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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 07:00

Elizabeth-George-Le-Rouge-du-peche.gif










Elizabeth GEORGE
Le rouge du péché

Careless in Red (titre original)
Traduit de l’anglais (États-Unis)
par Anouk Neuhoff
Pocket, 2008














elizabeth george

Elizabeth George est née à Warren aux Etats-Unis en 1949. À l’âge de 16 ans elle participe à un voyage scolaire au Royaume-Uni et se découvre une passion pour la Grande-Bretagne. Elle obtient une maîtrise d’anglais et un DEA de psychopédagogie. Son engouement pour la civilisation anglo-saxonne et l’orientation de ses études ont une influence déterminante sur la structure de ses romans.

Devenue professeur en Californie, elle initie ses étudiants au roman policier à travers l’étude d’Edgar Allan Poe, d’Agatha Christie et de PD James. Ses connaissances particulières sur ces auteurs ont certainement influencé l’écrivain.

La plupart des œuvres d’Elizabeth Georges mettent en scène un duo de policiers pour le moins hétéroclite : le commissaire Lynley, un Lord élevé dans la pure tradition aristocratique et son adjointe le sergent Havers, une femme issue d’un milieu très populaire dont le style vestimentaire laisse parfois à désirer.

Dans Le rouge du péché, un jeune homme est retrouvé mort sur la plage en bas d’une falaise. Il semble s’agir d’une chute accidentelle. Un corps découvert,  rien de plus banal pour un roman policier… sauf que le vagabond malodorant qui découvre la scène du crime n’est  autre que Sir Thomas Lynley.

Ce roman constitue un opus à part dans l’ensemble des enquêtes du fameux tandem de la section criminelle de Scotland Yard. Sir Lynley, accablé par la mort de sa femme enceinte, est assaillit par ses fantômes personnels et ne participe qu’épisodiquement à l’enquête. Quand au Sergent Havers, ses interventions sont rarissimes.

 Elizabeth George accorde une grande importance aux détails et à la richesse de son univers. Avant d’écrire un livre elle effectue des recherches pour  assurer une vraisemblance à son récit. Ainsi dans Le rouge du péché, le sabotage du matériel d’escalade de la victime est décrit de manière très technique. De même, l’auteur a voulu adhérer au maximum à la réalité du vocabulaire et des techniques propres au surf.

On retrouve l’atmosphère britannique et les paysages verdoyants de Cornouailles. Son respect des traditions du roman policier britannique ont valu à Elizabeth George le surnom de « Queen of the Crime ».

Mais cette volonté d’étoffer et d’enrichir l’intrigue s’applique également à la personnalité des personnages. En  effet si les deux héros évoluent au cours des enquêtes, il en est de même pour les personnages secondaires et même pour les suspects. Le meurtre du jeune Santo, dans le roman qui nous intéresse, amène tous les personnages à s’interroger sur leur situation et les liens qui les unissent aux autres.  La jeune sœur de Santo, Kerra me semble un bon exemple de cette évolution. Pour autant l’auteur ne tombe pas dans un lyrisme larmoyant. Les scènes de tension sont décrites en termes explicites mais avec décence et justesse. On ne peut que féliciter la romancière de ne pas tomber dans le piège d’un gigantesque vaudeville où règnerait le chaos le plus extrême.

Cette immense fourmilière offre plus qu’un sujet d’intrigue policière. Il s’agirait presque d’une fresque sociale. George aborde souvent le sujet de la pression familiale sur les enfants.

Je citerai la mystérieuse épigraphe du Rouge du péché en guise d’exemple :


« Si en vérité tu es mon père, alors tu as souillé ton épée dans le sang de ton fils
Et tu l’as fait par ta propre obstination
Car j’ai cherché à te transformer en amour ».

On trouve aussi très souvent le thème de la fracture sociale que portent en eux Lynley et Havers. L’auteur s’amuse de ses deux acolytes et si elle n’hésite pas à affubler Havers d’un ciré jaune et à mettre du ketchup dans tous ses plats, Lynley n’est pas en reste puisque les tâches domestiques sont pour lui une discipline des plus obscures.

Bref une véritable mine, un télescope multifacettes qui séduira même les non-adeptes du roman policier.

Une remarque négative cependant. Le style d’écriture est parfois un peu maladroit, voire particulièrement lourd  pour certains passages. La traduction n’est peut-être pas toujours adéquate.  En exemple le titre d’un  autre roman d’Elizabeth George, Well-Schooled in Murder,
qui a été traduit par Cérémonies Barbares, donne une approche de l’œuvre totalement différente.

Marie-Cécile, 1ère année Bib.-Méd.

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Published by Marie-Cécile - dans polar - thriller
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commentaires

Mirai 05/11/2010 20:01


Cette photo n'est pas celle de la bonne Elizabeth George.
Cette Elizabeth George là écrit des livres bibliques !


littexpress 05/11/2010 21:50



Merci ! L'erreur est corrigée.



Marianne 18/01/2010 20:59


J'ai abordé cette romancière sous un angle peu habituel mais elle m'avait passionnée par le sujet qu'elle traitait, à savoir son travail d'écrivain.
Je t'envoie le lien de mon article de l'époque :
http://entremotsetvous.over-blog.net/article-21885114.html
Bien belle soirée.


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