît comme une véritable coupure avec leur vie d’avant, celle-ci semble détruite, définitivement perdue. Cette situation amène les personnages à se questionner sur eux-mêmes, leur situation, à chercher des significations, à donner du sens à tout ce qui les entoure. « Tout semblait avoir une signification. Leurs vies étaient en transition et elle cherchait des signes. » C’est ce qu’illustre le fait qu’il y ait une curiosité, ou alors une vive aversion, envers tout ce qui a un rapport à l’Islam ou à l’orientalisme ; ainsi les gens espèrent trouver des réponses.


Don Delillo présente des rapports à la religion et au terrorisme très spécifiques. En mettant en scène Hammad, un jeune terroriste que l’on suit pendant sa préparation et en révélant le passé extrémiste d’un des personnages, Delillo inverse les notions de Bien et de Mal établies, voire les annule. Le roman montre des terroristes dévoués à Dieu, faisant cet acte pour lui, ainsi que des victimes priant elles aussi Dieu, en quête de réponse, ou d’un salut inespéré. Au final,  il en ressort une certaine vanité, démontrant que Dieu est étranger à cette situation, et plaçant les coupables et les victimes sur un même plan.

La métaphore de la chute appliquée au roman présenterait la troisième et dernière partie comme la fin de la chute, un atterrissage violent.  Celle-ci met en scène les personnages trois ans après les attentats, les États-Unis sont alors en guerre. Certains personnages sont morts, et du couple il ne reste que des débris.


Le récit se clôt par le récit de l’attentat, au départ du point de vue d’Hammad, lorsqu’il est dans l’avion, en plein détournement. Alors que l’avion heurte la tour, par un habile et remarquable changement de point de vue, le lecteur suit Keith, présent dans la tour,  dans ses différentes épreuves pour sortir de la tour. Il se retrouve ensuite dans la rue, là où le roman débute.

L’écriture de Delillo peut paraître au premier abord, déroutante. D’un paragraphe à l’autre l’auteur ne nous fait pas suivre le même personnage, alternant entre Lianne, Keith, ou plus rarement Hammad. Même si l’action est racontée chronologiquement, il y a de parfois un léger décalage temporel  qui s’ajoute au changement de personnage suivi. L’originalité de l’écriture de Don Delillo se trouve aussi dans les dialogues toujours brefs. Les personnages s’y expriment de façon affirmative, comme si tout se devait d’être clair, compréhensible. De plus, ils sont souvent dans la recherche de confirmation de la part de l’autre, en commençant leurs phrases par la reprise des derniers mots de leur interlocuteur.

 

Flora, 2e année Ed.-Lib.

 


Don DELILLO sur LITTEXPRESS


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Article de Benjamin sur Outremonde

 

 

 

 

 

 

 

 

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Article d'Aude sur Cosmopolis

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