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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 12:00

emmanuel dongala johnny chien mechant



 

 

 

 

 

 


Emmanuel DONGALA
Johnny chien méchant
Le Serpent à plumes, 2002






 

 

 

 

 

 

 

 



L'auteur

Emmanuel Dongala est un écrivain et chimiste congolais né en 1941. Il a d'abord étudié à Strasbourg, Montpellier et aux États-Unis pour ensuite devenir professeur de chimie à Brazzaville. Il y restera jusqu'à la fin des années 90 où une guerre éclatera. C'est en 1997 qu'il partira aux États-Unis grâce à un mouvement de solidarité dirigé notamment par son ami Philip Roth, pour devenir professeur de chimie dans le Massachusetts. Cette échappée aux États-Unis l'a sûrement beaucoup marqué puisque dans Johnny Chien Méchant, Laokolé se voit proposer par une journaliste de partir aux USA.

Il a écrit Un fusil dans la main, un poème dans la poche, Le feu des origines, Jazz et vin de palme, Les petits garçons naissent aussi des étoiles et Photo de groupe au bord du fleuve.



Le livre

Résumé

Le livre s'ouvre sur Laokolé, une jeune fille de seize ans qui vit seule avec sa mère cul-de-jatte et son petit frère ; elle entend à la radio un discours du général Giap, le chef d'un groupe de rebelles qui autorise ses hommes à piller la ville. Parmi ces hommes se trouve Johnny dit Lufua Liwa, un enfant soldat lui aussi âgé de seize ans ; il a reçu le message du général et se prépare au pillage.

Les chapitres passent alternativement d'un personnage à l'autre (avec quelquefois deux chapitres consécutifs sur le même personnage). On suit ainsi l'histoire de Laokolé qui cherche à fuir la guerre avec sa famille et celle de Johnny qui participe à la rébellion. Les deux personnages sont parfois presque au même endroit mais ne se rencontrent pas avant la fin.



Analyse

Johnny chien méchant parle des guerres africaines. Souvent, et c'est le cas dans le livre, on ne sait pas trop ce qui a déclenché la guerre et on suppose que c'est une ancienne guerre de tribus. Mais il est surtout question des enfants qui sont pris dans ces guerres, que ce soit du côté des civils (Laokolé) ou des soldats (Johnny).

Les deux personnages ont donc seize ans, des mentalités très différentes, mais évoluent tous les deux vers l’âge « adulte »:

Laokolé, au début, est très apeurée mais elle comprend vite qu'elle va devoir remplacer sa mère au sein de la famille car celle ci est extrêmement diminuée. Tout au long du livre, elle va donc essayer de protéger sa famille et de fuir. Elle rencontre beaucoup de personnes et certains l'aident malgré la guerre ; elle en est très surprise et admire ces gens qui ont su garder leur humanité pendant une telle catastrophe, un homme qui l'aide à franchir une clôture, une infirmière, un homme qui transporte sa mère à vélo, etc. C'est à la fin, quand elle rencontre Johnny, qu'on sent qu'elle a beaucoup mûri car elle protège une petite fille, comme une mère. Lorsqu’une journaliste demande à Laokolé si elle veut venir aux États-Unis avec elle, on songe à l’itinéraire de l’auteur. Elle refusera dans un premier temps pour s'occuper de sa mère blessée et de son amie Mélanie.

Pour Johnny, en revanche, la guerre ressemble à un immense jeu ; il n'a pas l'air de ce rendre compte de ce qu'il fait quand il tue quelqu'un ; il est souvent en quête d'un meilleur surnom, il en prend trois dans l'histoire. Il n'a pas conscience de l'ampleur de la guerre à laquelle il prend part car il est persuadé que son chef: le général Giap, est l'un des principaux acteurs de la guerre alors qu'il ne commande qu'un petit groupe de rebelles. Il a un grand intérêt pour les intellectuels, intérêt qui fait penser à un autre livre de Dongala, Un fusil dans la main, un poème dans la poche, qui raconte l'histoire de la lutte intellectuelle puis armée d'un indépendantiste africain. Johnny se croit un intellectuel parce qu'il a volé une Bible qu'il proclame premier livre de sa bibliothèque personnelle et parce qu'il est il est allé jusqu'en CE1. Au moment où les rebelles viennent recruter des enfants, il se demande pourquoi il faudrait se battre pour une question de tribu mais l'arrivée d'un soi-disant docteur l'aveugle et il adhère aveuglément à la rébellion, entraînant un autre jeune, le futur Giap qu'il amadoue en lui promettant un lecteur DVD. Bref, il joue à la guerre mais grandeur réelle.

À un moment ? le chapitre « Johnny » et le chapitre « Laokolé » finissent par la même phrase commentant la vision d'un meurtre: « Vraiment, les gens sont méchants, ils n'ont pas de cœur ». Pour Laokolé c'est parce que le commando de Johnny vient d'exécuter un jeune qu'ils soupçonnaient d'être un Tchétchène. Pour Johnny c'est parce que l'un de ses camarades s'est fait tuer pour avoir tenté de tenir tête au général Giap. Pendant un moment, par exemple avec ce passage, j'ai vraiment cru que Johnny avait un bon fond mais qu'il prenait la guerre pour un jeu où il pouvait se défouler mais plus on avance et plus on le déteste car sa mentalité devient horrible. Il est parfois surpris de rencontrer des résistances car pour lui, quand on a une arme, on a tout le pouvoir. Il en profite pour menacer tout le monde, femmes, enfants, vieillards, soldats de l'ONU et souvent les tuer. Il trouve normal de piller car ce sont les rebelles et pas les civils qui se battent pour la liberté. C'est un revirement qui m'a beaucoup surpris.



Conclusion

J'ai adoré ce livre parce que mon intérêt pour les personnages a changé durant la lecture ; au début je me plaisais beaucoup à lire les chapitres « Johnny » car je le trouvais assez bête (contrairement à ce qu'il se vante d'être), enfantin mais pas foncièrement méchant, la preuve : il recueille une fille de la tribu ennemie parce que c'est sa petite amie, donc amusant. Je lisais les chapitres « Laokolé » avec moins d'entrain parce que son point de vue est très noir et triste même si plus réaliste ; tout le monde meurt autour d'elle, elle transporte sa mère et son frère comme des fardeaux mais y croit toujours. C'est au moment où leurs mentalités changent que mon intérêt s'est inversé ; Johnny est devenu ce qu'on peut appeler « une grosse ordure » et a perdu tout son côté d'enfant qui joue à la guerre et Laokolé, touchée par tout ce monde qui l'a aidé, a décidé de tout faire pour aussi aider les autres. Ce point de vue plus optimiste m’a fait passer du côté de Laokol.


Alexis, 2e année Bib.-Méd.

 

 

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Déjeuner littéraire africain

aux Capucins (mars 2010)

 

 

 

 

 

 


 

 

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