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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 07:00

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Asgard
Scénariste : Xavier DORISONDorison-Meyer-asgard2.jpg
Dessin et couleur : Ralph MEYER
Éditeur : Dargaud

1er tome paru en 2012
2ème tome paru en 2013
Série terminée

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Xavier Dorison est né en 1972. Il débute avec la bande dessinée Le Troisième Testament en 1997. Après de nombreux autres travaux, on le retrouve en 2006 pour Les Brigades du Tigre. On le connaît davantage pour son travail sur Long John Silver, d'après le fameux roman de Robert Louis Stevenson. Depuis 2009, il enseigne le scénario à l’École Émile-Cohl de Lyon.

Ralph Meyer est né en 1971. Il participe à la création de Berceuse assassine, polar en trois tomes. On le retrouve également aux commandes du spin-off de XIII Mystery : la Mangouste. Sa dernière création est Asgard.



L’histoire

Tome 1 : Asgard et un « sräeling », un infirme maudit depuis sa naissance et normalement condamné à mourir de la main de son père. En effet, il lui manque une partie de sa jambe droite. Surnommé « Pied-de-fer », c’est un ancien guerrier de la Hilde (garde rapprochée des rois vikings). Devenu chasseur renommé du Fjördland, on lui confie bientôt la mission de traquer un monstre marin qui massacre les pêcheurs et leurs villages. Accompagné par un prêtre fanatique, une veuve guerrière, un seigneur de la Hilde et une jeune esclave, il se lance à la recherche du terrible serpent de mer, soi-disant envoyé par les dieux et annonciateur de la fin du monde…

Tome 2 : après avoir perdu deux de leurs compagnons, on retrouve Asgard, Sieglind et la veuve guerrière. Ayant abîmé leur drakkar lors du premier affrontement et persuadés d’avoir vaincu le monstre, ils se retrouvent contraints de retournerà pied dans leur village. Mais le Fröst approche et les conditions météorologiques se dégradent. Parvenus à un comptoir d’esclaves, ils se rendent vite compte que le village est désert. Surpris, ils ne se doutent pas que le Serpent-Monde les traque et qu’il est à l’origine du massacre des villageois. Se rendant compte trop tard que le monstre se trouve encore sur place, les trois Vikings ne peuvent s’échapper. Afin de laisser une chance aux autres de s’enfuir, la veuve guerrière se sacrifie. Ne voulant pas renoncer et souhaitant venger la mort de leurs compagnons, Asgard et Sieglind continuent de traquer la bête, jusqu’à l’affrontement final…

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Analyse

Reprendre une histoire de viking était risqué. En effet, après le succès deThorgal et compte tenu de sa place incontestée dans le monde de la bande dessinée, on pouvait se demander si le sujet n’était pas déjà épuisé. De la même manière, la chasse au monstre marin avait déjà fait l’objet de nombreuses histoires dont la plus emblématique reste Moby Dick d’Herman Melville. Mais heureusement, on se laisse prendre au jeu de cette traque qui semble au départ perdue d’avance.

Asgard, héros puni par les dieux dès sa naissance obtient tout de suite notre sympathie. Homme travailleur et habile de ses mains, il a tout de même réussi à se faire une place auprès des plus grands. Mais malgré tous ses efforts, son statut de « sräeling », le poursuit. Au départ taciturne et aigri, il va peu à peu s’ouvrir au contact de ses compagnons d’infortune. La jeune Sieglind, pêcheuse et esclave, va obtenir une place particulière dans le cœur de cet homme qui commence à vieillir.


L’aventure commence très mal car suite au premier affrontement, l’équipage perd deux hommes. Grâce àun dessin magnifique, on se trouve tout de suite plongé au cœur de l’affrontement. Personne ne sait à quoi ressemble le monstre et tous s’attendent à une grosse anguille de mer. Dès ce premier combat, on sent également toute la perversité et l’intelligence de ce monstre.

Cet affrontement, qui signe la fin du tome 1, montre également la détermination d’Asgard à détruire la bête. On sent qu’aucun n’abandonnera tant qu’un des deux ne sera pas mort. Tout au long de ce premier tome, on découvre le monde des vikings, les traditions, les conditions de vie… Peuple de chasseurs, que ce soit d’animaux ou d’hommes, les Vikings n’ont peur que d’une seule chose, les dieux. Plus sanguinaires et cruels que les Vikings, les dieux ont droit de vie et de mort sur le peuple qui les vénère. Nourri de légendes toutes plus cruelles les unes que les autres, le peuple se trouve à jamais lié aux dieux et contraint de vivre dans la peur.

Ce Serpent-Monde, fils de dieux du panthéon viking, symbolise l’arrivée de la fin du monde. En cherchant à le tuer, Asgard se met donc en travers du chemin des dieux. Un homme, maudit qui plus est, peut-il se hisser au même niveau que les dieux ? Asgard semble le penser et l’affrontement final permettra de déterminer qui a le contrôle du monde des hommes : les dieux ou les hommes eux-mêmes.

