Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 07:00

Oe-Kenzaburo-Une-famille-en-voie-de-guerison.jpeg

 

 

 

 

 

 

 

ŌÉ Kenzaburō
Une famille en voie de guérison
traduit par
Jean Pavans
Gallimard, 1998


 

 

 

 

 

 

 

 

« En entrant dans le monde il a été un destructeur : il a détruit ma vie et celle de ma famille »,

Kenzaburō Ōé, à propos de son fils, Hikari.



L'auteur

Kenzaburō Ōé est né en 1935 dans une famille de bûcherons, dans un Japon encore replié dans ses traditions. Il a dix ans le jour d' Hiroshima, dix ans lorsque le Japon, vaincu, est humilié. A dix-huit ans il entre à l'université de Tokyo et quitte par là même l'île de Shikoku pour la première fois. Il se prend de passion pour la littérature française, consacre sa thèse à Jean-Paul Sartre et découvre l'humanisme. Cette influence de la littérature française abonde dans son œuvre et particulièrement dans l'ouvrage que l'on se propose d'étudier. Albert Camus, Louis-Ferdinand Céline ou François Rabelais mais aussi des auteurs étrangers tels que Mark Twain font partie de ses références majeures.

Avec la capitulation du Japon, il reçoit un choc. Il vit dans une société qui l'angoisse. Il l'écrit dans ses premiers romans, noirs et parfois cruels. C'est le cas notamment dans Le faste des morts où, à travers trois nouvelles d'une cinquantaine de pages, Kenzaburō Ōé aborde des sujets durs comme la mort, l'extrémisme politique ou la sexualité adolescente. Ces trois nouvelles ont chacune été écrites à la fin des années soixante.

Il déplore l'urbanisation et la recherche des biens matériels au détriment de la recherche spirituelle. Il devient alors le porte-parole d'une génération désemparée, prône le pacifisme, le retour à la nature et s'attire les foudres de l'extrême-droite. Kenzaburō Ōé écrit souvent à la première personne et son engagement à gauche se traduit notamment dans ses ouvrages par le thème de la révolte.

En 1994, à l'âge 59 ans, il reçoit le prix Nobel de littérature, plus haute distinction honorifique pour un homme de lettres, succédant ainsi à son unique prédécesseur japonnais, Yasunari Kawabata (1968). Une affaire personnelle (1964), Notes sur Hiroshima, recueil de reportages réalisés entre 1963 et 1964 ou encore Arrachez les bourgeons, tirez sur les enfants (1958) font partie de ses œuvres les plus fameuses.


Toutefois, un événement majeur, volontairement éludé dans cette présentation, va se produire en 1963. Un événement qu'il compare aisément à son « Hiroshima personnel », qui « modifia son univers avec autant de violence qu'une explosion solaire »1 : la naissance de son fils handicapé mental, Hikari Ōé. Dès lors, de Dites-nous comment survivre à notre folie (1966) à M/T et l'histoire des merveilles de la forêt (1989) en passant par Une famille en voie de guérison (1995), cette situation va occuper une place centrale dans son travail.



L'œuvre

Une famille en voie de guérison, paru en France il y a maintenant treize ans, est l'un des derniers ouvrages de Kenzaburō Ōé. Ne prônant ni contemplation de la nature, ni méditation, caractéristiques souvent propres à la littérature japonnaise, et, par extension, à celle de l'auteur, le récit qui nous est donné à lire ici s'apparente plus à un témoignage. Ne relevant en rien de l'autofiction, le texte rédigé par Kenzaburō Ōé est au contraire d'une sincérité limpide. Sans artifice, l'auteur évoque ainsi des souvenirs, des anecdotes et des événements liés à son fils Hikari, le tout guidé par le souci constant d'appuyer son récit d'une réflexion profonde.

