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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 07:00

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Donato CARRISI
Le Chuchoteur
éditions Calmann-Lévy, 2010






 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’auteur, Donato Carrisi, avant d’écrire ce livre, n’était pas écrivain. En effet, il était juriste de formation, spécialisé en criminologie et sciences du comportement. Il a également écrit une thèse sur un tueur en série italien : Luigi Chiatti surnommé par la presse le « monstre de Foligno ». Ce tueur en série a assassiné deux petits garçons  âgés de quatre et treize ans en 1992 et 1993.

Le Chuchoteur, c’est l’histoire de cinq petites filles disparues. Cinq petites fosses ont été creusées dans une clairière et au fond de chaque fosse se trouve un petit bras  gauche.



Entre réalité et fiction

Le livre parle d’un tueur en série qui ne s’en prend qu’aux petites filles alors que le « monstre de Foligno » a tué deux petits garçons. On remarque, par contre, que l’âge des victimes dans le livre et malheureusement dans la réalité est similaire (entre quatre et treize ans). Lorsque les deux garçons ont été retrouvés, leurs corps comportaient des ecchymoses mais il ne manquait pas de membres. L’auteur, pour bien ficeler son histoire, a ajouté un élément encore plus tragique : un bras coupé sur chaque corps des petites victimes.

On remarque également d’autres similarités entre le vrai tueur et celui du livre : ils ont tous les deux grandi dans un orphelinat. Le thème de l’homosexualité en est aussi un point commun entre réalité et fiction.

La réalité peut parfois être plus horrible que la fiction… Restons donc dans la fiction et continuons d’analyser ce thriller.



L’équipe d’enquêteurs

Elle est composée de cinq agents faisant partie de l’unité d’investigation des crimes violents et d’une enquêtrice supplémentaire, qui s’occupe des disparitions d’enfants. Les cinq agents composant l’équipe principale sont : Goran Gavila, le criminologue ; l’agent Stern, un vieil inspecteur ayant beaucoup d’expérience ; Sarah Rosa, spécialisée dans l’informatique ; Klaus Boris, qui s’occupe des interrogatoires et enfin l’inspecteur en chef Roche.

L’agent envoyé en renfort est Mila Vasquez : « Dans sa carrière, Mila Vasquez avait résolu 89 cas de disparitions ». Elle est envoyée en renfort pour essayer de  retrouver la sixième fille, inconnue, disparue.
 
 

L’histoire principale

Tout au long de l’histoire, le lecteur, par le biais de l’équipe d’enquêteurs, est mené de bout en bout par le tueur. En effet, à chaque fois que l’on pense enfin découvrir qui est l’auteur de ces atrocités, l’auteur ajoute un rebondissement, qui sans perdre le lecteur, le pousse vers une autre piste. Et le rebondissement n’est autre que la découverte d’un nouveau psychopathe, d’un nouveau tueur.

Le premier psychopathe suspecté d’être le tueur en série recherché est Alexander Bermann. Il est découvert dès le troisième chapitre du livre, ce qui pousse le lecteur à avoir des doutes : pourquoi découvrirait-on si tôt le vrai tueur ? On comprend assez rapidement que ce n’est pas le tueur malgré le fait que le corps de la première fillette enlevée soit découvert dans sa voiture.

Le second est le père Timothy. C’est bien un tueur, mais pas celui qui est recherché. Il essayera de tuer une des enquêtrices.

Le troisième est Feldher. Ce personnage avait déjà était interrogé car il était un des camarades du père Timothy à l’orphelinat où ils ont grandi ensemble. Il a tué une  femme et ses deux enfants après les avoir séquestrés dans leur propre maison pendant plus d’un mois. Dans cette maison, on découvre que Feldher n’est pas seul. Et le deuxième homme n’est autre que le véritable tueur.

Le dernier tueur que le lecteur « rencontre » est Joseph B. Rockford. C’est un homme extrêmement riche qui n’a jamais quitté son palais sauf une fois. Et cette fois lui suffira pour rencontrer le tueur qui va le pousser à tuer les hommes que sa mère faisait venir pour l’empêcher de tomber amoureux de sa sœur.
 
Avec ces quatre assassins, le tueur brouille réellement les pistes et c’est lui qui les pousse à tuer : le Chuchoteur. De plus, cette notion de chuchoteur donne du fil à retordre aux policiers mais également durant le procès où ils ont du mal à produire de véritables preuves.
 
