Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 07:00
  17 novembre 2009 
théâtre Molière-Scène d'Aquitaine.

 
Rencontre avec
Marianne Alphant, Leslie Kaplan, Hervé Castanet.

  Matinée de réflexion en partenariat avec ECLA et Mouvement.



Le 17 novembre, dans le cadre de Ritournelles,
a eu lieu un moment d'échange pour mettre en avant des liens entre rêve, psychanalyse et littérature. Le débat portait plus particulièrement sur la question de l'influence de la psychanalyse sur la littérature. Trois écrivains, pour qui les rêves et la psychanalyse ont une place importante dans leurs œuvres, étaient présents pour nous faire part de leurs réflexions. Des textes (extraits de leurs ouvrages) ont été lus par Marie-Christine Aury, comédienne de la Compagnie Acteurs du Monde.

De gauche à droite : Marie-Christine Aury, Leslie Kaplan, Marie-Mai Corbel, Marianne Alphant, Hervé Castanet.

Marie-Mai Corbel, médiatrice du débat, est revenue sur les points communs entre l'analyste et l'écrivain, qui partagent les mêmes questions. À savoir « qu'est-ce qui fait qu'un sujet parle ? », « qu'est-ce que prendre la parole ? », « qu'est-ce que s'émanciper ? ». Elle a rappelé que le sofa, autrefois dédié à la lecture, se retrouve en psychanalyse. Ainsi la psychanalyse provient d'une pensée sur la lecture, car l'auteur qui va écrire essaye de se comprendre, tout comme l'analysant essaie de se déchiffrer. Le travail de l'auteur serait alors de répondre à l'éternelle question : « Qui suis-je ? ». Il apparaît que l'idée de déchiffrement est liée à l'idée d'une perte.

Leslie Kaplan

Leslie Kaplan, écrivain, a été la première à prendre la parole, en s'appuyant sur son dernier ouvrage, Toute ma vie j'ai été une femme (2008). Cet ouvrage met en scène deux femmes qui s'interrogent avec des mots concrets sur la vie, sur tout, et sur rien.

Lors de son intervention, Leslie Kaplan nous a dit vouloir réfléchir sur la littérature moderne (dont le but est de tout écrire), sur la psychanalyse et sur la relation entre les deux. Evoquant Baudelaire (« La charogne est belle »), elle a affirmé que tout pouvait s'écrire, car lors de l'écriture il y a une suspension du jugement. La littérature comme la psychanalyse expose les détails de la vie sans hiérarchie, c'est une parole vivante et polysémique. Les deux participent d'une volonté pratique de libération et d'émancipation qui supposent des mises en scène de la parole.

Marie-Christine Aury
 a lu deux extrait de Toute ma vie j'ai été une femme.

Marianne Alphant et Hervé Castanet

Hervé Castanet est ensuite intervenu.

L'auteur d'Entre mots et images (2006) et Le savoir de l'artiste et la psychanalyse (considéré comme la suite d'Entre mots et images ) (2009), se présente comme un psychanalyste. Il se positionne comme un copieur, déchiffreur, et non comme un écrivain. Ainsi; dans son œuvre, il revient sur ses souvenirs concernant les souffrances vécues par sa mère. Il est également directeur de « Il particolare. Art, littérature, théorie critique », revue qu'il a créé en 1999.

Selon lui, il y a dans le travail de l'artiste un savoir qui implique la psychanalyse. Il nous a parlé du nouage du drame intime (les violences subies par sa mère) dont il a tiré des conséquences. C'est la psychanalyse qui lui a révélé la cause de son amour des textes. Il évoque même une jouissance dans l'écriture, car elle met des mots sur ce qui l'aveuglait. Mais cette même écriture devenait aussi le tortionnaire de la mère, qui était flagellée une seconde fois par l'écriture.


Marianne Alphant a été la dernière à prendre la parole.

Marianne Alphant est écrivain, essayiste, programmatrice d'événements au centre Georges Pompidou dont elle dirige la revue depuis 1993. Elle a publiée en 2008
Petite nuit chez Gallimard.

Avant cet ouvrage, elle voulait travailler sur des scènes de lecture, puis sur l'amnésie, les crises de lecture, et aussi sur cette question : comment sortir de la nature ? Mais ces tentatives se sont soldées par plusieurs échecs. C'est en voulant travailler sur les incipits, et la façon dont les premières phrases d'un ouvrage nous transportent, qu'elle a enfin réussi à écrire. Pour elle, le roman est un monde perdu qui a été constitué par l'enfance.

Dans Petite nuit, elle dépeint des images et des souvenirs, arrêtés comme hors du temps, qui sont principalement des instants de lecture. Petite nuit raconte aussi l'amour de la lecture, à laquelle l'écrivain peut consacrer sa vie. Elle s'intéresse aussi à ce que nous révèlent les livres sur nous-mêmes. C'est en effet par ses relations avec les livres qu'elle a pu constituer son identité. Elle reprend ainsi Rousseau : « j'ignore ce que je fis jusqu'à cinq ou six ans ;je ne sais comment j'appris à lire ; je ne me souviens que de mes premières lectures et de leur effet sur moi. »

Après ces interventions, Marie-Mai Corbel a invité les auteurs à débattre, et le public à réagir. Leslie Kaplan a alors ajouté : « On a toujours le sentiment qu'on ne pourra pas dire tout le réel, mais on y va quand même » ... comme lors d'une psychanalyse.


Sophie et Marina, AS Bib-Méd-Pat

Ritournelles 2009 sur Littexpress





"Lisez Hélène Bessette ! ". 
Compte-rendu d'Aline, Muriel et Sébastien.








Article d'Arthur sur Fever et entretien avec Leslie Kaplan








Rencontre Art/littérature Liliane Giraudon et Véronique Aubouy. Article de Maud, compte-rendu de Chloé, Lysiane, Patricia et Romain.






Jérôme Mauche, Electuaire du discount. Lecture performée. Compte-rendu de
Chloé, Lysiane, Patricia, Romain, A.S. ED.LIB.

Partager cet article

Repost 0
Published by Sophie et Marina - dans EVENEMENTS
commenter cet article

commentaires

Recherche

Archives