Hikari naît lorsque Kenzaburō Ōé a 28 ans. C'est une époque où l'auteur dit vivre « un crise d'identité de [sa] jeunesse » (p.34). L'arrivée de cet enfant handicapé mental va provoquer un choc terrible. Bien qu'ayant déjà bien entamé sa carrière d'écrivain, Kenzaburō Ōé ne se sent pas encore « homme », tout du moins adulte. Du jour au lendemain, il va devoir mettre de côté une part importante de lui-même afin de permettre à son enfant de vivre décemment. Cette naissance, en plus de résonner « comme une bombe » (p.35), s'avère révélatrice pour Kenzaburō Ōé d'une forme d'absurdité de l'existence humaine. « Un jour seulement, le “pourquoi” s'élève et tout commence dans cette lassitude teintée d'étonnement » . Cette citation, tirée du Mythe de Sisyphe, est d'Albert Camus. Elle illustre l'état d'hébétude et de non sens dans lequel est plongé Kenzaburō Ōe au moment de la naissance de son fils. Cette venue au monde, censée être un immense bonheur, est ainsi perçue comme une première mort pour l'auteur ; tout du moins, ce dernier comprend que sa vie ne se dessinera plus comme il le souhaite. C'est alors que vont s'enclencher des mécanismes, que des rencontres vont se réaliser, et qu'un ensemble d'événements et de luttes quotidiennes vont aboutir à une triple renaissance.

L'un des faits majeurs qui tend à redonner courage et espérance à l'auteur est ainsi raconté lors du troisième chapitre de l'ouvrage qui s'intitule « Parfait réglage ». En tissant un lien étroit avec le drame de l'été 1945, à savoir l'explosion de la bombe atomique sur Hiroshima, Kenzaburō Ōé décrit un fait majeur de l'histoire japonaise. Événement traumatique, aux conséquences irréversibles, et qui lui fait dire :

« … il ne me semble nullement exagéré d'affirmer que ce qu'ont subi les habitants des deux villes soumises aux attaques nucléaires a été le plus grand malheur infligé à des êtres humains au cours du vingtième siècle. » (p.27).

Ce drame national, "collectif", n'est pas sans faire écho à sa propre histoire. Il observe en ces deux événements des convergences, des invariants, à savoir le choc, la peur, le non-sens mais aussi la persévérance, le rétablissement et le retour à la vie.

Dès lors, un premier cap est franchi. Celui de la compréhension et de la prise de conscience. Un cap qui laisse entrevoir des possibles et des issues moins sombres que celles imaginées. Ce cap, assimilable à une première renaissance, celle de Kenzaburō, est notamment franchi à l'aide d'un homme : le médecin Fumio Shigeto. Par sa force et son dévouement mis au service des victimes de l'explosion nucléaire, mais aussi par sa dimension humaine et ses soins prodigués à toute la famille Ōé, l'auteur rend hommage à un homme intègre, personnage clef du rétablissement de sa famille.

Un jour alors va se produire un fait marquant : l'événement fondateur et fondamental du râle d'eau. Aussi anecdotique qu'il puisse paraître, ce fait majeur marque un tournant dans la relation que vont entretenir Hikari et sa famille. Alors qu'ils se promènent tous ensemble dans la forêt, Hikari s'exclame : « Ceci est le cri du râle d'eau », du nom d'un petit oiseau. Il prend le ton de la voix de cette fameuse cassette que son père lui a achetée, et qui reproduit le chant de dizaines d'oiseaux. Pour Kenzaburō Ōé, c'est une porte qui s'ouvre. A six ans, et pour la première fois, Hikari fait preuve de réflexion et de compréhension. Son souci de l'initier aux choses de la vie semble porter ses fruits.


Mais surtout, à six ans, Hikari sort du silence et des gémissements de son corps, et prononce ses premiers mots.


La force de cette anecdote est difficilement concevable pour quiconque, et certainement la majeure partie d'entre nous, n'a pu assister aux progrès de son enfant, et qui plus est, de son enfant atteint de retard mental. Elle représente pour l'auteur un immense encouragement, mais surtout, elle marque le départ d'un dialogue possible entre lui et son enfant. Cette anecdote résonne d'ailleurs comme un leitmotiv dans l'œuvre de l'auteur. En 1994, lors de la remise du prix Nobel, Kenzaburō Ōé y fera encore allusion dans son discours de remerciement.

