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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 07:00

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Edgar Allan POE
Le Chat noir
in Nouvelles histoires extraordinaires
traduction de
Charles Baudelaire
Le livre de Poche, 1972
Coll. Classiques

 
 
 

 

 

 

 

 



Edgar Allan Poe (1809-1849) est un écrivain américain. Il est aussi poète, romancier, nouvelliste, critique littéraire, dramaturge et éditeur américain. Il est vu comme celui qui a donné à la nouvelle ses lettres de noblesse et il est considéré comme l’inventeur du roman policier. Nombre de ses récits préfigurent les genres de la science-fiction et du fantastique. Mais plus qu’un auteur, c’est également toute une légende noire qui se construit autour de cet homme au génie prolifique mais torturé, à la vie courte et sombre, dont la mort aux causes inconnues ne fera que jeter un voile supplémentaire sur le mystère entourant sa vie et son personnage.



Écrit en 1843, « Le chat noir » est un conte parmi la centaine qu’écrira Edgar Poe en quarante ans de vie. Cette nouvelle est traduite et révélée en France par Charles Baudelaire. C’est lui qui traduit et rassemble les Histoires extraordinaires (1956) et un an plus tard les Nouvelles Histoires extraordinaires (1857) parmi lesquelles figure « Le chat noir ».

 

« Relativement à la très étrange et pourtant très familière histoire que je vais coucher par écrit, je n’attends ni ne sollicite la créance. Vraiment je serais fou de m’y attendre dans un cas où mes sens eux-mêmes rejettent leur propre témoignage. […] Mais demain je meurs, et aujourd’hui je voudrais décharger mon âme. »

 

C’est ainsi que « Le chat noir » est introduit par le personnage principal qui est aussi le narrateur. Cet homme, dont nous ne savons rien, ni le nom ni la nationalité, demande notre attention. Son but : nous raconter son histoire. Cet homme a une passion, les animaux. Depuis sa tendre enfance il en a toujours possédé et lorsqu’il se marie il partage avec sa femme cette affection pour les favoris. A eux deux ils s’occupent d’une foule d’animaux dont un chat noir : Pluton.

Ce chat est le favori du narrateur, il le suit absolument partout. Mais rapidement dans le récit ce chat va devenir la première victime d’un maître mauvais qui sombre peu à peu dans l’alcool et la violence. On assiste à une véritable descente aux enfers du personnage principal qui tombe dans un état de plus en plus sombre pour atteindre l’état de la froide folie meurtrière.

Mais tuer un chat noir n’est pas sans conséquence et très vite des événements proches de l’inexplicable vont émerger dans la vie du meurtrier. Et ce n’est pas l’adoption d’un second chat noir qui va arranger les choses.

Reste à savoir qui de l’homme ou de l’animal va sombrer le premier. Une chose est sûre, la mort n’est pas très loin…



On trouve dans « Le chat noir » quatre éléments récurrents des contes d’Edgar Allan Poe.

Dans ce conte d’une dizaine de page on trouve un style serré et condensé que Charles Baudelaire décrit bien :

 

« […] généralement Edgar Poe supprime les accessoires, ou du moins ne leur donne qu’une valeur très minime. Grâce à cette sobriété cruelle, l’idée génératrice se fait mieux voir et le sujet se découpe ardemment sur ces fonds nus. »

 

Dans « Le chat noir » le narrateur s’évertue dès le début à nous relater des faits qu’il veut rationnels. Cet esprit de logique va lui permettre de se justifier tout au long du récit. Il fait appel à des souvenirs précis, des paroles de sa femme, des témoins, etc.

Le personnage principal semble vouloir se battre pour exposer une version non fantastique des faits et en même temps il évoque les démons « intempérance » et « perversité » qui se sont emparés de lui et sont responsables de son mauvais comportement. Tandis qu’il vante son objectivité, le narrateur cherche à tout prix à se dédouaner de ses actes et de ses meurtres en accusant notamment le chat noir qui est la source de tous ses mots et qu’il associe à un animal du diable.

À travers cet esprit de logique et le discours du personnage on perçoit bien la dualité d’être et de conscience de l’homme. Et la notion de double est particulièrement récurrente dans les contes de Poe. Le double, cet autre lui-même qui le saisit et le conduit au meurtre. Le double permet de se déculpabiliser, mais le double est le meurtrier, celui qui crée des abominations. Dans le cas du chat noir, le narrateur tente de charger l’animal des fautes et des crimes qu’il commet. Il semble vouloir y mettre et cacher la partie sombre de lui-même, celle qu’il n’assume pas et qu’il ne peut regarder en face.

La mort enfin est omniprésente dans cette nouvelle. Encore un trait récurrent chez Poe. La mort et la terreur viscérale font partie du conte et si à la fin de presque tous les contes d’Edgar Poe la mort n’est qu’imminente, c’est à sa porte que le récit se clôt.


Marie, 1ère année bibliothèques 2012-2013


Un ouvrage pour en savoir plus sur le personnage d’Edgar Allan Poe : MARLOWE, Stephen. Octobre solitaire. Paris : éd. Michalon, 1997.

 

 

Edgar POE sur LITTEXPRESS

 

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 Articles de Marion et d'Inès sur les nouvelles policières de Poe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Articles de Gabriel et de de Laurie sur Histoires extraordinaires.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Marie - dans Nouvelle
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