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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 07:00

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Edgar Allan POE
Histoires extraordinaires
traduction de Charles Baudelaire
Le livre de poche
Collection Les Classiques de Poche, 2010

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Histoires extraordinaires, une œuvre, deux écrivains

Edgar Allan Poe est unes des principales figures de la littérature américaine du XIXe siècle ; il est à la fois poète, dramaturge, romancier, nouvelliste, éditeur et critique littéraire. Né en 1809 à Boston et mort en 1849 à Baltimore, il fut une figure de proue du romantisme américain. Il ne fut pas seulement connu aux États-Unis mais également en France, notamment à travers les traductions de ses œuvres en français par le célèbre poète et critique d’art Charles Baudelaire qui publia trois recueils de ses nouvelles. L’œuvre d’Edgar Poe se caractérise par une présence de thèmes majeurs que sont le mystère et la mort. Surtout connu pour ses nouvelles, il met en place une théorie nommé « théorie de l’effet », qui consiste à concentrer toute l’action et toute l’intensité du récit dans des textes souvent très courts.

Histoires Extraordinaires est le premier recueil de nouvelles d’Edgar Poe traduit par Baudelaire en 1856, juste avant Nouvelles Histoires extraordinaires (1857), et Nouvelles Grotesques et Serieuses (1865). Il faut savoir que pour ces recueils c’est Baudelaire qui a réuni les nouvelles et non pas Poe. De plus il faut également souligner que personne n’a retraduit ces nouvelles après Baudelaire , en revanche, les poèmes ont été traduits par Stéphane Mallarmé.



Des histoires qui dépassent l’entendement et vont au-delà de l’ordinaire

Les nouvelles présentes dans ce recueil ne sont pas présentées dans l’ordre chronologique de leur apparition, mais par thème. Ces thèmes sont très variés : on peut notamment découvrir des enquêtes menées par un gentilhomme à la capacité d’analyse hors du commun dans « Double assassinat dans la rue Morgue » et « La Lettre volée » ; pour ces nouvelles, Poe sera considéré comme l’inventeur du genre policier et inspirera de nombreux écrivains tels que Arthur Conan Doyle ou encore Gaston Leroux.

Poe aborde la cryptographie dans « Le scarabée d’or » où l’on assiste à une chasse au trésor sous le signe de l’énigme qui inspirera des romanciers d’aventures tels que Stevenson.

Les récits de voyages ont une place assez importante dans le recueil ; ces récits sont divisés en deux catégories : les voyages aériens tel que « Le canard au ballon » et « Aventure sans pareille d’un certain Hans Pfaal », mais également les voyages marins comme « Manuscrit trouvé dans une bouteille »et « Une descente dans le Maelström ».

Poe s’intéresse énormément aux sciences occultes et dans deux nouvelles présente une pratique pseudo-médicale qui fut considérée comme une véritable science au XIXe siècle, il s’agit du magnétisme animal, évoqué dans les nouvelles « La vérité sur le cas de Monsieur Valdemar »et « Révélation magnétique ».

Dans« Les souvenirs de M. Auguste Bedloe », Poe aborde un thème assez mystérieux, celui de la transmigration de l’âme ou métempsychose par l’utilisation de drogues psychotropes telles que l’opium.

Enfin le dernier thème abordé est celui de l’horreur qui fait intervenir des éléments surnaturels dans une atmosphère sombre, pesante ; la mort et l’ombre se côtoient dans un climat là encore très mystérieux que l’on trouve dans les nouvelles « Morella » et « Ligeia » où figure également le thème de la passion amoureuse. Et dans la nouvelle « Metzengerstein », Poe s’inspire du roman gothique afin de mettre en scène une fresque historique où les personnages rongés par la haine vont assister à des événements surnaturels.

Mais il existe un thème qui englobe absolument toutes les nouvelles de ce recueil : le mystère qui justifie le titre du recueil attribué par Baudelaire, et qui renforce le caractère « extraordinaire » de ces treize histoires.