Ainsi, cette seconde renaissance, celle d'Hikari, est un tournant. Un dialogue, certes toujours restreint, est désormais envisageable. Kenzaburō Ōé initie alors son fils à la musique classique, une initiation qui va s'avérer rédemptrice. Hikari Ōé trouve en la composition un langage que son corps et ses retards mentaux lui ont ôté. Véritable moyen d'expression, il passe son temps à composer. Pour Kenzaburō et sa femme, cette passion et ce talent qui s'affirme au fil des années devient alors source d'émerveillement et de compréhension : « C'est une vie qui, sans la musique, serait restée cachée, nous serait demeurée totalement inconnue, à ma femme et à moi, et au petit frère et la petite soeur d'Hikari » (p.13). Hikari trouve en la musique ce que l'on appelle communément une échappatoire, le remède à une différence qu'il semble parfois concevoir ; et ses sonates et mélodies font la fierté de son père tout en suscitant en lui de fortes émotions :

« Chacune des seize pièces qui constituent ses Œuvres pour piano évoque une scène de notre vie de famille. Nous avons souvent l'impression, en particulier ma femme, de ne pas avoir repris notre souffle depuis le jour de la naissance d'Hikari ; et pourtant, il y a eu de temps en temps des pauses, des accalmies dans l'inquiétude, et, à mon grand étonnement, ce sont ces moments-là que sa musique parvient à restituer. Certains morceaux marquent des événements précis (…). Mais ces compositions ne peuvent pas être liées à une date précise. Été à Karuizawa Nord, par exemple, se rattache à toute une saison de notre vie (…) Dans le carnet d'esquisses que ma femme a tenu durant ces étés-là, se trouvent, parmi des croquis de fleurs et de plantes locales, plusieurs dessins de nos enfants, et, associés à la musique d'Hikari, ils me rappellent cette époque avec une extraordinaire vivacité de détails » (p.14).



Le récit de Une famille en voie de guérison est donc celui d'un parcours ascensionnel. À travers de nombreuses anecdotes, mais surtout d'extraits de discours qu'il a pu tenir lors de divers colloques autour de la question du handicap, Kenzaburō Ōé livre un témoignage clair et sans concessions. Le témoignage d'un homme et du combat de sa famille. Un combat multiple. Combat d'abord pour la dignité, celle de son enfant. Mais aussi combat contre soi-même, contre la lassitude, l'énervement, l'envie d'abandonner, et parfois même combat contre la colère vive que l'on ressent contre son enfant. En définitive, ce récit raconte une troisième et dernière renaissance : celle de sa famille.

Entre bouleversement individuel et nécessité d'avancer, c'est donc tout un travail de construction identitaire que développe Kenzaburō Ōé. En réfléchissant sur ce qui nous fait « homme » et en interrogeant sa position d'écrivain et d'artiste (position qu'il occupe d'ailleurs conjointement avec son fils, compositeur, une situation qui va nourrir leurs travaux respectifs), le coeur du récit réside dans cette volonté de tirer de nos existences un sens et d'offrir à chacun de nous l'exemple d'une situation de résilience. La théorie de la résilience développée par le neurologue Boris Cyrulnik trouve en effet en cet ouvrage sa parfaite illustration : empruntant le concept à la physique, qui dit de certains matériaux qu'il sont capables de retrouver leur forme à la suite d'un choc, Boris Cyrulnik applique cette théorie à l'homme. En remplaçant le matériau par l'individu, il affirme ainsi que chacun de nous, qu'il soit « fracassés par l'inceste, le deuil, la guerre » est en mesure d'être de nouveau capable d'aimer, de travailler et « de fonder une famille si tant est qu'il soit entouré et écouté ».2 C'est bien ce que nous transmet Kenzaburō Ōé, sans manichéisme, mais avec une grande profondeur d'âme. Ainsi, et pour terminer cette lecture, il est temps pour moi de rétablir la supercherie initiale et de recoller à mon tour des morceaux. Voici donc notre citation du début dans son intégralité, signe d'un point final enfin et dignement posé par Kenzaburō Ōé :



« En entrant dans le monde il a été un destructeur : il a détruit ma vie et celle de ma famille.


Mais il s'est avéré aussi pour nous un rédempteur ».



Lire Une famille en voie de guérison ? Avis et comparaison.


Il m'est embarassant de donner un avis sur cette œuvre tant le sujet traité fait appel à des questions et des valeurs inhérentes à chacun de nous. Et pourtant, si je dois vous dire que je ne conseille pas ce livre, qu'allez-vous imaginer ? Qu' Hikari n'a rien suscité en moi ? Que cette œuvre est bien trop légère, vertueuse ou moralisatrice ?