On découvre donc le vrai visage du monstre à la fin du premier tome. En effet, on avait déjà eu l’occasion d’assister aux attaques du monstre sur les bateaux de pêcheurs et sur les villages mais jamais son corps n’avait été montré. Ce suspens laisse le lecteur dans l’attente et l’angoisse. Quelle sorte de créature peut infliger ce genre de dégâts ? Quel peut-être le but de cette créature ? Est-elle envoyée par quelqu’un ou est-ce un phénomène naturel ? Cette dernière hypothèse est évoquée par Asgard. En effet, il pense que ce n’est qu’une anguille de mer qui n’a cessé de grandir, ne rencontrant aucun prédateur à sa taille. Ayant goûté une fois à de la chair humaine, elle se décide à en traquer davantage car c’est une viande qui lui plaît. On peut donc trouver une explication rationnelle à sa présence et à son comportement jusqu’à ce qu’on la rencontre pour la première fois. Trop intelligent et trop pervers pour être un animal sauvage, il semble être une créature magique, ce qui sera confirmé par la suite. On suit donc le parcours des combattants à travers le Fjördland, servi par des dessins très réalistes.
 
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Dans le deuxième tome, on retrouve nos trois rescapés. Déterminés à rentrer chez eux, mais privés de drakkar, ils entreprennent de rentrer à pied. Persuadés que la bête est morte, ils ne se doutent pas du mal qu’elle a fait pour se venger. Enfin arrivés dans un village désert, ils se rendent compte que la bête est toujours vivante et prête à se venger.
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Le lecteur se doute également de quelque chose. Le scénariste et le dessinateur arrivent à faire passer une tension qui fait penser au pire. Contraints de fuir, Asgard et Sieglind se trouvent bientôt acculés avec une bête folle à leurs trousses. Ne pouvant faire autrement, ils plongent dans le fleuve afin de passer une barre rocheuse. Comme s’il avait prévu cette action, le monstre les retrouve et les attaque sous l’eau. Le dessinateur réussit presque à nous faire suffoquer et paniquer. On arrive à s’imaginer à la place des ces deux hommes, nus et sans défense, affrontant un monstre qui ne renoncera jamais et qui se trouve dans son élément, l’eau. On est comme pris d’une crise de claustrophobie et on regarde impuissant le monstre porter ses derniers coups de grâce. Le dernier affrontement, au cœur d’un lieu sacré, porte à son apogée la tension accumulée au fil des pages. L’animal blessé, les Hommes blessés se retrouvent presque à égalité pour le combat final. Aucun ne veut renoncer et les auteurs de cette bande dessinée haletante font tout pour maintenir le suspens jusqu’à son dernier soupir.

La mort du monstre signifie-t-elle la mort des dieux ou du moins la perte de leur emprise sur le monde des hommes ? Faut-il envoyer un monstre afin d’affaiblir des hommes qui pouvaient se rapprocher des dieux ?

Au contraire, la mort du héros Asgard signifierait-elle la victoire des dieux sur le monde des hommes ? Mais la nouvelle vie de Sieglind symbolise également le passage à autre chose, un nouveau départ que l’on espère heureux et sans violence.


À la fois quête initiatique, confrontation entre la volonté des dieux et les croyances des hommes, cette bande dessinée renouvelle le genre viking et apporte une nouvelle dimension à la notion de héros.



Mon avis

Peu familière de ce genre de bande dessinée, c’est le dessin qui m’a dans un premier temps séduite. Au départ, il a été difficile de plonger dans ce récit, plein d’expressions et de coutumes que je ne comprenais pas. Après avoir fait quelques recherches, le monde que proposait Xavier Dorison s’est révélé plus limpide. La présence du Krökken et sa représentation m’ont tout de suite fait penser à des monstres mythiques comme celui du Loch Ness. En revanche, je n’avais jamais vu de monstre aussi teigneux et pervers que celui-là. C’était à la fois fascinant et dérangeant. La façon dont il est dessiné, au départ invisible mais présent et à la fin visible dans toute sa longueur et sa puissance arrive à nous faire peur.
 
Les personnages sont également très attachants et on sent dès le départ qu’Asgard et Sieglind seront présents pour s’épauler l’un l’autre. Environné par des paysages magnifiques, leur voyage prend une dimension de rite de passage à l’âge adulte pour Sieglind.

J’ai beaucoup aimé cette bande dessinée, que ce soit grâce aux dessins ou à la tension que le scénariste et le dessinateur ont réussi à introduire dans le récit. À sa lecture, j’ai ressenti beaucoup de peur, de joie et de soulagement. Je vous laisse découvrir par vous-même la fameuse histoire du Krökken, fils des dieux d’Àsgard…

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Pauline, 2ème année ‘Edition-Librairie

 

 

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Published by Pauline - dans bande dessinée
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