« Ligeia », une nouvelle terrifiante, un poème noir, une histoire extraordinaire.

Parmi les treize nouvelles présentes dans ce recueil, ma préférée est de loin « Ligeia », l’avant-dernière, elle fait partie du genre littéraire de l’horreur par son atmosphère à la fois mystérieuse, sombre et inquiétante à laquelle l’auteur ajoute un caractère poétique.

Cette nouvelle se présente sous la forme d’un souvenir qu’un narrateur dont on ne connaît pas l’identité écrit. Dans ce texte il raconte une passion amoureuse qu’il a vécue avec une femme nommée Ligeia. Elle a tout d’une femme parfaite, elle est intelligente et extrêmement belle, elle possède une longue chevelure noire bouclée et des yeux noirs fendus ; cette beauté est si intense qu’elle lui donne un caractère mystérieux.

Mais au bout d’un certain temps, Ligeia meurt, laissant son mari le narrateur seul dans des tourments indicibles qu’il ne peut soulager que par la prise d’opium qui lui rappelle sa défunte épouse qu’il adulait comme une déesse. Peu de temps après, le narrateur achète une demeure, une étrange et sombre abbaye dans laquelle il épouse une autre femme : Lady Rowena. On sait peu de choses sur elle hormis qu’elle est blonde aux yeux clairs, mais elle est délaissée par son mari opiomane qui ne cesse de se morfondre dans les souvenirs de Ligeia. En plus de l’attitude de son mari, lady Rowena doit faire face à l’atmosphère très inquiétante de la demeure, en particulier la chambre nuptiale qui ressemble à un véritable tombeau. Ce climat d’angoisse va finir par affecter lady Rowena qui meurt à son tour.

Mais un soir, alors que son mari la veille, son cadavre est pris de convulsions et oscille toute la nuit entre résurrection et mort. Le narrateur essaye de la maintenir en vie comme il peut mais le cadavre de lady Rowena se dresse devant lui recouvert d’un suaire noir. Il remarque alors un léger changement dans ce corps, la défunte enlève le suaire qui la recouvre, et de longs cheveux noirs apparaissent ; le narrateur reconnaît alors sa chère et tendre Ligeia.

Ce texte est pour moi le meilleur du recueil. Tout d’abord parce qu’il mêle plusieurs registres : lyrique et fantastique, principalement. J’ai également trouvé que dans ce texte l’image de la femme est non seulement centrale mais également très positive notamment chez le personnage de Ligeia qui n’est pas seulement belle mais également très intelligente et qui est véritablement divinisée par le narrateur. Ce qui m’a également frappé c’est l’esthétique du récit qui plonge le lecteur dans une atmosphère sombre et inquiétante mêlée à des événements surnaturels, ce qui est caractéristique du genre de l’horreur. Le passage que j’ai d’ailleurs le plus apprécié est la description de la sombre et inquiétante chambre nuptiale où le narrateur et lady Rowena dorment, notamment lorsque le narrateur évoque des formes étranges dans la pièce :

 

« Pour une personne qui entrait dans le chambre elles [les formes] avaient l’air de simples monstruosités ; mais, à mesure qu’on avançait, ce caractère disparaissait graduellement, et, pas à pas, le visiteur changeant de place se voyait entouré d’une procession continue de formes affreuses, comme celles qui sont nées de la superstition du Nord, ou celles qui se dressent dans le sommeil coupable des moines. L’effet fantasmagorique était grandement accru par l’introduction artificielle d’un fort courant d’air continu derrière la tenture, qui donnait au tout une hideuse et inquiétante animation ».

 

 

Gabriel, 1ère année bibliothèques 2012-2013

 

 

 

Edgar POE sur LITTEXPRESS

 

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 Article de Marion et d'Inès sur les nouvelles policières de Poe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Article de Laurie sur Histoires extraordinaires.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Gabriel - dans Nouvelle
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