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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 19:00
mendoza-Sans-nouvelles-de-Gurb.gif








Eduardo MENDOZA
Sans nouvelles de Gurb

Titre original : Sin noticias de Gurb
Traduit de l’espagnol
par François Maspero
Editions du Seuil, Points, 1994















Écrivain barcelonais, Eduardo Mendoza publie son premier roman, La vérité sur l’affaire Savolta, peu avant la mort de Franco, en 1975. Il a alors 32 ans. Marquant un tournant dans la littérature espagnole, il est encensé ; son style s’éloigne du roman expérimental pour revenir vers plus de simplicité et d’accessibilité. Pour évoquer succinctement son parcours personnel, il a fait des études de droit, puis est parti travailler à New York en tant que traducteur à l’ONU.

gurb-2.gifMendoza donne un charmant aperçu de son humour quelque peu déjanté à travers son roman Sans nouvelles de Gurb. Roman prenant la forme d’un journal de bord. Barcelone, de nos jours. Deux extra-terrestres atterrissent avec la mission d’étudier les êtres humains, leurs comportements, leur planète. Gurb prend une apparence humaine pour ne pas éveiller les soupçons de la population autochtone. Petite précision : il choisit de se dissimuler… sous les traits de Madonna. Gurb ne tarde pas à disparaître dans Barcelone. Son coéquipier part alors à sa recherche et devra faire face à des situations plus que cocasses.


« 9 h. 45 Après étude approfondie du plan de la ville (version cartographique à double axe elliptique), je décide de continuer à chercher Gurb dans une zone périphérique de celle-ci, habitée par une variante de l’espèce humaine appelée pauvres. Comme le Catalogue Astral leur attribue un niveau de compréhension passablement inférieur à la variante dite des riches et très inférieure à celle dénommée classe moyenne, je choisis l’apparence de l’être individuel répondant au nom de Gary Cooper.

10 h. 00 Je me matérialise dan une rue apparemment déserte du quartier de San gurb-3.gifCosme. Je doute que Gurb soit venu s’installer ici de son propre chef, encore qu’il n’ait jamais brillé par son intelligence.

10 h. 01 Un groupe de jeunes gens munis de couteaux me prend mon porte-feuille.

10 h. 02 Un groupe de jeunes gens munis de couteaux me prend mes pistolets et mon étoile de shérif.

10 h. 03 Un groupe de jeunes gens munis de couteaux me prend mon gilet, ma chemise et mon pantalon.

10 h. 04 Un groupe de jeunes gens munis de couteaux me prend mes bottes, mes éperons et mon harmonica.

10 h. 10 Une voiture-patrouille de la police nationale s’arrête à ma hauteur. Un membre de la police nationale en descend, m’informe de mes droits constitutionnels, me passe les menottes et, d’un coup bien ajusté, m’envoie dans la voiture-patrouille. Température, 21 degrés centigrades ; humidité relative, 75% ; rafales de secteur sud ; état de la mer, agitée »
(Pages 16 et 17)

Dès les premières lignes, s’enchaînent des scènes drôles et le lecteur est vite absorbé par le peu de suspens, qui n’en reste pas moins prenant : qu’est-t-il advenu de Gurb ? Mais Eduardo Mendoza n’est pas décidé à satisfaire ce besoin de savoir presque vital, du compagnon de Gurb autant que du lecteur, avant la fin de ce court roman. Le point de vue de l’extra-terrestre s’étonnant devant cette société permet à Mendoza de pointer du doigt les contradictions de nos sociétés occidentales. Un peu comme l’a fait Montesquieu avec ses Lettres persanes.

Gaëlle, 2ème année Bibliothèques

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