Au total, le lecteur découvre six tueurs, les quatre cités précédemment, plus le complice du tueur que le lecteur découvre d’une façon assez surprenante et enfin le tueur lui-même. Et le lecteur est laissé sur sa faim car l’auteur ne va donner aucun détail sur la vie du tueur. On ne connaîtra rien de son histoire personnelle.

Certes, le lecteur est un peu déboussolé mais il n’est pas au bout de ses surprises. En effet, l’auteur a subtilement intégré plusieurs histoires parallèles.



Histoires parallèles

Le premier chapitre est une correspondance entre un directeur de prison et un procureur général. Dans cette correspondance, le directeur de prison parle du comportement étrange d’un de ses prisonniers qui fait méticuleusement attention à ne pas laisser de traces ADN derrière lui (il ramasse tous les cheveux qui tombent, essuie tout ce qu’il touche…). On apprend à la fin que ce prisonnier n’est autre que le tueur lui-même.
 
Certains chapitres sont écrits en italique, on comprend que c’est l’histoire d’une petite fille enlevée et blessée. Le lecteur pense donc tout de suite que c’est la sixième fillette. Mais le lecteur se trompe, c’est l’histoire de Mila Vasquez, l’enquêtrice, enlevée lorsqu’elle était plus jeune. On comprend mieux alors le comportement et la carrière de Mila.
 
Chaque agent va avoir un secret :
– Mila Vasquez et son enlèvement,
– Klaus Boris va être arrêté à propos d’une enquête antérieure et suspecté de meurtre,
Sarah Rosa n’est autre que la mère de la sixième fillette enlevée et le tueur l’obligeait à être sa complice,
– Goran Gavila cache un énorme secret concernant sa famille…



L’écriture de Donato Carrisi

À chaque fin de chapitre, on pense enfin comprendre l’intégralité du livre. Mais non. Le lecteur est à nouveau emmené dans un tourbillon d’actions. L’auteur s’est montré très habile dans la construction narrative car il a su mélanger toutes les histoires personnelles des personnages à une histoire complexe et assez terrible. Tout cela sans perdre le lecteur évidemment.

Pour que le lecteur ait le sentiment de participer à l’enquête, l’auteur a évité les termes trop techniques, comme par exemple durant les autopsies : les termes employés permettent au lecteur de comprendre tout de suite les causes du décès tout en lui épargnant les plus horribles détails.
 
De plus, l’écriture est tellement fluide que le lecteur oublierait presque qu’il est en train de lire. C’est comme si l’auteur nous plongeait dans un épisode de la série « Esprits Criminels ». Il décortique les scènes de crimes, essaye de comprendre le tueur et Gavila va même jusqu’à lui attribuer un nom, « Albert » :

« En effet, devant un mal aussi féroce et gratuit, on tend à oublier que l’auteur, tout comme la victime, est une personne, avec une existence souvent normale, un travail et parfois aussi une famille. »



Mon avis
 
Le roman est assez long : 432 pages mais cela ne m’a pas empêché de le lire presque sans interruption. Même si ce livre requiert beaucoup de concentration (pour ne pas se perdre entre les changements d’histoires selon les chapitres, les rebondissements, les petits détails sans lesquels on ne saisit pas complètement l’histoire), il est surtout extrêmement bien construit. L’auteur a réussi à mélanger enquête policière, atrocités des meurtres et vies personnelles des personnages. Il est assez rare que dans des thrillers parlant de tueurs en série, les personnages d’enquêteurs soient aussi développés.

Je crois que je n’ai jamais lu un livre avec autant de rebondissements. À chaque fois que je finissais un chapitre, que je pensais enfin comprendre ce qu’il se passait, j’étais tout de suite arrêtée dans « mon enquête personnelle » car l’auteur en avait décidé autrement.

En ce qui concerne les personnages, je n’aurais imaginé avant de commencer ma lecture que l’auteur puisse en faire des personnages aussi intenses et torturés. Mais cela ne me déplaît pas, bien au contraire car cela ajoute une certaine dimension, une certaine densité à l’histoire.
 
Pour conclure, je citerai une simple phrase du criminologue Goran Gavila qui, à mon avis, résume assez bien le livre : « Tout le monde a quelque chose à cacher, n’importe lequel d’entre nous ».
 
 http://www.le-chuchoteur-le-livre.fr/

Céline, 1ère année Bib.

 

 


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Published by Céline - dans polar - thriller
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commentaires

fred16 20/04/2015 01:00

Attention à l'orthographe. Le troisième personnage... il a était... pas était mais été. Merci de corriger.

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