En définitive, lire Une famille en voie de guérison s'avère certainement une erreur si vous souhaitez entrer pour la première fois dans l'œuvre de Kenzaburō Ōé. Tout l'aspect littéraire et le talent de l'auteur, qui font la richesse de ses ouvrages antérieurs, sont quasiment absents de ce récit. Non pas que ce dernier ne soit pas agréable, mais il faut bien comprendre que nous avons là en face de nous un témoignage, un ouvrage instructif et clairement introspectif. Et non pas un roman ou autre ouvrage fictionnel. Cette œuvre marque la fin d'un cycle, une boucle est bouclée. Elle est, à l'instar d'un constat d'échec, celui d'un cheminement personnel et familial qui a abouti positivement, et non pas celui d'un combat. Plutôt que de victoires, on parlera plus d'étapes. Ainsi, ce thème guide toute l'œuvre de Kenzaburō Ōé et l'inscrit dans ce mouvement de ressassement propre à d'autres auteurs tels que Modiano. Elle trouve là son expression la plus pure. L'auteur écrit au présent, parsème son récit d'extraits de discours, de journaux, et établit un texte dont l'objectif est avant tout de transmettre l'idée que nos destins ne sont pas "tracés" et qu'il incombe à chacun de nous d'avancer ensemble dans le seul but de trouver notre équilibre, physique et spirituel. Kenzaburō Ōé livre donc un récit « vrai » où intimité et réflexion avancent liées du début jusqu'à la fin. Nous ne sommes pas ici dans l'indécidabilité : ce qui est dit, raconté, expliqué, est vrai, vérifié.

Parfois cependant, le lecteur peu averti n'est pas en mesure d'établir la proximité attendue ; il peut même percevoir à travers la lecture d'un tel ouvrage comme une forme « d'auto-satisfaction ». En effet, Kenzaburō Ōé livre souvent des morceaux de discussions comme celui-ci où une tenancière de restaurant, incluant son mari, lui dit : « C'est pourquoi j'ai senti que je devais vous dire que nous trouvons que la façon dont votre femme et vous traitez votre fils est un merveilleux exemple » (p.148). Des considérations qui peuvent s'avérer parasites pour un lecteur non initié.

C'est pourquoi il m'a semblé intéressant d'établir un parallèle avec une œuvre française récente, étrangement similaire (et au titre faussement léger), à savoir Où on va papa ?. Paru en 2008, ce récit particulier est l'œuvre de Jean-Louis Fournier, écrivain et humoriste, et auteur notamment de La grammaire française et impertinente. Il a obtenu le prix Femina cette même année.

Les similitudes entre ces deux ouvrages, ou plutôt devrions nous dire entre la vie de ces deux auteurs, sont multiples. Le parrallèle s'avère étonnant, quoique l'on puisse trouver une forme différente de sincérité et une approche un tant soit peu plus cavalière du côté de l'œuvre française. Jean-Louis Fournier est également le père, non pas d'un, mais de deux enfants handicapés. Comme Kenzaburō Ōé, l'expression d'un sentiment de désincarnation au moment de leurs naissance s'est fait ressentir. Comme lui, les assimilations de son enfant à une certaine forme d'animalité apparaîssent dans l' œuvre. Comme lui encore, la drôlerie involontaire de Mathieu ou de Thomas tout comme la colère brûlante qu'il a pu ressentir à leur égard accompagnent ce récit. Mais là où le récit de Jean-Louis Fournier diffère c'est avant tout dans sa forme. L'auteur s'adresse à ses enfants directement, et ce, par le biais de lettres, parfois très courtes. Mais il diffère également par le ton qui s'en dégage ; un ton qui a d'ailleurs provoqué de vives polémiques, notamment avec sa femme, dont il est divorcé. Jean-Louis Fournier traite en effet le sujet de sa paternité avec un humour parfois très noir et une réelle gravité. Ainsi voilà ce qu'on peut lire :

« Quand je suis seul en voiture avec Thomas et Mathieu, il me passe quelque fois dans la tête des drôles d'idées. Je vais acheter deux bouteilles, une de Butagaz et une de whisky, et je les viderai toutes les deux. Je me dis que si j'avais un grave accident de voiture, ce serait peut-être mieux. Surtout pour ma femme. Je suis de plus en plus impossible à vivre, et les enfants qui grandissent sont de plus en plus difficiles. Alors je ferme les yeux et j'accélère en les gardant fermés le plus longtemps possible » (p.71).

Je conseille ainsi ces deux ouvrages traitant du même thème. L'un, crépusculaire, récit du cheminement d'une vie, l'autre, foudroyant, à la sincèrité déconcertante.

Quelques mots pour finir... Le traitement du handicap mental au cinéma et dans la littérature.


Longtemps la question du handicap mental ou du handicap de naissance au cinéma a été traitée de manière « extraordinaire », mettant en scène dans la première moitié du XXe siècle des individus repoussants, sur lesquels le regard posé était bien souvent celui de l'épouvante et du rejet. On pense ainsi au Freaks de Tod Browning sorti en 1932. Plus tard, les perceptions évoluent. Avec Elephant Man (1980), où le handicap est ici physique, David Lynch développe l'idée que le handicapé n'est plus un « monstre » mais un homme à part entière, dont l'anormalité, source de frayeur, n'est en rien le reflet de sa personnalité. Évidemment, plus tard sort le film que l'on a tous en tête, Le huitième jour (1996) et qui aboutit au César de Pascal Duquêsne. Ce film marque un tournant dans le traitement du handicap. Les questions qui émergent alors sont celles de l'intégration de l'handicapé dans la société et de son acceptation par les autres. Il n'est alors plus perçu comme l'expression de ce que la nature peut faire de pire mais « devient porteur d'une valeur morale positive ou négative »3. Enfin, en 2009 est sorti en salle le film espagnol Yo, También (2010 pour la France) relatant l'histoire de Daniel, handicapé mental, construisant une amitié forte avec Laura, "valide".

Du côté de la littérature, le personnage du handicapé mental apparaît dans de nombreux contes et légendes. Il représente souvent une charge économique et morale lourde pour la famille qui, bien souvent, n'a pour unique solution l'abandon. C'est la cas notamment de Hans mein Igel un conte des frères Grimm. À l'époque, on parle alors du « simple d'esprit », plus tard ce sera le « débile mental » ou « l'idiot ». Avant « l'officialisation » de « l'autisme infantile précoce » en 1943 par Leo Kanner, certains auteurs comme Charles Dickens, Maxime Gorki et même Georges Simenon4 (dans un roman non policier) s'intéressent avec précision au sujet. Toutefois un des ouvrages les plus célèbres mettant en scène un handicapé mental est bien sûr celui de John Steinbeck, Des souris et des hommes qui raconte l'histoire de Georges, débrouillard, malin et travailleur, et de Lennie, son acolyte, simple d'esprit. Enfin, en 1983 est sorti Mickael K, sa vie, son temps (trad. de Life and Times of Michael K) du Sud-Africain et prix Nobel de littérature, J.-M. Coetzee. Ce roman raconte la vie d'un jeune Sud-Africain, atteint dès la naissance d'un bec de lièvre et d'une déficience mentale, en prise à une société ségrégationniste.

C'est donc en grande partie par la forme fictionnelle que les auteurs ont abordé ce sujet. La forme de l'ouvrage de Kenzaburō Ōé tranche ainsi avec cette "tradition", livrant un récit autobiographique, témoignage d'une situation bien réelle.



Pierre, A.S. Bib.-Méd.

 

 

1 Dites-nous comment survivre à notre folie, Kenzaburō Ōe, traduction : Marc Mécréant, Préface John Nathan, éd. Gallimard

2  http://www.lexpress.fr/actualite/sciences/sante/le-psy-qui-redonne-espoir_497130.html

3 http://www.handimarseille.fr/le-magazine/culture-124/article/handicap-et-cinema-une-longue

4  http://www.rfdi.org/index.php?q=node/594

 

 

ŌÉ Kenzaburo sur LITTEXPRESS

 

Oe Kenzaburo Une affaire personnelle

 

 

 

Article de Hafed sur Une affaire personnelle.

 

 

 

 

 

 

 

oe000.jpeg.jpg

Sur Gibier d'élevage, articles de Jean-Baptiste.et de Camille







Oedites-nous.jpg

Article de N.O. sur Agwii, le monstre des nuages

Article de Valentine sur Dites-nous comment survivre à notre folie.

 

 

 


Partager cet article

Repost 0

commentaires

Recherche

Archives